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La présence de certains hybrides sensibles à l'élongation automnale, rend pertinente la question des régulateurs de croissance |
À l'automne 2006, la croissance exceptionnelle des colzas avant l’hiver avait généré beaucoup d’interrogations sur les régulateurs. Pour 2007, si la météo de l’automne n’est pas prévisible, il est important de se poser dès maintenant la question des régulateurs.
La modification du paysage variétal, avec notamment la présence accrue de certains hybrides sensibles à l'élongation automnale ,rend la question d'autant plus pertinente. Toutefois, si l’on respecte les règles de raisonnement proposées, les régulateurs de croissance à l’automne ne devraient concerner qu’un nombre limité de parcelles.
Rappelons tout d'abord que l'intérêt d'un régulateur est de limiter les risques de gel au niveau de la zone d’élongation et les conséquences qui s’ensuivent : mauvaise alimentation au printemps, porte d’entrée au phoma, accroissement du risque de verse, perte de pieds. A contrario, le régulateur appliqué à l’automne n’a pas d’effet sur la hauteur de la culture au printemps.
L’utilisation du régulateur à l’automne sur colza se raisonne à partir de plusieurs critères :
• la sensibilité variétale à l’élongation car les différences de comportement sont importantes. À titre d’exemple Exagone présente une sensibilité à l’élongation forte, Exocet est intermédiaire avec une sensibilité moyenne alors qu’Adriana ou Grizzly ont une faible sensibilité ;
• la densité : au-delà de 50 plantes/m2 (ou 15 plantes/m linéaire), le risque d’élongation est augmenté. Aujourd’hui, les parcelles avec de fortes densités de semis sont rares, mais il faut rester vigilant notamment en cas de repousses de colza ;
• l’azote disponible : pour simplifier, on considère que le risque est accru lorsque les disponibilités dans le sol dépassent les 100 unités/ha. Cela concerne essentiellement les situations avec des apports de matières organiques ou des reliquats de post-récolte élevés (précédent pois, mauvaise valorisation des apports sur le précédent blé, notamment quand le rendement du précédent est très inférieur à l'objectif). Les situations en TCS ou avec pailles enfouies sont considérées comme des cas de non-risque ;
• la croissance au stade six feuilles : un gros colza qui a profité de l’azote disponible et s’est développé fortement, présente plus de risque d’élongation qu’un colza freiné par des attaques parasitaires ou un mauvais enracinement.
Six feuilles, le bon stade pour décider et pour intervenir
La rapidité d’atteinte du stade six feuilles permet de décider si l'intervention a de bonnes chances d’être valorisée. Plus le stade six feuilles est précoce (levée précoce), plus le risque d'élongation est important car il y a une forte probabilité à ce que les conditions demeurent encore longtemps favorables à la croissance des plantes. Le risque est d'autant plus faible que le stade six feuilles approche la date limite qui, dans les régions du Nord et de l’Est, se situe vers le 10 octobre. C’est la date à partir de laquelle on considère que les conditions climatiques ont peu de chance de se maintenir favorables pour entraîner ensuite une élongation.
Pour être efficace, le régulateur doit être appliqué avant l'élongation du colza. Le stade six feuilles permet de décider de l'opportunité du traitement. C'est également le stade optimal d'intervention pour une bonne efficacité.
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