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«Il faudra bien que les grandes surfaces, habituées à pressuriser les agriculteurs, revoient leurs marges à la baisse » |
Depuis le dernier conseil d'administration de la FDSEA, l'action syndicale n'a pas faibli. Pour ce conseil de rentrée, le président Frédéric Perrot a rendu compte du travail réalisé.
La FDSEA a suivi de près les crises sanitaires qui ont touché l’agriculture, d’abord cet été avec la chrysomèle puis aujourd’hui avec la fièvre catarrhale ovine. Concernant la chrysomèle du maïs, les demandes des FDSEA du Jura et de Saône-et-Loire ont été entendues par le ministère de l’Agriculture : réduction des traitements aux strictes limites de la zone focus, réduction de 30 à 15 jours de la DAR avant récolte. « Nous avons affirmé notre volonté d’adhérer au protocole de lutte mais nous voulions également que les exploitations puissent ensiler », résume Frédéric Perrot.
Autre rencontre au ministère le 14 septembre pour parler, cette fois, de la FCO. Nous assistons depuis le mois d’août à une recrudescence de la maladie qui s’étend vers une zone située plus au sud qu’en 2006. La détection de cas d’animaux dans l’Aube, la Haute-Marne, l’Yonne puis la Côte-d’Or ont fait entrer le Jura en zone de surveillance sur les arrondissements de Dole et de Lons-le-Saunier. Dès cet instant, la FDSEA a participé activement aux réunions organisées par la préfecture, la DSV, le GDS et la DDAF. Lors de leur rencontre avec le ministre de l’Agriculture, les représentants de la profession ont demandé des mesures rapides pour améliorer les trésoreries des exploitations et des protocoles d’accord avec les principaux partenaires commerciaux, l’Italie et l’Espagne en particulier. La Bourgogne représente à elle seule 20% des exportations de broutards vers l’Italie. Aussi la FRSEA Bourgogne appelle à un rassemblement des éleveurs du bassin allaitant à Charolles, le 28 septembre.
Le yoyo des prix
La flambée des cours en céréales, l’augmentation régulière du prix du lait standard ne font que rattraper ce que le marché avait pris depuis deux ans. « Les cultures avaient touché le fond», rappelle le président de la FDSEA. Cette soudaine augmentation des prix des céréales remet en avant l’interdépendance des productions entre elles : des élevages voient leur charges d’aliments augmenter, particulièrement en porcs et en volailles. En lait standard, les hausses de prix ont été négociées au niveau de l’interprofession et sur l’année, le prix de base du lait standard a augmenté de 17 euros/tonne. Une hausse qui est loin d’avoir comblé les baisses successives de ces cinq dernières années. « Les entreprises doivent pouvoir continuer à produire sans alourdir plus le panier de la ménagère, au risque de perdre des marchés », analysent Laurent Basset et Dominique Chauvin. « Il faudra bien que les grandes surfaces habituées à pressuriser les agriculteurs revoient un peu leur marge à la baisse », ajoute Frédéric Perrot. Avec un quota laitier français en sous-réalisation, on assiste à des situations étonnantes comme du lait spot franc-comtois acheté 500 euros la tonne parti hors région pour la fabrication de Brie.
Si les prévisions sont plutôt optimistes en matière de prix, le marché peut se retourner tout aussi rapidement. Pour le président Perrot, « il faudra que les exploitations se préparent à supporter ce yoyo des prix ». Au niveau syndical, on insiste aussi sur la nécessité de maintenir des soutiens à l’agriculture sous une forme ou sous une autre car un contexte de hausse des prix pourrait amener l’Europe à réformer la Pac avant 2013 et abandonner le principe des compensations de prix. Or, une étude conduite par plus de 100 spécialistes, à l’initiative de l’Inra, du Crédit agricole et de Groupama, montre que dans un contexte instable des marchés, les prix ne suffiront pas à maintenir le revenu des agriculteurs.
Un quota fromager ?
« Le CIGC vient de faire réaliser une étude prospective sur la maîtrise de la production de comté avec l’après-quota en perspective. Cette étude propose l’introduction d’un quota fromager à l’hectare de surface fourragère stipulé noir sur blanc dans le décret de l’AOC et qui remplacerait les plans de campagne, explique Dominique Chauvin, responsable de la section lait FDSEA et représentant au CIGC. L’idée devra être débattue avec toute la filière comté mais également avec les autres AOC franc-comtoises et ne sera retenue qu’après accord des producteurs ». Sur ce dernier point, la FDSEA sera particulièrement vigilante et s’oppose à tout système qui « scléroserait encore plus nos exploitations », prévient Marcel Marguet. « Il n’est pas question de produire du lait standard et du lait AOC sur une même exploitation mais il n’est pas concevable non plus de couper les producteurs de lait AOC des autres marchés », prévient Frédéric Perrot.
Rémy Delacroix tire la sonnette d’alarme sur un autre sujet, les campagnols : « 2008 sera terrible et de nombreuses zones seront concernées. La recherche s’est arrêtée et nous n’avons plus d’animateur Fredon ». Le conseil d’administration de la FDSEA souhaite qu’« une position claire et commune soit trouvée au niveau professionnel et que l’on s’y tienne ».
Trop de prédateurs, manque de crédits
La situation de l’élevage ovin en Franche-Comté préoccupe la FDSEA. Alors même que nous sommes largement déficitaires en production, le revenu des éleveurs de moutons est en queue de peloton. C’est d’ailleurs ce qui a été redit à la mission parlementaire venue dans le Jura fin juillet. « En l’absence de quota laitier et de droit vaches allaitantes, il ne reste plus que le mouton ou alors le désert ! » lance Jocelyne Favier de la Petite-Montagne. L’arrivée du loup dans le Jura complique la tache des éleveurs. La petite taille des élevages, qui viennent parfois en complément d’un élevage bovin, ne permet pas de supporter les charges occasionnées par la surveillance des troupeaux (chiens patous, temps de travail...)
Pour finir le tour des dossiers en cours, le conseil de la FDSEA a rappelé que certains financements se font attendre ou sont encore trop limités : la rallonge budgétaire de 23 millions d’euros au niveau national affectée au plan bâtiment va permettre de traiter les projets en attente et les dossiers PMPOA déposés avant le 31 décembre 2006. Il s’agit de l’un des points essentiels sur lesquels, les parlementaires du Jura avaient été sensibilisés le 29 août dernier lors d’une rencontre avec la FDSEA et les JA.
D’autres points restent pour le moment en suspens : les financements du plan végétal, des mesures agri environnementales liées à Natura 2000 (Mater), la prime à l’herbe (PHAE 2) restent largement en dessous des besoins.
Rendez-vous est donné aux délégués FDSEA, le 22 octobre, pour travailler sur les élections de l’hiver qui conduiront au renouvellement des différents échelons et représentants syndicaux entre le 6 novembre et le 15 février prochain.
Rappel : Pour soutenir les agriculteurs antillais victime d’un cyclone, le 17 août dernier, la FNSEA a mis en place un compte intitulé ACTION SOLIDARITE ANTILLES. RIB : CRCA Paris IAA.DISTRIB. : 18206 00426 43982390001 51. Ou par chèque à l’ordre de Action Solidarité Antilles à envoyer à la FDSEA 455 rue du Colonel Casteljeau 39000 Lons-le-Saunier. La FDSEA vous remercie pour votre geste de solidarité.
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