Le Jura Agricole et Rural
OGM, les JA déclinent leur position
Finale nationale des labours
Jura agricole et rural
Publié le:  27 septembre 2007
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Michel Barnier a évoqué la rénovation du parcours à l’installation, qualifié de plan de professionnalisation

La 54e édition de la finale du championnat de labours s’est déroulée à Masseube, dans le Gers, du 14 au 16 septembre. Un grand succès populaire et un consensus entre les idées syndicales et les convictions ministérielles.

Un soleil de plomb a permis à l’organisation des JA du Gers de déplacer près de 70 000 visiteurs pour la 54e finale nationale de labour. Une opération de communication parfaitement réussie, qui a commencé dès le 14 septembre par une table ronde sur le thème des néo-ruraux. Ou plus exactement sur les liens « intelligents » à entretenir entre agriculteurs déjà présents sur les territoires et nouveaux arrivants.

Christophe Dugros, président des Jeunes Agriculteurs du Gers, a rappelé le contexte local : « Le département du Gers, souvent envié pour sa diversité de production et d’élevage, rend beaucoup plus difficile le travail d’un syndicaliste surtout lorsque l’on se trouve dans une année charnière entre nouvelles réglementations et nouvelles enveloppes vides. » Évoquant les filières – la viticulture a souffert de ne pas connaître ses quotas de vin blanc et de la grêle, l’élevage a connu des difficultés de stockage des fourrages… –, il s’est arrêté ensuite sur le prix des matières premières (pétrole, engrais, fer, gaz…) qui « n’a cessé d’augmenter sans que l’État ne bouge aujourd’hui le petit doigt. »

Philippe Meurs, président des JA, a insisté sur « les valeurs de partage, de mutualisme et d’équité » animant tout son réseau, en s’arrêtant particulièrement sur « la solidarité, dont nous avons besoin par les temps qui courent ». Il a abordé les suites du cyclone Dean dans les Antilles, puis les crises sanitaires dans leur ensemble, mais plus particulièrement la fièvre catarrhale ovine (FCO). Philippe Meurs a aussi souligné les efforts à accomplir pour vivre en symbiose avec les néo-ruraux : « Ce sont les habitants d’hier et de demain qui sont les véritables richesses de notre pays. À nous tous de construire ensemble des principes d’accueil et de bon voisinage fondés sur un respect mutuel. »

Transparence sur les OGM

Évoquant le Grenelle de l’Environnement, le président des JA a regretté qu’il ne s’agisse pas plutôt du « Grenelle du développement durable, prenant en compte non seulement le respect de l’environnement, mais également les conséquences économiques et sociales. » Et de décliner la position des JA sur les OGM : « Nous voulons une recherche audacieuse et moins idéologique. (…) En tout état de cause, les agriculteurs devraient avoir le choix de ne pas faire d’OGM avec l’assurance de préserver des filières séparées et identifiables. Les maîtres mots d’une future loi sur les OGM doivent être «transparence » et « rigueur ».

Concernant la hausse des matières premières, elle est liée « avant tout aux produits à base de céréales, et qu’elle fait suite à 5 ans de baisse consécutive », a précisé Philippe Meurs.

Sur l’installation, enfin, le président des JA a repris les propos tenus par Nicolas Sarkozy lors du Space de Rennes quelques jours plus tôt : « Il faut accompagner les jeunes agriculteurs qui veulent en masse créer leur entreprise », a déclaré le Président de la République. « Nous prenons volontiers ces discours aux mots », a commenté Philippe Meurs.

« Plan de professionnalisation »

Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, a répondu sur les enveloppes à l’installation, estimées insuffisamment abondées : « Au 31 août, 42,8 millions (ndlr, d’euros) de prêts JA ont été accordés, contre 32 millions l’année dernière à la même époque », a-t-il affirmé, ajoutant qu’une nouvelle enveloppe de « 11 millions d’euros » venait d’être débloquée. Il a également abordé « la rénovation du parcours à l’installation », qu’il qualifie de « plan de professionnalisation ». Il est expérimenté dans cinq départements pilote, et sera élargi à l’ensemble du territoire au 1er janvier 2008. Michel Barnier a en outre rappelé les efforts récents de l’État sur les dossiers des bassins versants bretons et du plan bâtiment d’élevage. Il a aussi « repris à (son) compte les termes de « transparence » et « rigueur » pour la future loi sur les OGM. » Il a enfin assuré les JA de sa vigilance dans les discussions de l’OMC.


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