Avant la discussion parlementaire sur la loi de Finances pour 2008, la FNSEA a invité les parlementaires pour les sensibiliser sur les principales lacunes du projet du budget de l’agriculture, le manque de moyen pour gérer les crises et le déficit abyssal du fonds des prestations sociales agricoles.
Il n’y a rien pour gérer la moindre crise » s’est exclamé Jean-Michel Lemétayer à la cinquantaine de parlementaires qui avaient répondu à l’invitation de la FNSEA, le 2 octobre à la veille du débat parlementaire sur le budget de l’agriculture pour 2008.
Avec 4,97 milliards d’euros, le budget 2008 s’inscrit en baisse de 2 % en monnaie courante par rapport à celui de 2007.
Première ligne sacrifiée, celle des offices qui avec une dotation en baisse de 67 millions d’euros ne disposent plus d’aucune marge de manœuvre pour faire face à d’éventuelles crises et engager des mesures d’intervention structurantes. Il en est ainsi également pour les enveloppes des dispositifs Agridiff et du Fonds d’allégement des charges qui sont diminuées drastiquement par rapport à l’an dernier (respectivement de 50 % et de 15 %) et qui visent à aider les exploitations en difficulté et à pallier les crises imprévisibles en prenant en charge une partie des intérêts d’emprunts.
Quant à l’assurance récolte dont l’enveloppe augmente de deux millions d’euros pour atteindre 32 millions d’euros, elle reste peu incitative, estime Philippe Pinta, surtout si on la compare « aux 260 millions d’euros mobilisés par l’Etat espagnol ».
Deuxième grande lacune de ce projet de budget 2008, la quasi-disparition des prêts bonifiés, à l’exception des prêts destinés aux jeunes agriculteurs. A un moment où les taux d’intérêt recommencent à augmenter, la FNSEA juge ces économies peu judicieuses. Et si les enveloppes de la prime à la vache allaitante (part française) et de la sélection génétique sont reconduites, elles restent insuffisantes pour assurer la compétitivité de l’élevage français. Idem pour le plan bâtiment d’élevage qui a certes bénéficié d’une rallonge de 23 millions d’euros, mais ceci s’accompagnant d’une réduction du taux des subventions. Et que dire de la disparition de la mesure rotationnelle pour protéger la biodiversité et de la promesse non tenue depuis 2003 d’une revalorisation de 50 % de l’ICHN pour les 25 premiers hectares ?
Grenelle de l’environnement
Autre dossier explosif, celui du Fonds de financement des prestations sociales agricoles (FFIPSA). Si rien n’est fait, il affichera fin 2008 un déficit cumulé de 8,54 milliards d’euros. « La situation n’est plus tenable » a insisté Jean-Bernard Bayard.
La FNSEA n’a pas manqué non plus d’interpeller les parlementaires sur les suites qui seront données au Grenelle de l’environnement. La centrale syndicale craint que les engagements qui avaient été pris par Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin de porter à 7 % le taux d’incorporation des biocarburants en 2010 ne soient pas tenus. « On ne retrouve plus les carburants de première génération » dans les conclusions du Grenelle, s’étonne Xavier Beulin. Seuls sont évoqués ceux de la deuxième génération qui n’arriveront au mieux qu’en 2015.
De même, il craint qu’un moratoire de fait sur les OGM soit imposé pendant une longue période, si la loi promise n’est pas adoptée rapidement. Quant au plan de réduction des pesticides également proposé par le Grenelle, la FNSEA préférerait se donner les moyens de les diminuer progressivement par des conseils aux agriculteurs et une modification des pratiques agricoles. Plutôt que de décréter un objectif chiffré de 50 % qui risque de ne pas être atteint.
La balle est maintenant dans le camp des députés et sénateurs pour convaincre le gouvernement de la pertinence des demandes de la profession agricole.
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