Depuis quelques jours, les éleveurs du nord du Jura prennent conscience de la gravité de la situation. La fièvre catarrhale ovine est aux portes du département et il faut tout faire pour s'en prémunir. C'est le message qui a été lancé vendredi soir à Dole au cours d'une réunion organisée en urgence par la DDSV et le GDS.
Les éleveurs du nord du département concernés par la zone de surveillance de la FCO se sont retrouvés le 14 septembre à Dole dans une salle de la Maison familiale. Une cinquantaine de personnes ont écouté attentivement les explications concernant cette maladie inconnue sous nos latitudes et dont le virus s’est acclimaté à un moucheron piqueur bien de chez nous.
Il est important de rappeler qu’elle n’a aucun impact sur la santé humaine mais occasionne des pertes économiques voir de la mortalité dans les troupeaux de ruminants (ovins, caprins, bovins). La question reste posée pour les ruminants sauvages qui pourraient être porteurs. Dans notre précédente édition, nous parlions de 204 cas de FCO découverts sur le territoire français. "Le 14 septembre, c’est plus du double d’animaux qui sont affectés par la maladie" annonce Martine Fallon, directrice de la DDSV. La progression des chiffres a de quoi inquiéter. "L’important est de se prémunir contre la maladie et de n’avoir aucun cas dans le département". C’est la seule condition, estime Frédéric Perrot, pour ne pas connaître la situation catastrophique des éleveurs des périmètres interdits.
Observer et désinsectiser
La panoplie des moyens de lutte contre la FCO est restreinte. Elle se résume à deux recommandations : éviter les mouvements d’animaux d’une zone réglementée vers une zone indemne et desinsectiser. Le vaccin, ultime arme et la seule vraiment efficace, semble-t-il, ne pourra être commercialisé avant la fin de l’année 2008. Stephanie Giraud, chef du service de santé et protection animales à la DDSV et Alain Maire-Amiot, directeur du GDS, réitèrent les recommandations : desinsectiser en priorité les animaux que l’on souhaite vendre, vu le délai obligatoire de 28 jours entre le traitement et la sérologie . Traiter l’ensemble des animaux, comme cela se pratique déjà en élevage laitier, serait la meilleure solution pour limiter l’apparition des signes cliniques. L’utilisation d’un produit à longue durée d’action a l’avantage de protéger les animaux jusqu’à l’apparition des premières froids qui stoppent l’activité du moucheron. Le traitements des bâtiments et des abords n’est pas pertinent.
Pertes financières
Une caisse de solidarité doit se mettre en place pour les pertes sanitaires avec les GDS sur le même principe que pour la fièvre aphteuse.
Interbev, organisme interprofessionnel chargé de fluidifier les marchés de la viande, a décidé de prendre en charge le coût des analyses dans les zones réglementées. "Nous ne savons pas pour combien de temps" précise Claude Cornu, directeur de Bevifranc, car la demande risque d’aller croissant. Plus de 250 000 broutards sont bloqués dans les fermes de Bourgogne sans pouvoir être exportés. "La priorité est la réouverture des marchés et que la confiance revienne". Un souhait que les éleveurs du Nord Jura reprennent à leur compte car localement aussi les marchés commencent à être perturbés et les ventes retardées.
Coût moyen de la sérologie, visite comprise : 30 euros par animal.
Coût du traitement avec du Butox :
< 100 kg = 0,60 euros
200 à 300 kg = 1,20 euros
> 300 kg = 1,80 euros.
Pas de Cournon pour les Simmentales ?Le délai de 28 jours entre la desinsectisation et la sérologie empêchera sûrement les éleveurs Simmental de participer au Sommet de l'Elevage à Cournon, du 3 au 6 octobre prochain. "Mëme si nous avions traité à temps, il n'est pas souhaitable d'amener des animaux dans un bassin allaitant encore indemne" pense Georges Roz, éleveur à Brevans.
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