Faire reconnaître officiellement ses compétences obtenues par un diplôme, c’est possible. Une loi de 1992, rénovée en 2002 en fixe les dispositifs. Explications et témoignage d’un bénéficiaire, Dimitri Catry.
« Apprendre sur le tas ». L’expression est inesthétique. Il n’empêche qu’aujourd’hui, la VAE (validation des acquis par l’expérience) accrédite le fait qu’on peut apprendre un métier par l’expérience aussi bien que sur les bancs de l’école. La validation officielle requiert bien sûr un dossier « béton » et le passage devant une commission de professionnels.
« Un travail agréable »
Installé à Marennes dans le Lyonnais, Dimitri Catry en a bénéficié en 2006. Après une dizaine d’années à exercer, en tant que salarié, dont trois ans dans l’encadrement d’autres salariés, il a souhaité faire reconnaître ses acquis par un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BP REA). « Comme je n’avais pas de diplôme, je n’avais aucun accès direct à une formation en agriculture biologique. C’est pourquoi, sur les conseils du point infos installation, je me suis tourné vers la VAE ». Un engagement pris au moment de son installation en 2004. « Ça a été long car je devais préparer parallèlement mon dossier et lancer mon activité. J’en profitais surtout l’hiver ».
Concernant le contenu, il fallait être capable d’expliquer avec précisions les situations professionnelles d’un point de vue technique, de l’encadrement, etc. « Il m’a fallu deux ans, mais c’était agréable. C’est bien de prendre le temps de se poser et de réfléchir sur sa propre activité », souligne Dimitri. Le dossier est ensuite présenté devant un jury de professionnels, « tout à fait adapté et sérieux. Ils posent des questions concrètes, par exemple au niveau de la comptabilité de l’entreprise ».
Validation totale ou partielle
Pour le maraîcher, les objectifs de l’obtention de ce diplôme étaient multiples : les avantages à l’installation (priorité d’accès aux terrains agricoles, etc.), les aides financières et aussi « pour soi, c’est une reconnaissance appréciable », confie-t-il.
Le résultat de l’installation est plutôt probant. L’Earl du Champ est devenu un Gaec, déjà en recherche d’un troisième associé. « Pour améliorer nos conditions de vie, ne pas travailler tous les week-ends».
Les VAE sont accessibles aussi pour les non-salariés et les bénévoles avec une expérience minimum de trois ans. La validation peut être totale si le candidat possède toutes les compétences exigées. Elle peut aussi être partielle. Le candidat a alors cinq ans pour suivre un complément de formation, acquérir une nouvelle expérience qui donnera lieu à un nouvel examen par le jury.
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