Le Jura Agricole et Rural
De La Réunion au pays des mousquetaires
Jura agricole et rural
Publié le:  13 septembre 2007
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Serge André partage une maison de santé gérée par la mairie de Montesquiou avec trois infirmières et un kinésithérapeute

Privée de médecin durant quelques semaines, Montesquiou en a retrouvé un… venu de la lointaine île de La Réunion. Un déménagement de près de 10 000 km pour venir exercer en milieu rural.

Montesquiou, chef-lieu de canton un peu perdu au centre du Gers, a connu un mauvais début d’année 2007. Les habitants ont vu, non sans inquiétude, leur médecin quitter la commune. Début avril, ils étaient rassurés : Serge André, généraliste, avait choisi, lui, de quitter la ville (Saint-Denis-de-La-Réunion) pour venir s’installer parmi eux.

"Après une dizaine d’années d’exercice dans la ville où je suis né, j’avais envie de vivre autre chose. Je me suis mis à la recherche d’un cabinet en métropole et j’ai répondu à une annonce publiée sur l’internet par la municipalité. Après ce premier contact à la mi-février, tout est allé relativement vite et je suis arrivé fin mars" raconte le docteur André.

Passer du relief volcanique d’une île de l’océan indien aux douces collines du Gers a-t-il été un choc ? "Pas trop. J’ai fait mes études à la faculté de médecine de Bordeaux et je connaissais la région pour avoir vécu pas très loin d’ici durant une dizaine d’années. Quant à l’accueil dans le village, il s’est fait au cours d’un pot très convivial. J’ai également eu rapidement des contacts avec les confrères des communes ou cantons voisins et ai rencontré celui qui a été longtemps le médecin du village (il a pris sa retraite à Montesquiou). Ils m’ont donné infos et conseils" répond-il.

La différence tient plutôt dans l’exercice même de la médecine. A Saint-Denis, une ville de près de 100 000 habitants, la demande est très importante. A Montesquiou, 570 habitants, la patientèle est différente. "La demande en milieu rural est presque à l’opposé. On est loin, ici, de la surconsommation que l’on peut parfois rencontrer en ville. Ici, on fait appel au médecin quand on le juge indispensable. Si l’on ajoute que la population est, en moyenne, plus âgée, les pathologies sont donc plus lourdes et les interventions plus variées, allant jusqu’à la petite chirurgie" explique Serge André.

L’autre différence notable tient, évidemment, aux déplacements et aux gardes. "A Saint-Denis, j’effectuais (à pied) deux visites à domicile par jour. A Montesquiou, la moyenne tourne autour de cinq, pour l’instant, et je parcours entre 40 et 50 km. L’accueil en visite est très bon. Je suis de garde environ un dimanche sur trois et, en un trimestre, je n’ai été appelé qu’une fois dans la nuit" décrit le docteur André.

"La dernière grande différence tient dans les rapports avec les patients. Ici, je suis plus médecin de famille que médecin traitant. Je retrouve ce lien qui, ailleurs, s’est souvent perdu" conclut-il. Avec un grand sourire.


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