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Le jeune animal doit ingérer l’équivalent de 2 UFL par jour pour un sevrage réussi |
La phase qui va du vêlage au sevrage est primordiale en terme d’alimentation des veaux : de sa réussite dépend en partie la carrière de la future laitière.
Un mauvais veau n’a jamais fait une bonne vache ». Désormais, cette expression est vérifiée : une étude conduite sur la ferme expérimentale de l’Inra à Trévarez dans le Finistère met en évidence un lien entre les taux de croissance des veaux durant la période de 0 à 6 mois sur la longévité de la future vache.
« Pour des GMQ de 700 g, on a un taux de réforme de 50% sur les deux premières lactations, contre 30% pour un GMQ supérieur à 825 g. » Mieux, les vaches qui ont le gain de poids quotidien le plus important (> 900 g) durant les six premiers mois de leur vie sont celles qui produisent le plus pendant leurs premières lactations, différence qui finit par s’estomper. Mais comment atteindre les 900 g/ jour ? « Il faut avant tout éviter tout problème sanitaire. Tous les paramètres, sanitaire, qualité du logement, alimentation lactée – attention à la température -, moment du sevrage, doivent être gérés de manière optimale », explique Dominique Caillaud, de l’Institut de l’élevage.
Or les pratiques des éleveurs en matière d’élevage des veaux sont très hétérogènes. Aussi bien pour ce qui est du délai de distribution du colostrum (20% optent pour une distribution immédiate, 18% moins de 4 heures après le vêlage, et 62% à la traite suivante, selon une enquête réalisée dans le Jura), que pour le type de logement (27% de box collectifs, 28% de box individuels, 9% à l’attache derrière les vaches laitières, et 36% attache entrave, toujours selon cette enquête jurassienne).
Distribution du colostrum
« L’élevage des veaux correspond à une partie importante du travail d’astreinte, en terme de main-d’œuvre, et demande une bonne technicité. » Tout commence, sans aucun doute, par la distribution du colostrum. En plus de sa valeur nutritionnelle élevée, cette sécrétion épaisse, crémeuse et jaunâtre récoltée du pis après le vêlage contient aussi des anticorps indispensables pour protéger le nouveau-né contre de nombreuses infections qui peuvent provoquer des diarrhées et d’autres problèmes de santé. La concentration d’anticorps dans le colostrum est en moyenne de 6% (6 g/100 g), mais varie de 2 à 23%.
Sur un plan qualitatif, une période de tarissement trop courte (moins de 4 semaines), le vêlage prématuré, la traite avant le vêlage, ou la perte du colostrum avant le vêlage nuisent à la concentration du colostrum en anticorps. Par ailleurs, on sait que la vache adulte produit un colostrum plus riche et plus diversifié en anticorps que la primipare. Bien sûr, la qualité de l’alimentation de la vache tarie va influer sur la qualité du colostrum. La rapidité d’administration est importante : l’efficacité de l’absorption des anticorps par le veau diminue en effet rapidement pendant les heures qui suivent la naissance.
Un pourcentage croissant d’anticorps est détruit par digestion et, en même temps, leur taux d’absorption diminue à mesure que les cellules intestinales deviennent imperméables aux grandes molécules. On considère qu’en moyenne 24 heures après la naissance, les veaux ont perdu toute capacité d’absorption des anticorps.
Préparer le sevrage
Deuxième étape clé dans la vie du veau, la préparation au sevrage. « Chez le petit veau, le rumen doit se développer rapidement et passer en quatre mois d’un volume de deux à 10 litres, précise Dominique Caillaud. Le développement doit à la fois porter sur la surface d’absorption du rumen, c’est-à-dire les papilles, grâce à l’apport d’un concentré pas trop finement broyé, et sur le volume, à travers l’apport d’un fourrage grossier. Il faut veiller à ce que l’accès au foin soit facile (attention à la hauteur du râtelier). Sans oublier non plus l’accès à l’eau. »
Le sevrage intervient au minimum cinq semaines après la naissance, mais ce sont les quantités ingérées par le veau sont le critère décisif en matière de prise de décision. Le jeune animal doit ingérer l’équivalent de deux UFL par jour, pour un sevrage réussi. Aussi, le choix du box individuel offre à ce titre un avantage considérable par rapport aux solutions collectives, puisqu’il permet de suivre précisément les quantités réellement absorbées.
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