Le Jura Agricole et Rural
Des rendements fortement hétérogènes
Campagne 2007
Jura agricole et rural
Publié le:  27 septembre 2007
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Le point sur les cultures et les fourrages pour la campagne 2007 dans le Jura se résume en un mot : hétérogénéité. Un bilan présenté lors de la dernière session de la chambre d'agriculture.

Les fortes chaleurs et le déficit hydrique observés en avril puis les pluies importantes qui ont suivi ont fortement pénalisé les rendements et la qualité des céréales. L’augmentation continuelle des prix pourrait compenser cette petite récolte dans la mesures où les organismes stockeurs servent des compléments de prix. Par contre, ce phénomène est à pondérer par l’existence de nombreux contrats de cultures et de marchés, n’ayant pas anticipé cette envolé. Certains exploitants avaient déjà pré-vendu leur récolte avant le déclenchement du phénomène.

Cultures d’hiver

• Colza : La récolte est bien moyenne cette année, aux environs de 27 quintaux. Cependant de fortes amplitudes ont été constatées, avec des moyennes d’exploitation pouvant monter à plus de 35 quintaux sur certains secteurs. Ces résultats sont assez décevants au regard de la « belle » végétation qui laissait espérer mieux. La chaleur et le manque d’eau du mois d’avril y ont contribué. D’autre part, le développement des maladies en fin de cycle a également pénalisé cette culture. A noter que sur certains secteurs, des orages de grêle ont fortement affecté les rendements.

• Orge d’hiver : Les résultats sont très hétérogènes : de 15 à 95 q/ha, avec une moyenne aux environs de 50 quintaux. Les conditions climatiques sont en cause mais aussi les pucerons, qui ont été actifs jusqu’en décembre et ont contaminé certaines parcelles en jaunisse nanissante. Un développement de rouille naine expliquent également la faiblesse des rendements de certaines parcelles non ou mal protégées malgré les avertissements et les consignes «Flash Cultures ». Pour les orges brassicoles, des problèmes liés à des taux de protéines trop élevés et de calibrage trop faible, sont aussi rencontrés.

• Blé : Les rendements sont plutôt faibles cette année avec une moyenne légèrement inférieure à 60 quintaux, mais avec une très grande hétérogénéité entre les parcelles. Comme pour les orges, les conditions climatiques d’avril, des attaques de pucerons et le développement de la rouille brune sont responsables de rendements très faibles sur certaines parcelles. D’une manière générale, les parcelles avec des sols superficiels auront été très pénalisées par la sécheresse d’avril.

Le poids spécifique des blés s’est fortement dégradé avec les pluies importantes qui ont empêché le bon déroulement des récoltes. Par contre le potentiel de rendement limité a engendré l’élévation des taux de protéines.

• Paille : la paille a été récoltée en faible quantité (- 30 %) et présente une qualité médiocre.

Cultures de printemps

• Maïs et tournesol : Le manque d’eau de ce printemps a eu comme conséquence des levées hétérogènes dans la majorité des parcelles. Les fortes précipitations reçues depuis début mai ont permis une alimentation hydrique excellente qui ont induit un développement végétatif important. Pour preuve, les tournesols sont très hauts cette année, ce qui entraîne des risques de verse accrus. Cependant, les premières parcelles de tournesol qui ont été récoltées voient leurs rendements supérieurs à 30 quintaux. [ NDLR : aujourd'hui, on observe également des rendements de 20-25 quintaux sur certaines parcelles]. Les accidents de travail du sol au printemps se sont révélés déterminants au regard des rendements.

En ce qui concerne les maïs, leur potentiel de rendement semble aujourd’hui assez bon (80 quintaux).

• Orge de printemps : Les rendements sont très faibles cette année, y compris en culture irriguée. Ils devraient approcher 40 quintaux, avec des taux de protéines élevés.

• Cultures spéciales :

Pois : Mauvaise récolte : inférieure à 60 quintaux/hectare

Haricots verts : Année moyenne : 12 à 13 tonnes/hectare

Betteraves : Bon tonnage attendu avec, pour l’instant, un faible taux de sucre et un espoir d’évolution positive en fonction de la météo de début d’automne dans les parcelles non touchées par la cercosporiose.

L’augmentation des cours des céréales et donc des aliments du bétail va fortement impacter les productions porcine, avicole, veaux de boucherie ainsi que la complémentation en concentrés des élevages ovins, bovins et caprins.

Fourrages

• En plaine : Les foins réalisés tôt n’ont pas permis d’engranger de fort volume de fourrage mais ils sont de bonne qualité. Ceux réalisés plus tardivement ont produit d’importantes quantités de fourrage mais avec des qualités très hétérogènes.

• En zone plateaux : La récolte de foin s’est étagée jusqu’à la fin août d’où une qualité très hétérogène et une qualité globale des tas de foin engrangé plutôt médiocre. Les quelques parcelles de regain sont encore en cours de récolte donnant un fourrage de qualité avec néanmoins des rendements assez faibles. De nombreuses parcelles habituellement récoltées en 2 coupes ne pourront faire l’objet que d’une seule. Les rendements en céréales sont jugés dans la moyenne habituelle. Sur le plan de l’alimentation des troupeaux au cours de l’hiver prochain, la qualité de la ration de base devra faire appel à un surcroît de complémentation en concentrés. Ce surplus, combiné à l’augmentation actuelle des prix des aliments, devrait fortement impacter le prix de revient du lait.


En bref…

Vigne : maturité atteinte

Maturité pour l’instant très moyenne favorable à la récolte destinée à l’élaboration des vins en crémant. Malgré une forte dégradation du feuillage dans de nombreuses parcelles, les conditions météo favorables de début septembre et l’état sanitaire relativement stable sur grappe laissent espérer une élévation des taux de sucre, bien que la vigne approche de la fin du cycle végétatif. La maturité phénolique semble avancer, ce qui peut présager une élaboration de vins tranquilles de bonne qualité à partir des vendanges ayant atteint un degré alcoolique suffisant.

Forêt : état sanitaire préoccupant

L’état sanitaire de l’épicéa est toujours préoccupant avec le maintien du problème de scolytes en zone premier et deuxième plateaux. S’y ajoute l’observation récente de rouille sur peupliers. Le début des ventes de bois à la mi-septembre devrait probablement confirmer la tendance à la hausse des cours observée depuis un an et demi.


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