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Les conditions météorologiques défavorables au stade floraison ont été déterminantes sur le résultat de la culture. |
La campagne 2006-2007 en colza se présente globalement décevante avec une grande diversité de résultats et beaucoup de rendements moyens et peu de très bons.
En revanche, les cours actuels du colza sont bien orientés et demeurent soutenus.
La campagne laisse trop souvent un sentiment de déception par rapport aux attentes en début de printemps. Une moyenne régionale qui devrait se situer aux alentours de 31-32 quintaux s’explique par le cumul de facteurs défavorables. Certains sont d’ordre climatique mais d’autres sont à relier à la maîtrise technique, en particulier à la qualité d’implantation et à la protection fongicide. Ainsi les rendements au-delà des 40 q/ha sont rares sur les meilleures parcelles, tandis que celles qui cumulent faible potentialité et erreurs techniques tirent la moyenne vers le bas.
Un développement automnal placé sous des records de douceur
Le mois d’août 2006, plutôt frais et humide, permet des implantations dans de bonnes conditions même si le coup de sec de septembre contrarie les levées. Par la suite, l’automne est caractérisé par des températures chaudes si bien que les développements végétatifs atteints en début d’hiver sont souvent conséquents.
La douceur persiste durant tout l’hiver et les biomasses en sortie d’hiver sont souvent très proches de celles d’entrée hiver, voire même supérieures pour les plus petits colzas.
En fin d’hiver, au regard de l’aspect végétatif des cultures, on pouvait être relativement optimiste. A noter que dans certaines parcelles, les sols insuffisamment fissurés, ne permettaient pas aux pivots de bien s’ancrer. L’aspect satisfaisant de la partie aérienne des plantes pouvait faire illusion par rapport au développement du système racinaire : pivots courts, fourchus,…en cas de conditions printanières stressantes.
Une montaison et une floraison en conditions estivales
La reprise de végétation est relativement précoce avec un début de montaison qui s’amorce en février pour conduire aux premières fleurs début avril. Avril, qui correspond à la floraison, est marqué par des conditions très chaudes et très sèches. Cela a été très préjudiciable à la mise en place d’un nombre important de siliques et de graines dans les siliques. Le bilan hydrique de la culture sur cette période, quel que soit le poste météo retenu, montre que les réserves du sol sont très largement engagées dès le début floraison. Or, lorsque durant la floraison on dépasse les 60 % de la réserve utile consommée, il y a des conséquences irréversibles sur la production. Ce stress hydrique, qui bloque l’alimentation, avec sans doute une mauvaise efficacité de l’azote dès la montaison, est accompagné de record de chaleur. Météo-France place le mois d’avril 2007 parmi les quatre mois les plus chauds en France depuis 1950. Ces fortes chaleurs ont pour conséquence de provoquer une floraison accélérée. Les fleurs ne trouvant pas une alimentation suffisante, les avortements sont nombreux et conduisent à un nombre de siliques et de graines souvent relativement faibles.
Un remplissage contrarié par un rayonnement déficitaire et une surface chlorophyllienne dégradée en colza
Alors que le retour d’une pluviométrie abondante dès début mai pouvait laisser espérer une compensation par les poids des graines, les PMG sont plutôt modérés. Deux facteurs expliquent ce mauvais fonctionnement tardif. D’une part, un fort déficit de rayonnement sur les mois de mai et de juin, et d’autre part, une présence d’oïdium.Enfin, la persistance de conditions humides ne facilite pas les récoltes. Les coups de vent et les averses de grêle des nombreux épisodes orageux renforcent les pertes par égrenage dans un nombre non négligeable de parcelles.
Un impact significatif des maladiessclérotinia et oïdium
La plus grande partie de la floraison se déroule courant avril, dans des conditions sèches défavorables aux contaminations des pétales par les spores de sclérotinia. Toutefois, il est probable que les pluies modérées de mars ont été suffisantes pour faire mûrir les apothécies. Les fortes rosées pendant avril et le retour des pluies début mai ont favorisé la contamination des pétales proches de leur chute. Ensuite, les conditions sont demeurées constamment favorables d’abord à la contamination puis au développement du champignon dans les plantes. Finalement, les attaques de sclérotinia sont, cette année, fréquentes, notamment dans la moitié nord de la région, en l’absence de protection fongicide. Il faut ajouter que 2007 est plutôt atypique dans la mesure où la pression sclérotinia se conjugue avec pression oïdium dans certains secteurs. La présence de cette dernière maladie s’intensifie à partir de fin floraison, notamment en l’absence ou mauvaise protection fongicide. Sur la région on peut estimer que l’absence de protection fongicide engendre une perte de rendement de l’ordre de 5 à 10 q/ha en 2007.
Une pression desravageurs gérable
Par rapport aux deux dernières campagnes, la pression méligèthe du printemps 2007 est demeurée globalement gérable, nécessitant selon les situations de zéro à deux interventions. A l’automne si la tenthrède de la rave et le charançon du bourgeon terminal ont nécessité des interventions, on note assez peu de situations mal contrôlées. Le charançon des siliques est demeuré assez discret même si les conditions de mai ont conduit à une très bonne couverture par les cécidomyies, avec la perte de quelques siliques sur les bordures. Le puceron cendré arrivé précocement début avril a envahi certaines parcelles générant quelques pertes de rendement. Mais le charançon de la tige demeure le ravageur le plus important sur toute la région. Dans le contexte de fin d’hiver de l’année, sa reprise d’activité a été précoce et les interventions réalisées fin février ont permis un contrôle correct. On note un impact très préjudiciable lorsque la protection n’a pas été réalisée ou trop différée à cause des conditions climatiques défavorables (pluies et vents).
En conclusion
Il est indéniable que les conditions météo, notamment les conditions défavorables au moment critique du cycle que constitue la floraison, ont été déterminantes sur le résultat. Mais à l’heure de la préparation des terres pour les nouveaux semis, il ne faut pas non plus négliger l’impact des itinéraires techniques. Cela passe par une protection judicieuse vis-à-vis des ravageurs et des maladies et des conditions d’implantation donnant aux plantes les meilleures chances de résister aux aléas climatiques. En premier lieu, il s’agit de fissurer correctement le sol pour que les pivots puissent s’installer. De nombreuses observations montrent qu’il faut un pivot ancré sur une profondeur minimum de 15 cm pour espérer atteindre les meilleurs potentiels. En second lieu, viser une implantation en période optimale, de fin août à début septembre pour la région. Si retarder trop les semis peut ne pas permettre d’atteindre un développement suffisant avant l’hiver, trop les avancer peut entraîner des élongations automnales comme à l’automne 2006.
Ces zones élongées peuvent être préjudiciables en favorisant le gel, le phoma, la verse et handicaper le fonctionnement au printemps en devenant plus ou moins creuses et liègeuses.
Cétiom
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