|
Michel Fayard, éleveur laitier à Chuyer, a participé à une formation sur le thème de la gestion du temps et de l’organisation du travail |
En 2006, quatorze agriculteurs de la Loire ont participé à une formation sur le thème de la gestion du temps et de l’organisation du travail. Ces journées de stage ont été mises en place à l’initiative du parc du Pilat, en collaboration avec la Chambre d’agriculture de la Loire et d’autres partenaires.
Mieux s’organiser et être plus efficace pour dégager du temps, ne pas être constamment à la course, se fixer des objectifs en se donnant les moyens de les atteindre… Tel est le fil conducteur de la formation proposée gratuitement aux agriculteurs de la Loire et du Rhône par le parc naturel régional du Pilat, dans le cadre de son programme d’actions sur les conditions de vie et de travail. Cette problématique apparaît comme une clé de durabilité des exploitations agricoles, et force est de constater que le maintien des activités agricoles passe également par une meilleure attractivité du métier auprès des jeunes candidats à l’installation.
En 2006, deux stages, d’une durée de quatre jours, ont été organisés avec la participation d’agriculteurs de la Loire (essentiellement des éleveurs) et l’intervention de Jean-Claude Viou, formateur spécialisé en organisation du travail et en gestion des ressources humaines. La session, échelonnée sur plus d’un mois, permet aux participants d’échanger et de prendre du recul par rapport à l’organisation de leur travail et à leur gestion du temps.
Améliorer la qualité de vie
Selon Aude Guitton, chargée du programme d’actions au parc du Pilat, « c’est une opportunité d’acquérir une capacité d’analyse des situations du quotidien, pour mieux les vivre et adapter progressivement ses pratiques professionnelles à ses objectifs à long terme. Il s’agit de mieux s’écouter et d’apprendre à écouter les autres, chacun venant avec sa vision du métier, ses objectifs, ses habitudes de travail et ses goûts, l’idée étant de déceler des clés dans l’efficacité de son système d’exploitation et dans l’amélioration de sa qualité de vie ».
Michel Fayard, producteur laitier à Chuyer (Loire), s’est installé il y a dix ans sur une exploitation individuelle, à la suite du départ en retraite d’un tiers. Originaire de la Haute-Loire et issu du milieu agricole, il a travaillé auparavant comme ouvrier en imprimerie. Aujourd’hui, il élève seul environ trente vaches laitières, son épouse ayant un emploi à l’extérieur de la ferme. Au printemps 2006, il a participé à la formation sur les conditions de travail en agriculture.
Voir comment mieux s’organiser
« Cela m’a permis de voir comment mieux s’organiser, et le fait d’échanger avec d’autres éleveurs laitiers, il faut reconnaître que c’était vraiment enrichissant », dit-il. « Cette formation aide à prendre de la hauteur par rapport à son exploitation, à se remettre en question, à se demander pourquoi on travaille de telle manière et comment faire pour améliorer ses méthodes de travail ». Pour lui, il est important aussi de pouvoir consacrer du temps à sa vie de famille et notamment à ses deux filles de quatre et sept ans qu’il emmène à l’école deux fois par jour. Cet été, Michel Fayard a fait appel au service de remplacement afin de partir quelques jours en vacances en famille.
Face à l’astreinte de la traite, il a décidé, depuis trois ans, de pratiquer la monotraite en fin de lactation, à savoir de mi-mai à mi-juillet cette année. A présent, cet éleveur est en train de réaliser son projet d’agrandissement et de mise aux normes du bâtiment d’élevage, en ayant bien en tête d’automatiser au maximum l’alimentation du troupeau et de faciliter le nettoyage de la stabulation, toujours dans le but de gagner du temps et de réduire la pénibilité du travail.
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




