Questions à Frédéric Perrot, président de la FRSEA.
Le Jura agricole et rural (JAR) : Expliquez nous pourquoi il est important d’être présent au Grenelle de l’environnement ?
Frédéric Perrot (F.P.) : Je tiens d’abord à préciser sur la forme, que le mot «Grenelle» fait référence à une négociation entre le patronat et les syndicats de salariés, suite aux évènements de Mai 68. Par contre, le Grenelle de l’environnement, c’est une vaste consultation dont l’organisation a été confiée au ministère de l’Environnement et du Développement durable. Elle a été engagée dès le mois de juin par la mise en place de six groupes de travail. Ce découpage devait permettre de concentrer les échanges par thème : «environnement et énergie», «environnement et santé», «mode de consommation et de production durable»… avec des groupes de travail transversaux comme celui sur les déchets, ou les OGM. Au niveau national, nos organisations agricoles ont participé activement à tous les débats avec les autres secteurs d’activité, les collectivités territoriales, et les organisations environnementalistes.
La synthèse de ces travaux a été présentée le 27 septembre et les principales conclusions viennent d’être soumises au débat à l’occasion de réunions régionales, dont celle de Besançon le 8 octobre. Par ailleurs, un forum a été ouvert sur internet pour que tous ceux qui veulent donner leur avis sur ces questions puissent le faire. Même si toutes ne concernent pas directement l’agriculture, rares sont les domaines qui ne touchent notre secteur d’activité d’une façon ou d’une autre. Notre participation au débat est indispensable pour faire prendre en considération des réalités pas toujours bien connues en dehors du monde agricole.
JAR : À ce stade de la consultation quel est votre sentiment ?
F.P. : Ce «Grenelle» a déjà eu le mérite de confronter les points de vue et de permettre la recherche de positions consensuelles. L’objectif du développement durable, c’est concilier trois domaines qui paraissent antagonistes : l’économie, l’environnement et le social. Tous les experts s’accordent pour dire qu’il ne faut pas moins de production agricole, mais plus de production pour faire face à la démographie de la planète qui croît de 60 millions d’êtres humains chaque année (soit l’équivalent de la population française).
Le groupe de travail national plus spécialement chargé des modes de productions durables propose de favoriser «une agriculture productive à haute valeur environnementale». Il y a consensus sur cette formule, car nous sommes d’accord sur le principe de produire plus avec moins d’intrants. Mais il faut pouvoir proposer aux agriculteurs, des variétés plus résistantes aux maladies et aux aléas climatiques, ou des itinéraires techniques et agronomiques mieux adaptés. Accélérer la recherche dans cette direction est aussi une position consensuelle.
JAR : Avez-vous un autre message à faire passer ?
F.P. : En tant que responsable syndical, je ne perds pas de vue que, s’il était important de participer aux débats à Besançon dans un état d’esprit constructif, notre avenir se dessine aussi à Bruxelles et dans les négociations internationales à l’OMC. à l’issue du processus du Grenelle de l’environnement, les arbitrages qui seront rendus à Paris ne doivent pas nous affaiblir mais nous renforcer dans le cadre de la compétition mondiale.
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