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Christina Jacoby-Koaly, directrice de la Fredon de Guadeloupe, et Guy Balagne, président, ont brossé le tableau des principaux ravageurs de l’île |
Une délégation de la Fredon de Guadeloupe a fait le voyage en Franche-Comté pour y étudier de plus près la stratégie de maîtrise du campagnol. L’agriculture guadeloupéenne est effet confrontée à la pullulation de rats.
Un petit vent tropical (mais heureusement pas un cyclone) soufflait cette année sur l’assemblée générale de la Fredon. En effet une délégation guadeloupéenne était présente, à l’occasion d’un voyage d’étude en Franche-Comté, pour s’informer de la lutte contre les campagnols terrestres.
L’occasion pour les participants à l’assemblée générale de découvrir les réalités de l’agriculture de ce département d’Outre-Mer, composé de quatre îles, et en particulier des ravageurs présents. Christina Jacoby-Koaly, directrice de la Fredon de Guadeloupe, et Guy Balagne, président, se sont relayés pour dépeindre la situation. « La Guadeloupe se caractérise par un climat tropical humide, une flore et une faune riche, un volcan actif… et une forte insularité. » Cette situation d’éloignement (7 000 km de la métropole) a des répercussions sur l’agriculture : « Le prix des intrants est élevé, tandis que nous devons faire face à la concurrence de la zone ACP (pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique) pour nos productions, en particulier la banane. » Les exploitations ont en moyenne une SAU de 4 ha, et la surveillance des ravageurs est du ressort des sept GEDONS intercommunaux.
Le touriste, vecteur de maladies !
Autre spécificité, liée cette fois à la vocation touristique des Îles, la Fredon travaille en étroite collaboration avec… les douanes ! « Chaque année, précise Christina Jacoby-Koaly, plus de trois tonnes de végétaux sont saisies à l’aéroport. Le risque est élevé d’importer des organismes nuisibles via les circuits touristiques : achatie, mineuse des agrumes, cochenille rose… » Certaines maladies, déjà présentes dans l’archipel des Antilles, menacent directement l’agriculture guadeloupéenne. Il s’agit de la cercosporiose noire du bananier, du jaunissement mortel du cocotier et de la mouche du fruit. Ces ravageurs remettraient pour la plupart en cause la rentabilité économique des cultures d’exportation, au vu du coût élevé des traitements phystosanitaires, quand ils existent.
Enfin les rats occasionnent des dégâts aussi bien sur les cultures de canne à sucre et d’ananas, que dans les bananeraies ou les cultures vivrières. « L’intérêt de notre visite en Franche-Comté, c’est que cette lutte contre les rats doit avoir une dimension collective et être conduite sur le long terme pour être efficace. On trouve des rats aussi bien en zone rurale qu’en milieu urbain, et en plus des pertes économiques, ils présentent des dangers pour la santé humaine, car ils sont vecteurs de maladies graves comme la leptospirose. Nous allons nous inspirer du schéma franc-comtois pour mettre en place notre réseau de surveillance. », précise la directrice, avant de remercier l’équipe « campagnols » de la Fredon pour la qualité de son accueil dans la région.
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