Les responsables agricoles français ont apprécié le volontarisme de Nicolas Sarkozy à refonder une Pac autour de la préférence communautaire et de prix rémunérateurs. Mais on s’interroge. Le chef de l’État attendra-t-il 2013 pour les grands changements ?
Jean-Michel Lemétayer apprécie la « détermination » du Président « sur les dossiers européens et internationaux. » Le président de la FNSEA s’est dit « en accord avec les principes et les objectifs de Nicolas Sarkozy », notamment la préférence communautaire mais aussi au sujet des primes et des prix. Le chef de l’État a indiqué que « ce n’est pas » la Pac actuelle, « les fameux « droits à paiement unique », le « découplage » ou la « modulation » des aides, qui permettra de répondre » aux défis de l’après 2013, alimentaire et énergétique spécialement.
Le leader des Jeunes agriculteurs, Philippe Meurs, partage aussi l’état d’esprit « plutôt offensif que défensif » de Nicolas Sarkozy, « nécessaire » pour les échéances du bilan de santé de la Pac de 2008 et les négociations de l’OMC, entre autres. Et le chef de
l’État n’a pas oublié de souhaiter la poursuite de la politique d’installation des jeunes en agriculture.
Débat intra-européen
Mais Jean-Michel Lemétayer affiche sa prudence. « Le plus difficile commence maintenant, commente-t-il, convaincre les 26 autres pays de l’Union européenne » du bien fondé de certains objectifs énoncés pour la Pac par le chef de l’État. Par ailleurs, avant le discours présidentiel, le leader de la FNSEA a rappelé que la hausse du cours des matières premières agricoles ne faisait pas le bonheur du monde de l’élevage, « qui subit l’augmentation des prix de l’alimentation animale. […] Une véritable menace pour certaines de nos productions de viande, porc, volaille, lapin. » Et de plaider qu’« il est normal et nécessaire que les prix à la production augmentent en fonction de l’évolution des coûts supportés par les éleveurs »,
avant de conclure : « Il n’est donc pas anormal qu’il y ait quelques incidences sur les prix payés par les consommateurs. » Nicolas Sarkozy n’aura pas évoqué le malaise des éleveurs pendant son discours.
Avant 2013 ?
Le président des JA reste quant à lui sur sa faim. « Avant de prévoir une nouvelle Pac », il souhaiterait que le gouvernement « réfléchisse sur le modèle agricole qu’on souhaite pour la France et l’Europe ». Et le lieu adéquat, selon lui, sont les Assises de l’agriculture, lancées le 5 septembre par le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier. Il n’est pas d’accord sur « la méthode » de M. Sarkozy : « La sienne c’est on réforme la Pac. Pour nous, la Pac n’est qu’un outil pour mettre en place ce modèle. » « L’autonomie alimentaire et énergétique exige plus que de la rentabilité », explique-t-il. Philippe Meurs craint « la précipitation du chef de l’État » pour ficeler cette nouvelle Pac en 2008. Il demande « de laisser le temps aux producteurs de s’adapter, de laisser la Pac se finir en douceur jusqu’en 2013. » Nicolas Sarkozy n’a en effet pas clairement dit quand il souhaite que son « ambition nouvelle » pour l’agriculture se concrétise. Avant 2013
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