Le Jura Agricole et Rural
Machinisme agricole : un secteur porteur
Jura agricole et rural
Publié le:  20 septembre 2007
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Cette année, où la culture du chanvre a dépassé 4 mètres de hauteur par endroits, la présence d’une seconde barre de coupe facilite les opérations de reprise

Cette rentrée 2007 de l’enseignement agricole a été l’occasion de faire un « zoom » sur les équipements techniques et le secteur du machinisme, porteur en terme d’emplois.

Les structures d’exploitation évoluent, les technologies aussi, et l’industrie de l’agro-équipement accompagne ces évolutions. « Ce secteur d’activité se caractérise par un fort développement du marché et de forts besoins d’encadrement, précise Jean-Yves Charvin, proviseur du Legta de Vesoul (70). Cela correspond à une palette de métiers très divers, chez les constructeurs, dans les bureaux d’études, pour la commercialisation : inspecteur technique, inspecteur commercial, formateur, journaliste dans la presse spécialisée… le potentiel de propositions d’emploi est énorme. Avec une double exigence sur le plan des compétences : un bon niveau scientifique, et une bonne connaissance de l’anglais. Les groupes sont aujourd’hui de dimension internationale. Mais ce sont des métiers attractifs et pleins de perspectives pour des jeunes qui veulent bouger ! »

Sur le Legta de Vesoul, l’expérimentation représente deux équivalents temps plein, et implique une quinzaine de personnes. Chaque année, élèves ou étudiants s’impliquent dans la recherche, la mise au point de prototypes… Ainsi, un groupe d’élèves a planché sur le thème de la caméra embarquée, disposée à l’arrière de la houe rotative. « Quand cette machine est en fonctionnement, on ne voit qu’un nuage de poussière, et on a du mal à visualiser l’effet des cuillers sur les mauvaises herbes », explique Nicolas Picard, chargé de mission au Legta. Or cette machine permet d’éviter, dans certains cas, le recours à un herbicide. Pour promouvoir ce type de solution, un film est plus parlant qu’une longue explication. « Les élèves responsables du projet ont eux-mêmes monté le dossier de financement. »

Une faucheuse de chanvre

Autre réalisation récente, et en plein dans l’actualité, la faucheuse de chanvre. Elle a été développée par les élèves de BTS agro-équipement, avec leurs professeurs, en partenariat avec le constructeur Quivogne. La technologie de coupe utilisée est celle des lames, pour éviter les risques de bourrage avec une plante à fibres résistantes. La principale innovation de ce matériel consiste à adjoindre une seconde barre de coupe, de hauteur réglable, ce qui permet de sectionner la masse végétale à mi-hauteur : par exemple pour une hauteur de végétation de quatre mètres, le travail simultané des deux barres de coupe donnera deux morceaux d’environ deux mètres de longueur, ce qui facilite les opérations ultérieures de récolte (mise en balle). Avec moins de 10 000 hectares cultivés en France, la chanvriculture n’attire pas forcément l’attention des constructeurs… D’où l’intérêt d’établissements d’enseignement public qui prennent à cœur leur mission d’expérimentation ! La machine figure désormais au catalogue du constructeur Quivogne. « Nous avons pu la tester pour récolter le chanvre de la ferme du lycée agricole, environ 10 hectares, et nous l’avons aussi prêtée à une Cuma qui voulait l’essayer avant d’investir. Malgré quelques petits soucis de mise au point, elle fonctionne bien et a un bon débit de chantier. »

Enfin, côté agriculture de précision, une étude est en cours sur le guidage des tracteurs par GPS. « Est-ce adapté aux régions de polyculture-élevage, avec des tailles de parcelles assez réduites, et un environnement boisé qui perturbe parfois la qualité du signal ? » C’est la question à laquelle va tenter de répondre l’expérimentation en cours. Un tracteur de marque John Deere, équipé du dispositif de guidage par GPS a été mis à disposition par les établissements Secop (concessionnaire), et les élèves peuvent d’ores et déjà se familiariser avec cet outil. Une fois le contour de la parcelle mémorisé, le tracteur peut optimiser sa trajectoire. « On peut par exemple, lors d’un épandage d’engrais ou d’une pulvérisation, éviter de passer deux fois au même endroit, et donc améliorer la précision, économiser des fertilisants et des produits phytosanitaires. Cela va aussi dans le sens d’une meilleure préservation de l’environnement », assure Grégory Choux, professeur au Legta. La cartographie des rendements, obtenue au moment de la récolte par des capteurs dans la trémie couplée à un GPS et un module d’acquisition des données, peut aussi permettre des adaptations agronomiques à l’hétérogénéité de la parcelle : fertilisation, travail du sol, etc.


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