Le Jura Agricole et Rural
Désinsectisation : un pas dans la protection
Jura agricole et rural
Publié le:  27 septembre 2007
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Le nombre de foyers de FCO continue d’augmenter de manière significative en France comme dans l’Europe du Nord ; la Suisse et le Danemark viennent de rejoindre les 6 pays européens déjà touchés. Les symptômes observés ces dernières semaines témoignent d’une virulence importante de la maladie. A ce stade il est nécessaire de rappeler que le seul outil « de lutte » disponible à ce jour reste la désinsectisation des animaux qu’il convient de ne pas stopper malgré cette période de l’année. En zone réglementée, le traitement insecticide est nécessaire pour le départ d'animaux d'élevage.

Pas de produit spécifique contre les Culicoïdes

Aucun produit insecticide ne possède aujourd’hui d’indication spécifique contre le vecteur de la FCO, moucheron du genre Culicoïdes. A défaut, on aura recours à des produits actifs contre les insectes piqueurs. En pratique pour les ruminants ce sont tous, en France, des pyréthrinoïdes qui sont biodégradables, peu volatiles et dont les dernières générations sont stables à la lumière.

Après application « pour-on » les pyréthrinoïdes diffusent progressivement sur l’ensemble du corps de l’animal (en l’espace de 12 à 24 heures). Ils se lient aux corps gras de la peau (poils et sébum) ; ainsi ils ne traversent pas l’épiderme et ne se retrouvent donc pas dans les tissus sous-jacents et les produits. Les pyréthrinoïdes ne sont pas susceptibles de s’accumuler dans les organismes. Parmi ceux-ci la deltaméthrine est une des molécules les plus efficaces.

Produits à propriétés insecticide et répulsive

Les produits ont un effet immédiat sur les insectes (éloignement, abattement, mortalité) et un effet rémanent (activité insecticide). L’effet insecticide provient essentiellement de la pénétration du principe actif à travers la cuticule (revêtement cutané) de l’insecte (effet par contact). L’intoxication par ingestion est possible mais plus marginale, que l’insecte soit broyeur, piqueur ou suceur. Les pyréthrinoïdes agissent sur le système nerveux des insectes ; l’insecte subit une paralysie avant même qu’il ne soit en mesure de piquer. Il est donc essentiel de maintenir une bonne désinsectisation pour diminuer les piqûres voire pour repousser les vecteurs. Car plus un animal est piqué et plus il a de chances de déclarer la maladie !

L’efficacité des traitements dépend de trois éléments majeurs :

• la quantité de principe actif administrée à l’animal (ne pas sous-doser)

• la bonne couverture du corps par les produits : les zones de piqûres préférentielles (tête, pattes, ligne ventrale) doivent être couvertes, ce qui est supposé être le cas après une application des produits selon les recommandations du fabricant

• les conditions météorologiques : la pullulation des vecteurs varie au cours de l’année or le risque de contamination et de maladie clinique augmente avec le nombre de piqûres.

En l’absence d’essais terrain publiés validant l’efficacité des produits sur les Culicoïdes, il est prudent de considérer que la durée de protection moyenne (ou minimale) est d’environ 4 semaines suite à une application « pour-on » ou bain et de 2 semaines pour les produits en aérosols ou pulvérisation.

Rappel : ces produits sont des médicaments et doivent faire l’objet d’une prescription vétérinaire. Tout traitement doit être reporté dans votre carnet sanitaire. Demandez conseil à votre vétérinaire.

La désinsectisation des animaux ainsi que le nettoyage des abords des lieux de détention des animaux restent par définition les seules mesures sanitaires de lutte disponibles. Il ne faut pas baisser la garde puisque le vecteur est le plus actif à cette période de l’année. Dans les perspectives, un vaccin contre le sérotype 8 est en cours de mise au point. Sa commercialisation ne devrait pas néanmoins pouvoir être assurée avant juin prochain.

L’extension de la maladie étant rapide et le nombre de foyers très important, il est utile que chacun réfléchisse à ces recommandations certes contraignantes, mais seules à notre disposition. Chacun doit se sentir concerné. A titre d’exemple la désinsectisation d’un animal reviendrait à moins de 2 euros alors qu’aujourd’hui les animaux touchés génèrent en moyenne plus de 50 euros de soins !


Attention : la situation FCO étant très évolutive, n’hésitez pas à contacter la DDSV, tél. 03 84 43 40 00 ; le GDS, tél. 03 84 43 42 54 ou votre vétérinaire pour toute question ou complément d’information.

Médicaments ayant une activité contre les mouches chez les ruminants (source GDS 71)


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