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Les zones réglementées en France. Attention, cette carte est susceptible d'évoluer dans les semaines qui viennent |
Des Ardennes à l’Yonne, la fièvre catarrhale a fait un bond de plus de 250 km vers le sud en un mois et demi. Sa diffusion est qualifiée officiellement d’explosive. Comme il n’y a pas encore de vaccin, la restriction des mouvements des bovins ovins et caprins associée à leur désinsectisation « apparaît comme la seule mesure permettant de limiter l’extension rapide de la maladie ».
La France est divisée en quatre zones concentriques, du risque le plus élevé au moins élevé : PI, le périmètre interdit (20 km de rayon autour de tous les foyers). Puis, successivement : ZP, la zone de protection et ZS, la zone de surveillance : les deux ensemble s’étendent entre 20 et 150 km autour des foyers. Ces deux « zones tampon » emboîtées limitent la circulation de ruminants entre des zones proches du périmètre infecté – régions plus à risque, et des zones proches de la zone indemne – régions moins à risque. Enfin, à l’extérieur, la zone indemne ou ZI.
La réglementation repose sur les principes suivants : les mouvements des ruminants sont libres tant qu’ils ne quittent pas leur zone. Ils ne peuvent passer d’une zone à l’autre que sous conditions. Ils ne peuvent aller directement du PI à la ZI. Les animaux qui passent dans une zone plus à risque sont considérés comme faisant partie de cette zone.
Mais l’application pure et simple de ces principes entraverait considérablement les échanges et aggraverait encore la situation déjà très difficile des éleveurs et de la filière dans les zones FCO. A la demande des organisations professionnelles, des dérogations sous condition ont été mises en place pour aller vers l’abattoir, envoyer des veaux de moins de 30 jours à l’engraissement, pour les mises en pâture, pour les animaux de haute valeur génétique, pour traverser les zones réglementées en venant de la zone indemne, participer à des expositions, salons, etc. Ces dérogations sont soumises à des procédures compliquées pour ne pas aggraver le risque. Elles sont assez nombreuses. Les éleveurs peuvent se renseigner auprès de leur DDSV, de leur GDS ou de leurs vétérinaires.
Pour les exportations, si l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et l’Espagne acceptent de recevoir des ruminants de zones réglementées françaises, il n’y a toujours pas d’accord avec l’Italie à ce jour.
A l’intérieur de l’Europe, il n’y a aucune restriction à la commercialisation de la viande, du lait ou des produits laitiers.
Exemples de conditions
• Pour envoyer des ruminants d’élevage ou d’engraissement du PI à la ZP ou la ZS :
- Pas de signe de la maladie.
- Une sérologie négative au départ et une autre 28 jours après l’arrivée.
- Désinsectisation des animaux commencée 28 jours avant la première prise de sang et maintenue jusqu’au résultat de la seconde.
- Déplacement dans les sept jours suivant la première prise de sang, avec désinsectisation du véhicule au départ.
- Transport direct ou passage par un centre de rassemblement en PI, ZP ou ZS.
Après un résultat satisfaisant de la seconde prise de sang, les animaux venant de PI sont considérés comme étant de la ZP ou de la ZS, selon le cas.
• Pour envoyer des ruminants d’élevage ou d’engraissement de la ZP à la ZS ou la ZI, ou de la ZS à la ZI :
- Pas de signe de la maladie.
- Une sérologie négative au départ.
- Désinsectisation des animaux commencée 28 jours avant la prise de sang et maintenue jusqu’à l’arrivée à destination.
- Déplacement dans les sept jours suivant la prise de sang, avec désinsectisation du véhicule au départ.
Transport direct ou passage par un centre de rassemblement en ZP ou ZS.
Les animaux aboutissant en ZI font l’objet d’une « procédure canalisée » pour garantir qu’ils ne seront pas exportés vers une zone indemne (mention FCO sur l’ASDA des bovins, boucle bleue à l’oreille pour les ovins et caprins).
• Pour les mises en pâture à la limite de deux zones (par exemple entre l’Ain, la Loire, le Rhône, le sud du Jura d’un côté et la Saône-et-Loire et le nord du Jura de l’autre) : pas de restrictions si les mouvements ne dépassent pas 5 km.
Au-delà, ce sont les conditions de mouvements entre les deux zones qui s’appliquent et il faut notifier le mouvement à la DDSV
• Pour envoyer des animaux à l’abattoir de la ZS en ZI :
- Pas de signes de la maladie.
- Désinsectisation (à délai d’attente nul) des animaux et camions avant chargement, et abattage au plus tard 48 heures après sortie de la ZS, et transport direct à l’abattoir ou après passage par des centres de rassemblement situés en ZP ou ZS.
• Pour envoyer des veaux de moins de 30 jours de la ZP ou de la ZS vers un atelier d’engraissement en ZI, sans prise de sang :
- Veaux en bonne santé désinsectisés dans l’exploitation d’origine.
- Veaux collectés dans la même zone
Véhicule de transport vers l’atelier d’engraissement désinsectisé avant le chargement.
- Atelier d’engraissement fermé désinsectisé avant l’arrivée des veaux.
- Désinsectisation des veaux maintenue pendant 60 jours après l’arrivée.
- Possibilité de regrouper les veaux dans des centres de rassemblement situé en ZP ou ZS (sous conditions particulières).
Traitements, soins aux maladesIl n’y a pas de traitement spécifique, c’est fréquemment le cas dans les maladies à virus. Mais des traitements palliatifs administrés assez tôt permettent de limiter (et non pas d’annihiler) la gravité des symptômes et les mortalités. D’où l’importance de bien connaître les symptômes pour les repérer précocement. L’Agence gouvernementale Belge chargée de la santé des animaux (AFSCA) fait les recommandations suivantes :
• Rentrer les animaux malades pour qu’ils ne soient plus exposés aux rayons du soleil, étant donné le risque de lésions très graves de photosensibilisation.
• Proposer des fourrages ayant une certaine souplesse : herbe jeune, ensilage, balles rondes enrubannées, aux animaux car les plaies dans la bouche les empêchent de consommer une nourriture trop dure et piquante.
• Ajouter éventuellement la distribution de lait reconstitué aux veaux trop jeunes pour être sevrés et dont les mères ne se laissent plus téter. (Des éleveurs essaient alors de traire ces dernières pour éviter qu’elles ne se tarissent. Mais la tâche peut être très difficile et même dangereuse en raison des réactions de défense dues à la douleur occasionnée par les ulcères de la mamelle). L’application de pommades cicatrisantes et le trempage des trayons dans des produits désinfectants adaptés peuvent accélérer la cicatrisation.
Du point de vue du traitement médical, le vétérinaire pourra prescrire des anti inflammatoires pour limiter la fièvre, la douleur et les lésions d’inflammation, de congestion et d’œdème. En cas de plaies étendues ou de surinfection des poumons, les antibiotiques pourront être utiles.
Prévention
Actuellement, il n’y a pas de vaccin contre le virus de la fièvre catarrhale de type 8.
Dans l’attente, la prévention repose sur les mesures réglementaires de limitation de la circulation des animaux à partir des zones touchées et des zones environnantes. Ces mesures sont d’efficacité limitée. Elles n’empêchent pas le transport à distance de moucherons infectés par le vent. La maladie peut donc continuer à se répandre par bonds successifs, même si c’est plus lentement. Dans ces conditions, il est important de compléter la limitation des mouvements de ruminants par la désinsectisation des animaux, des bâtiments et des véhicules de transport.
Désinsectisation
Les insecticides pour animaux se délivrent sur ordonnance vétérinaire. Il est recommandé et dans certains cas obligatoire (envoi à l’abattoir) d’utiliser des insecticides répulsifs et à délai d’attente nul.
Pour les véhicules et bâtiments, la liste des produits utilisable est étendue. On peut la trouver sur le site Internet du ministère de l’Agriculture aux adresses :
http ://e-phy.agriculture.
gouv.fr/usa/50991210.htm
http://e-phy.agriculture.
gouv.fr/usa/50991210.htm
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