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Étienne Garret a présidé l'assemblée générale, aux côtés de Michel Jacquet, le directeur de Franche-Comté Animaux |
La coopérative Franche-Comté Animaux tirait, le 27 octobre dernier, le bilan de l’année 2006. Un exercice marqué par le recul du secteur ovin, des niveaux de prix historiquement bas, et le poids croissant du poste carburant, qui vient tasser les marges.
Le 27 septembre dernier, les adhérents de la coopérative Franche-Comté Animaux se sont réunis à Domblans, sous la houlette de leur président Étienne Garret pour faire le bilan de l’année écoulée. Une assemblée générale différée de quelques mois pour une raison de force majeure... puisqu’un incendie a ravagé les locaux au début de l’année, ce qui a compliqué le travail pour arrêter les comptes. « Je tiens à remercier le personnel pour ses efforts méritoires », soulignait le président dans son rapport moral, avant de brosser un rapide tableau de la situation générale. Une nouvelle éleveuse ovine est entrée dans le conseil d’administration : Diane Ménière, à Ormoy en Haute-Saône. Un peu plus d’un an après sa reconnaissance officielle comme opérateur dans le secteur équin, qui avait motivé le changement de nom et de logo, la vocation « multi-espèces » de la coopérative Franche-Comté Animaux (anciennement Agneaux) est confirmée par le volume croissant de l’activité équine. Si le nombre d’adhérents en production ovine reste stable à 77, avec dix départs et sept adhésions au cours de l’exercice écoulé, l’activité commerciale était en baisse en 2006, avec 36 349 ovins commercialisés par la coopérative et sa filiale la Sarl « Les bergers francs-comtois », soit 2 500 de moins que lors de l’exercice précédent. Les agneaux finis sont la principale catégorie en importance, à hauteur de 31 644. Parmi ceux-ci, 25% sont des agneaux d’herbe finis en bergerie, 65% des agneaux de bergerie intégrale (nés et engraissés en bergerie) et 10% des agneaux d’herbe.
La piste du désaisonnement
Structurellement, le pic de production d’agneaux se situe sur les mois de février, mars et avril, période où les cours sont relativement bas, tandis que pour les mois d’octobre, novembre et décembre, c’est une relative pénurie : « Il y a là une opportunité pour de jeunes éleveurs, sans a priori, qui voudraient conforter leur revenu en désaisonnant une partie de leur production », a lancé Michel Jacquet, le directeur de la coopérative, après avoir regretté l’échec de toutes les tentatives conduites jusqu’à présent pour inciter les éleveurs à produire de telle sorte. Il a également souligné les difficultés croissantes à commercialiser, d’une part les agneaux trop lourds (au -delà de 23 kg) et d’autre part, les brebis de réforme trop âgées : « il semble que dans la région, on fait davantage vieillir les brebis que ce qui se pratique ailleurs... »
La Sica Grillon reste le principal débouché de la coopérative, et absorbe 40% des agneaux finis. Côté client, l’incertitude concernant l’avenir de la société Belot SA (18% des achats d’agneaux
finis), et la fermeture d’Arcads, incite les dirigeants à la prudence, même si la nouvelle de la reprise de l’abattoir de Besançon par Franche-Comté Élevage redonne de la valeur à l’entreprise Belot SA. 58 élevages ont bénéficié d’un appui technique, assuré par Christelle Peltier. Elle accompagne également les éleveurs engagés dans les démarches qualité : Terre d’Agneau, Agneau de l’Adret et Agneaux de nos contrées. Michel Jacquet a souligné l’intérêt de telles démarches, qui permettent de se démarquer d’un agneau européen standard, face auquel il est impossible d’être concurrentiel en terme de prix.
+37% d’activité équine
Reconnu officiellement comme organisation de producteurs dans le secteur équin, depuis le 25 novembre 2004, la diversification d’activité s’est concrétisée par la construction d’un centre d’allotement équin inauguré en mai 2006. Les volumes d’activité dans ce secteur ont poursuivi leur croissance à deux chiffres (+ 37%, soit 3 600 équidés commercialisés), avec une zone de collecte qui couvre désormais 34 départements français, du Jura aux Pyrénées en passant par le Massif Central. Ce secteur emploie neuf salariés. 150 éleveurs adhérent désormais à Franche-Comté Animaux. « C’est sans doute la dernière année que la croissance est si forte, je pense que cela va se stabiliser au cours des prochains exercices », tempère le directeur, avant de détailler le projet filière, dont l’objectif affiché est de structurer l’approvisionnement en poulains gras destinés à l’abattage (cahier des charges, planning des ventes) tout en essayant de mettre en place un circuit commercial avec l’Italie pour les exportations, non plus en vif, mais en carcasses. « Nous avons fait une demande de financement pour l’embauche d’un commercial expérimenté auprès de l’Office de l’élevage et du Conseil général du Jura. » L’Italie est le principal débouché, avec 3 006 chevaux exportés en 2006, soit 84,2% des ventes. Enfin un atelier de découpe a été mis au point pour la commercialisation de poulain en caissettes sous vide. Il s’agit d’une part de proposer ce conditionnement aux grandes et moyennes surfaces, et d’autre part de faciliter la distribution de poulains sous cette forme des éleveurs à leurs proches (famille, voisins...). Étienne
Garret a fait part de ses craintes pour l’avenir de la consommation équine « aux États-Unis, qui souvent sont des précurseurs, les associations de défense des animaux sont parvenues à faire interdire l’abattage des chevaux pour la consommation humaine ! »
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