C’est sous la présidence de Daniel Prieur qu’a eu lieu l’assemblée générale de la Fredon. A l’ordre du jour, campagnols, chrysomèle et flavescence dorée… trois ravageurs qu’il faut tenir sous contrôle, tandis que les moyens financiers se réduisent.
L’année 2006 marque un tournant pour le Fredon, comme l’a indiqué son président Daniel Prieur, dans son introduction à l’assemblée générale, qui se tenait au lycée Granvelle, à Dannemarie-sur-Crête, le 19 septembre dernier : « C’est une année de transition, qui marque la fin du plan de lutte régional contre le campagnol terrestre initié en 2002, ce qui signifie une diminution du personnel et moins de moyens. De plus, la Fredon doit désormais s’adapter à une nouvelle mécanique, celle des appels, ce qui génère beaucoup de tâches administratives, difficiles à financer. » Amer, Daniel Prieur a également regretté que le tarissement des financements européens n’ait pas été suivi par la création d’emplois à temps plein, sur les fonds publics, pour prendre le relais. D’autant que « le travail n’est pas terminé ! La lutte raisonnée doit continuer à alimenter des travaux de recherche. On observe des phénomènes bizarres, comme cette année l’explosion des populations de campagnols entre la première et la deuxième coupe. Il faudrait aussi explorer la voie du machinisme agricole, en impliquant des acteurs de ce secteur. »
Alain Maraval, directeur de l’agriculture et de la forêt, devait d’ailleurs en conclusion de cette réunion s’engager à pousser ce dossier, notamment en impliquant le Legta de Vesoul. 2006 a été également caractérisée par une pullulation extrême de campagnols dans certains secteurs, suite à un hiver particulièrement enneigé, et de gros dégâts sur les prairies. « La vigilance reste de mise pour contrôler les populations et les maintenir à bas niveau. Cela passe par l’investissement de chaque éleveur dans le suivi de ses prairies. Il serait dramatique pour l’environnement et contre-productif de revenir à des pratiques antérieures, non raisonnées. L’emploi de la bromadiolone reste d’actualité dans le dispositif de lutte, mais à des doses homéopathiques, moins d’un kilo à l’hectare ! », insiste le directeur de l’Agriculture et de la Forêt.
Contre la chrysomèle, la rotation
Un autre dossier d’actualité, celui de la chrysomèle du maïs détectée au cours de cette campagne en Saône-et-Loire, sur la commune de Savigny-en-Revermont à une vingtaine de kilomètres du département Jura, a été évoqué largement. « Cette question montre l’importance d’avoir un réseau structuré et efficace, pour pouvoir éclairer les décisions administratives et communiquer efficacement en cas de problème. », souligne Daniel Prieur. Or si le financement des actions reste assuré, il n’en est plus de même pour les tâches administratives. « C’est pourquoi il est important de trouver des nouveaux partenariats et d’effectuer les rapprochements nécessaires pour conserver une force de frappe suffisante, et mieux valoriser les compétences techniques de notre équipe de techniciens. » D’ailleurs le compte de résultat, présenté par la directrice Valérie Labre, est cette année dans le rouge,à - 92 K euros.
Alain Maraval a, pour sa part, souligné la nécessité de repenser la rotation, mode de lutte prioritaire contre ce prédateur du maïs. « Il est possible, compte tenu du dispositif de piégeage assez léger cette année dans la région (on attendait la chrysomèle par le nord), que des insectes aient échappé à la surveillance et que la chrysomèle soit déjà présente en Franche-Comté. De toute façon, ce sera certainement le cas dans les prochaines années. On a vu comme la fièvre catarrhale ovine s’est répandue comme une traînée de poudre cette année ! Dans le cas de la chrysomèle, c’est la rotation qui permet à 80% de contrôler ce ravageur. Si les larves présentes sur une parcelle ne trouvent pas de maïs l’année suivante, elles dégénèrent. Le but de l’État, c’est d’éviter que la situation n’évolue comme aux États-Unis. Nous sommes prêts à étudier les situations particulières au cas par cas, à appuyer les agriculteurs qui rencontrent des difficultés dans leur assolement. »
Enfin, la menace de la flavescence dorée pèse sur le vignoble jurassien, encerclé de toute part par des vignobles déjà concernés (Savoie au sud, Bourgogne à l’ouest, Valais à l’est, et Alsace au nord), d’autant plus que son vecteur, la cicadelle jaune, est déjà sur place à forte densité. En 2006, la Fredon est également intervenue sur de nombreux sujets, tels que la qualité des eaux, en lien avec la SRPV, l’expérimentation en grandes cultures (efficacité comparée des traitements phytosanitaires, essais de pratiques alternatives au désherbage chimique, etc.), l’édition de flashs cultures, ou encore la communication auprès des jardiniers amateurs et des collectivités locales.
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