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La production prévisionnelle mondiale de maïs, pour 2007, est de 750 millions de tonnes. |
Les maïsiculteurs français ne boudent pas le redressement du cours du maïs, mais expliquent qu’il vient combler le retard accumulé depuis des années. L’AGPM s’attend encore à des prix soutenus dans les trois ans qui viennent mais reste réservée au-delà, en raison de la volatilité du marché.
L’embellie du prix du maïs apparue lors de la campagne 2006-2007 réjouit les maïsiculteurs mais permet surtout de rattraper le retard accumulé lors des campagnes passées. « Le marché nous redonne ce qu’il nous avait pris », nuance le président de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), Christophe Terrain. Il insiste : les prix doivent être observés dans la durée. « En 1980-1982, le cours affichait 220-240 euros la tonne (en Europe, ndlr), en 2006 environ 120 euros. Aujourd’hui, il est à 180 euros. Il a donc retrouvé un niveau satisfaisant mais il faut relativiser », explique Henri-Bernard Cartier, secrétaire général de l’AGPM. D’autant que certains postes de charge sont en constante augmentation comme les engrais, l’énergie ou la main-d’œuvre. Aussi la hausse des prix ne peut-elle pas se traduire symétriquement en terme de revenu.
Le redressement des cours est lié à la tension persistante que connaît le marché mondial aujourd’hui. La production prévisionnelle pour 2007 est de 750 millions de tonnes (Mt), soit + 8 % par rapport à 2006, selon le Conseil international des céréales (CIC). Une production sans précédent. La production de l’UE, à 56 Mt, est en revanche stagnante. La production française, elle, est estimée en 2007 à 12 Mt (voir encadré). En face, la consommation mondiale est évaluée à 760 Mt, soit 35 Mt de mieux, un niveau inégalé et supérieur à l’offre. Par conséquent, les prix grimpent. Le cours mondial actuel est voisin de 160 à 165 dollars la tonne.
Les stocks s’amenuisent
Et il va rester sous tension à court terme (sur trois campagnes), annonce l’AGPM. À moyen terme, l’organisation reste prudente sur un marché très volatil. « Si une diminution du prix a été constatée ces dernières semaines, elle résulte d’abord de la révision à la hausse de la sole maïs aux États-Unis », indique-t-elle. La surface mondiale en maïs, de 150 millions d’hectares (ha) en 2007 (8,5 millions d’ha pour l’UE), dont 30 millions en OGM, augmente de 7 millions d’ha, pour l’essentiel aux États-Unis. Mais, au total, les surfaces et les rendements demeurent stables. Les stocks, eux, se réduisent de 12 Mt par rapport à 2006-2007, à 86 Mt, soit 40 jours de consommation. En Europe, le stock de fin de campagne 2007-2008 est évalué à 13,5 Mt, soit 75 jours de consommation, dont un stock à l’intervention de 2 Mt.
La hausse de la demande est due à la croissance des utilisations en général. Les utilisations industrielles progressent le plus pour atteindre 180 Mt (+ 40 Mt).
Mais les pays émergents consomment aussi de plus en plus de viandes, productions qui exigent plus de protéines. En outre, les programmes bioéthanol américain et brésilien à base de maïs ont leur incidence. Aux États-Unis, la consommation prévisionnelle est évaluée à 322 Mt, soit 27 Mt de mieux. Un niveau imputable en partie à l’éthanol qui utilisera en 2007-2008 86 Mt. Enfin, la demande en maïs s’est accrue du fait d’un déficit de récolte en céréales à paille (blé notamment).
L’impact sur les filières animales
Les maïsiculteurs ont conscience des incidences de tels niveaux de prix sur les filières animales. Ces dernières sont secouées par le bond du prix de l’aliment du bétail. L’AGPM évalue par exemple l’impact d’une augmentation de 30 % du prix des céréales sur le prix d’un poulet standard. Celui-ci s’apprécierait de 2,8. Le même exercice affiche pour le prix la longe de porc une augmentation de 2 %. La FNSEA a réuni, le 18 juillet, producteurs, industriels et distributeurs autour des conséquences de la hausse des cours. L’augmentation des prix de certaines denrées alimentaires a été annoncée. Le prix des semences de maïs va également s’apprécier, annonce la Fédération nationale de la production des semences de maïs et de sorgho (FNPSMS).
En revanche, contredisant les commentaires alarmistes sur les risques de voir la production de biocarburants rogner les cultures alimentaires, l’AGPM affirme qu’« il ne faudra pas choisir entre manger ou rouler, ni en Europe ni en France. » « Nous sommes capables d’approvisionner toutes les filières », a rassuré Henri-Bernard Cartier. L’objectif d’incorporation de biocarburant en France, fixé à 7 % pour 2010, équivaut à 320 000 ha (3,5 % de la surface céréalière), dont 60 000 ha de maïs. L’objectif européen de 5,75 % en 2010 correspond à 3,5 millions d’ha, soit 6 % de la sole céréalière européenne.
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