Le Jura Agricole et Rural
«Une nouvelle ambition pour l'agriculture »
Nicolas Sarkozy au Space
Jura agricole et rural
Publié le:  20 septembre 2007
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Nicolas Sarkozy a livré son ambition pour l’agriculture française et européenne, dans un premier discours de politique agricole prononcé au 21e Space de Rennes. Le chef de l’État s’est voulu très volontariste dans sa défense du monde agricole.

Sarkozy aura-t-il voulu que les agriculteurs ne regrettent plus Jacques Chirac ? Attendu par la profession agricole, le premier discours de politique agricole du nouveau Président de la République, prononcé lors du 21e Space de Rennes le 11 septembre, fut volontariste. Et plusieurs de ses accents n’ont pu faire que plaisir aux agriculteurs. Nicolas Sarkozy a décliné sa « nouvelle ambition pour l’agriculture en France et en Europe ». Une nouvelle ambition pour une « nouvelle Pac » que le chef de l’État proposera lorsque la France prendra la présidence de l’UE au second semestre 2008. « Parce que je n’ai pas l’intention de laisser tomber les agriculteurs qui ne veulent pas être des assistés, qui ne veulent pas vivre de subventions, qui ne veulent plus être contrôlés sur la longueur du poil de leurs animaux, » a-t-il lancé.

Dénonçant les contrôles multiples nationaux et communautaires, il a ironisé : « on n’est plus agriculteur, on répond à des papiers ».

Le chef de l’État ne veut pas attendre le bilan de santé de la Pac en 2008 ou la négociation sur la prochaine Pac en 2013 « pour poser les principes d’une Pac renouvelée ». Les Assises de l’agriculture lancées le 5 septembre, sont le cadre choisi pour mettre en forme l’ambition présidentielle.

Indépendance alimentaire

Pour rendre « légitime » la politique de l’UE, Nicolas Sarkozy entend

qu’elle réponde à quatre objectifs. Elle doit d’abord « assurer l’indépendance et la sécurité alimentaire de l’Europe ». Le Président de la République estime que « nous n’avons pas à nous excuser à vouloir nourrir les Européens ». « La préférence communautaire n’est pas un gros mot », a-t-il répété, déclenchant les applaudissements nourris d’un auditoire satisfait. Pour assurer les approvisionnements du pays, Nicolas Sarkozy a beaucoup insisté pour que les agriculteurs « puissent vivre des prix de leurs produits plutôt que de subventions qu'on leur alloue » grâce à une « politique […] de stabilisation des marchés ». Le « moins on produit, plus on touche des subventions, ce n'est pas l'idée que je me fais du travail d'un agriculteur qui est un producteur », a-t-il insisté. La diminution des aides Pac sera donc au cœur du débat sur l'avenir de l'agriculture européenne que veut lancer le chef de l’État. Raillant enfin « la pensée unique […] pendant la campagne électorale » qui affirmait que « jamais les agriculteurs ne pourraient vivre de ces prix », il a commenté : « les faits me donnent raison. » Une allusion à la forte hausse que connaissent actuellement les cours des matières premières agricoles comme le blé ou la poudre de lait.

Contrôles aux frontières

Au sujet des négociations à l’OMC, le chef de l’État a redit à la profession agricole que « la France exige de la réciprocité, de l’équilibre, de la préférence communautaire ». Pour lui, il convient de réfléchir, afin de « sortir de la logique actuelle de la négociation ». En sont absentes « les règles relatives à la défense commerciale, l’investissement et la suppression des obstacles non tarifaires ». En matière sanitaire, le chef de l’État a indiqué clairement que la France fera tout afin de « renforcer les contrôles aux frontières de l’UE pour s’assurer que les produits agricoles et agroalimentaires importés sont au niveau de ceux produits en Europe ».

La Pac « nouvelle » doit aussi « contribuer aux équilibres alimentaires mondiaux ». D’ici à 2050, la population mondiale passera de 6 à 9 milliards d’individus.

La Pac doit encore « préserver les équilibres de nos territoires ruraux ». Le président de la république a prôné une « politique de cohésion territoriale ». Évasif, il souhaite « réformer les soutiens aux productions valorisant l’herbe ».

Moins d’engrais et de pesticides

Enfin la Pac de Nicolas Sarkozy doit « participer à la lutte contre les changements climatiques et à l’amélioration de l’environnement ». Avec le Grenelle de l’environnement, Nicolas Sarkozy dit vouloir « aller au fond des débats sans tabou » pour « agir avant la fin de l’année ». Il exige un nouveau plan de réduction de l’utilisation des engrais et des pesticides « afin de préserver la santé de leurs utilisateurs ». Il veut aussi engager « un plan de valorisation de la biomasse » et souhaite que la France « progresse rapidement » dans l’utilisation des énergies renouvelables. Enfin, il entend renforcer la recherche dans les biotechnologies. Mais, de nouveau évasif, Nicolas Sarkozy n’a pas mentionné le mot « OGM » et n’a parlé que des applications pharmaceutiques issues des biotechnologies. Le Grenelle de l’environnement, fin octobre, doit accoucher d’un projet de loi sur les OGM qui sera débattu au Parlement.


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