Le Jura Agricole et Rural
Deux millions d'euros pour les éleveurs
Jura agricole et rural
Publié le:  13 septembre 2007
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Au 4 septembre 3,3 millions de bovins étaient concernés par l’ensemble du zonage sanitaire

En déplacement le 4 septembre dans la Meuse, le ministre de l’Agriculture a annoncé une série de mesures (aides, dérogations…) destinées à aider les éleveurs les plus touchés par la fièvre catarrhale ovine. Plus de 140 cas ont été recensés en France.

Face à la multiplication des cas de fièvre catarrhale ovine apparus en France depuis la mi-juillet, le ministère de l’Agriculture a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 2 millions d’euros destinée à financer l’extension pour les sept premiers mois de l’année 2007 de la mesure d’indemnisation de la perte de chiffre d’affaires des éleveurs situés en périmètres interdits. Les agriculteurs nouvellement installés sont concernés par la mesure. Concernant la zone réglementée, c’est-à-dire la zone située dans un rayon de 150 km autour de chaque foyer, trois dérogations accordées pour 2007 seront reconduites en 2008 : celle concernant l’utilisation des bâtiments d’élevage désaffectés au titre du PMPOA (programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole), celle relative aux cahiers des charges des mesures agro-environnementales, et celle concernant le taux de chargement de l’ICHN (indemnité compensatrice de handicaps naturels).

Trente-cinq mille éleveurs sous zonage

Au 4 septembre, 35 000 éleveurs (3,3 millions de bovins et 500 000 ovins) sont concernés par l’ensemble du zonage sanitaire. Les « périmètres interdits » concernent à eux seuls 14 000 exploitations et 1,3 million de bovins, principalement dans les départements frontaliers de la Belgique.

En décidant d’établir un distinguo entre la zone de protection et la zone de surveillance, les Pouvoirs publics espèrent mieux contrôler la circulation du virus et limiter l’extension de la maladie. Pour tout mouvement d’animaux issus de la périphérie des périmètres interdits (et donc à risque d’infection élevée) vers des zones proches de la zone indemne (réputées à faible risque d’infection) un test sérologique devra être réalisé. Mais les conditions dérogatoires des mouvements de veaux de huit jours et des mouvements à destination des abattoirs sont maintenues. Sur le fond, la filière bovine n’a qu’une crainte : que la maladie atteigne le grand bassin allaitant et n’entraîne la fermeture du traditionnel marché d’exportation des broutards vers l’Italie (un milliard d’euros de chiffre d’affaires/an). Pour information, seule une des quatre mesures de soutien décidées en 2006 est reconduite cette année : l’indemnisation des pertes de chiffre d’affaires des éleveurs. Le ministre de l’Agriculture Michel Barnier a par ailleurs saisi l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) sur l’évolution de la maladie en Europe et en France ces dernières semaines, sur les améliorations possibles des protocoles de dépistage et de désinsectisation, et sur la stratégie vaccinale à adopter en 2008. Le ministre a demandé à la Commission européenne que soit mis en œuvre, « dans l’urgence », un programme de vaccination à l’échelle européenne.

Concernant les foyers détectés, la France a enregistré cent quarante-deux cas depuis la fin du mois de juillet, dont treize cas pour la seule journée du 3 septembre. Dans le cas de l’épizootie actuelle, c’est le sérotype huit qui sévit, identique à celui présent au Benelux et en Allemagne. Un sérotype déjà rencontré en Afrique du Sud. L’insecte vecteur du virus semble être dans le cas présent un petit moucheron dénommé Culicoides dewulfi.

En Europe, la quasi-totalité des élevages de moutons de Flandres (Belgique) sont à présent contaminés par la maladie. Au 28 août, plus de mille cas avaient été recensés.


Le « périmètre interdit » est la zone instaurée dans un rayon d’au moins 20 km autour de chaque foyer de la maladie (zone à risque élevé en matière de dissémination du virus).

La zone réglementée correspond à la zone située dans un rayon de 150 km autour du foyer. Elle comprend la zone de protection (80 km au-delà du périmètre interdit) et la zone de surveillance, qui s’étend sur 50 km au-delà de la zone de protection.


Solidarité

Le nombre de cas de fièvre catarrhale ovine (FCO) continue de grimper en France, passant de 142 cas confirmés le 3 septembre, à 204 cas le 8 septembre, indique le ministère de l’Agriculture dans un communiqué. Quatre nouveaux départements entrent — dans leur intégralité — dans la zone de protection : l’Aube, la Haute-Marne, la Seine-et-Marne, le Val d’Oise. Le Bas-Rhin, la Côte-d’Or, l’Yonne et les Vosges intègrent également cette zone mais de manière partielle, selon les arrondissements et les cantons. Huit nouveaux départements entrent par ailleurs dans la zone de surveillance, pour tout ou partie. La Haute-Saône et les Hauts-de-Seine voient l’intégralité de leur territoire concerné. Le Cher, la Côte-d’Or, le Doubs, le Jura, le Loiret et la Nièvre entrent partiellement dans la zone de surveillance.


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