Le Jura Agricole et Rural
Michel Barnier débloque 15 millions d’euros
Elevage ovin
Apasec
Publié le:  07 septembre 2007
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Le ministre de l’Agriculture a annoncé un plan de soutien à la filière ovine doté de 15 millions d’euros. Surtout, il s’est engagé à demander à Bruxelles un rééquilibrage des soutiens à la production, dans le cadre de la prochaine présidence française, au deuxième semestre 2008.

Les professionnels de la filière ovine demandaient depuis longtemps un plan de soutien à la production et la filière ovine. Leur demande a été en partie exaucée. A l’issue d’une rencontre avec les responsables de la Fédération nationale ovine, le 30 août, Michel Barnier a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 15 millions d’euros pour venir en aide aux éleveurs de moutons sinistrés par une crise qui dure depuis des années. Trois millions d’euros sont affectés à la prise en charge des intérêts d’emprunts à long terme des éleveurs les plus frappés. 12 millions viennent soutenir les démarches de qualité. Elle « sera calculée en fonction de la perte de marge brute dans une limite de 15 euros par brebis chez les éleveurs dont le taux de spécialisation atteint 50 % et possédant un troupeau de 150 brebis allaitantes minimum » indique le ministère de l’Agriculture. Cette aide ciblée sur les producteurs spécialisés sera plafonnée à 2000 euros pas exploitation dans le cadre de la procédure « de minimis » imposée par Bruxelles. Pour soulager les trésoreries des éleveurs, le ministre va demander à Bruxelles l’autorisation de procéder à un versement anticipé de la moitié de la prime à la brebis. Si l’accord est obtenu, le versement de cette part interviendra le 16 octobre, la prime étant normalement payée le 1er décembre. Une opération de report ou de prise en charge des cotisations sociales devrait également être mise en œuvre.

Insuffisant par rapport aux besoins

Par ailleurs, une réflexion au niveau communautaire et dans le cadre de la présidence française de l’Union, au deuxième semestre 2008 sera lancée avec la Commission européenne. Objectif : la création d’instruments adaptés permettant d’assurer le maintien d’une production ovine dynamique, en particulier sur les territoires les plus fragiles. C’est certainement la déclaration la plus intéressante, estime Bernard Martin, le président de la Fédération nationale ovine. « Le plus important pour nous est l’engagement qu’a pris le ministre pour défendre à Bruxelles un rééquilibrage des aides versées aux éleveurs ovins par rapport aux autres productions ». La FNO déplore depuis longtemps l’inégalité de traitement qui est faite aux moutonniers en matière d’aides par rapport aux autres productions. Pour le reste en effet, la FNO prend acte de l’enveloppe annoncée, même si elle nettement insuffisante par rapport aux besoins. « Il en faudrait quatre fois plus ».

Il n’en reste pas moins que les responsables de la FNO ont apprécié la volonté du ministre de redonner espoir à un secteur à la dérive : des revenus les plus bas parmi les productions agricoles, une production qui ne cesse de reculer. Ainsi Michel Barnier s’est prononcé en faveur de l’organisation de l’offre et de la qualité des produits dans la filière, un renforcement de l’amélioration génétique avec l’Inra et une meilleure prise en compte du secteur ovin dans les programmes d’enseignement. « Nous avons senti un ministre qui voulait clairement s’engager dans la construction d’une filière et des démarches qualité » résume Bernard Martin.


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