Le Jura Agricole et Rural
La ration sèche testée et comparée sur cent laitières
En Haute-Marne
Jura agricole et rural
Publié le:  11 octobre 2007
Page 15 

Au Gaec 2000, le contrôle laitier et la chambre d’agriculture de Haute-Marne se sont unis pour mettre en place un test « grandeur nature » sur les rations sèches.

Les cent vaches de l’élevage ont été séparées en deux lots les plus homogènes possibles pour comparer « ration sèche » et « rations maïs ». cinquante vaches reçoivent une ration concentrée composée de 6 à 7 kg de foin et de 19 à 20 kg de concentrés. Les cinquante autres sont nourries avec une ration mélangée à base d’ensilage de maïs (12 à 13 kg MS), d’enrubanné (3 kg MS), de tourteau de colza (5 kg) et de tourteau colza tanné (1,2 kg).

« Ces deux rations sont bien calées, précise Philippe Gillet du Contrôle laitier, mais elles ne sont ni iso énergie ni iso protéines ». En effet, la ration concentrée permet une production théorique de 40 kg de lait par les UFL et 44 kg par les PDI. Ces niveaux sont supérieurs de 10 kg environ à ceux de la ration maïs.

Des différences apparaissent

Sur la durée de l’essai, la ration concentrée, comparée à la ration maïs, procure 4 kg de lait par vache en plus, d’où un niveau d’étable à + 1 075 kg. Le TB et le TP baissent respectivement de 3,4 g/kg et de 0,3 g/kg. Le taux cellulaire est en augmentation de 65 000 cellules. Cela peut être la conséquence de la mise en lot.

La fertilité reste la même. L’écart vêlage - IA fécondante augmente de 23 jours car l’écart vêlage - première IA augmente. Ceci est dû à la hausse de production.

En matière de temps de travail, des postes importants disparaissent. Ce sont ceux liés à la récolte et à la distribution de l’ensilage de maïs.

Une rentabilité discutable

Une simulation compare les deux systèmes (118 vaches à 8 200 l vendu et 41 g/l de TB contre 107 vaches à 9 700 l vendu à 37 g/l de TB) en intégrant la suppression du maïs ensilage et la diminution des charges de mécanisation (économie de récolte et de distribution). Dans ces conditions, le troupeau en ration concentrée procure un produit supérieur au troupeau en système maïs (+30 ?/1 000 l). Mais les charges augmentent de 63 ?/1 000 l. L’EBE accuse finalement une baisse de 33 ?/ 1 000 l. L’impact est à nuancer en prenant en compte l’économie réalisée sur la mise aux normes du bâtiment et des silos. A long terme, le bilan économique s’améliore tout en restant négatif.


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