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Le pois protéagineux est un excellent précédent pour le blé |
Les protéagineux constituent une tête d’assolement intéressante, grâce à leurs atouts agronomiques et aux opportunités économiques liés aux cours et aux attentes des marchés.
Selon l’Onic, moins d’un agriculteur sur quatre cultive des protéagineux en France, avec toutefois une importante disparité selon les régions (en région Nord-Picardie et Île de France, la part des producteurs de protéagineux s’élève à 60%). Pourtant ces cultures, dont celle du pois protéagineux est la plus connue, présentent de nombreux avantages. Les types hiver ou printemps permettent de les adapter dans presque toutes les régions et types de sols. En Bourgogne-Franche-Comté, ce sont les variétés d’hiver qui sont cultivées. Les semis ont lieu – selon les conditions météorologiques – lors de la dernière décade d’octobre. La culture s’installe lentement, offrant aux adventices une longue période pour envahir la parcelle. Dans les parcelles enherbées, le recours à un désherbage de prélevée est judicieux, mais la persistance d’action peut se révéler trop courte et nécessiter un retour en postlevée sortie d’hiver pour maîtriser les levées précoces, de renouées par exemple.
Sur le plan agronomique, les protéagineux sont les meilleurs précédents connus pour le blé, qui enregistre un gain de rendement de 7 à 10 q/ha comparé à d’autres précédents. Leur capacité à se passer de fertilisants azotés, et à permettre au blé qui suit de faire l’économie de 20 à 50 kg d’azote procure un avantage économique. Enfin la facilité de travail du sol après un pois ou une féverole, est incomparable, avec très peu de résidus de culture. Les techniques simplifiées de semis sont faciles à mettre en œuvre et permettent de réduire les coûts de mécanisation. Sur le plan des parasites, les risques de piétin verse, de piétin échaudage et d’autres problèmes parasitaires sont réduits. L’avantage le plus important réside sans doute dans la maîtrise des mauvaises herbes et la réduction du développement de résistances aux herbicides, grâce à la diversification des rotations avec des cultures de printemps (mais aussi d’hiver) comme les protéagineux.
Ces avantages agronomiques vont de pair avec des avantages environnementaux : plusieurs études conduites dans le cadre de l’action européenne GL-Pro le démontrent, chiffres à l’appui. Une rotation de culture incluant une légumineuse réduit significativement l’utilisation d’énergie (-11% si la légumineuse occupe 20% des surfaces). Les émissions de gaz à effet de serre sont également réduites : un hectare de pois émet plus d’une tonne d’équivalent CO2 en moins par hectare par rapport aux autres grandes cultures.
Intérêt économique : les raisons de l’optimisme
Divers éléments militent pour l’intérêt économique des rotations incluant des protéagineux. Au niveau de l’exploitation, l’analyse des marges à l’échelle de la rotation est la plus pertinente car elle permet de comptabiliser les intérêts directs et indirects. Au niveau de la filière, le paradoxe, mais aussi l’avantage, est que l’on manque de production alors que les marchés sont demandeurs, aussi bien sur le créneau hautement rémunérateur de l’exportation pour l’alimentation humaine que sur le débouché de masse de l’alimentation animale. Pour ce qui est des prix, tous les segments des marchés ont le vent en poupe : 200 euros/tonnes pour le pois jaune rendu Rouen pour le mois d’août, 250 euros/tonne pour la féverole de qualité alimentation humaine rendu Rouen pour la période août-octobre, 180 euros/tonnes pour le pois alimentation animale départ Eure-et-Loir, soit en permanence 20 euros au-dessus du cours du blé. Les marchés rémunérateurs de l’export et les besoins toujours importants en alimentation animale, en complément des autres matières protéiques métropolitaines (tourteaux d’oléagineux, drêches…) donnent l’assurance de la pérennité des débouchés.
A.C. d’après les données Arvalis-Unip
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