La fièvre catarrhale ovine a été au cœur des débats d’une réunion de crise qui s’est tenue au ministère de l’Agriculture. Frédéric Perrot, le président de la FRSEA de Franche-Comté y était et répond à nos questions.
Vous avez participé, vendredi 14 septembre, à une réunion au ministère de l’Agriculture pour une première évaluation sanitaire et économique de la crise qui touche les filières élevage. Sur la forme, la présence de Michel Barnier durant toute cette réunion, signifie-t-elle que les Pouvoirs publics ont compris la gravité de la situation ?
« Effectivement le ministre était entouré d’au moins six collaborateurs, dont son directeur de cabinet. Cela démontre tout l’intérêt qu’il porte à cette crise… Cette réunion provoquée par le ministère a été un lieu d’échanges et de concertation pour trouver des solutions à l’éradication de cette nouvelle maladie. Le ministère était entouré des présidents de région FRSEA, des JA, FNB, FNO, FNC, le FNGDS, la FNPL ainsi que des représentants des commerçants en bestiaux et des groupements coopératifs.
Une personne relais a été nommée, un Monsieur FCO, chargé d’un point hebdomadaire avec les organisations agricoles.
Cette réunion a été importante et les débats constructifs, le ministère attentif sur la stratégie à définir, sur le mode de gestion de la crise à adapter.
Quelles sont les principales demandes que les représentants de la profession ont portées lors de cette rencontre et quelles orientations ont été retenues par le ministre ?
Il n’existe peu de points de désaccord entre le ministre et les organisations professionnelles. L’accélération du processus de mise au point et de mise en marché d’un vaccin semble une priorité. Mais à court terme, d’autres mesures devront être prises : indemnisation des conséquences sanitaires de la FCO, prise en charge du coût des tests, prise en charge ou report de la MSA, dérogation pour les taux de chargement, absence de pénalités pour les quotas laitiers. Parallèlement à ces mesures, un effort tout particulier devra être fait pour accélérer l’aide aux investissements dans le cadre du plan de modernisation des bâtiments d’élevage, pour favoriser l’engraissement. D’un point de vue réglementaire, une négociation entre les ministres italien, espagnol et français doit être conduite rapidement afin de déroger à l’interdiction d’exportation des broutards pendant une période de deux ans, telle que la réglementation européenne le prévoit.
Vu la situation, quelles mesures vous paraissent-elles les plus urgentes à mettre en œuvre ?
D’un point de vue économique, La plus importante me semble la négociation avec l’Italie et l’Espagne pour la reprise des exportations de broutards issus de zones touchées par la FCO. Ce sont près de 250 000 broutards qui aujourd’hui ne peuvent pas être exportés…
D’un point de vue réglementaire, un certain nombre d’aménagements réglementaires ont été demandés au niveau de l’Union européenne afin qu’un accompagnement financier exceptionnel de cette crise puisse être envisagé…
Sur le plan sanitaire, la désinsectisation me semble être une mesure que chacun d’entre-nous devrait prendre rapidement sur son exploitation, pour limiter la progression du virus.
La FCO n’est pas transmissible à l’homme. N’y a-t-il pas cependant un risque de voir les consommateurs réduire leurs achats de viande bovine et ovine ?
Il est de notre responsabilité, comme de celle de l’administration de faire preuve de pédagogie en rappelant à l’ensemble de nos concitoyens, que la FCO n’a aucune incidence sur la santé humaine.
Quel message souhaiteriez-vous faire passer aux éleveurs ?
Pour ralentir l’évolution de la maladie, désinsectisez !… Cette pratique, déjà éprouvée dans d’autres régions, permet de ralentir la maladie et, dans le Jura, elle limiterait sa progression aux deux arrondissements du sud (Lons et Saint-Claude). Pour cela nous faisons confiance aux compétences du GDS et de la DSV.
Notre travail à nous, FDSEA, doit permettre de redonner des perspectives aux éleveurs et éviter une véritable crise économique comme la subissent les éleveurs des zones touchées depuis près d’un an. Je tiens d’ailleurs à leur adresser un message de solidarité.
Je tiens également à souligner l’importance de la réactivité, la mobilisation du réseau FNSEA en cas de crise sanitaire, qu’elle soit animale ou végétale, et ce dans l’intérêt de tous !
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