Frédéric Perrot, président de la FRSEA, revient sur la convention de partenariat «Agriculture et faune sauvage» entre agriculteurs et chasseurs, signée le jour du Grenelle de l’environnement. Exemple d’une action concrète pour la biodiversité.
Le Jura agricole et rural (JAR) : C’est un peu surprenant de voir agriculteurs et chasseurs signer une convention sur le petit gibier alors que le gros gibier fait des dégâts importants sur les cultures.
Frédéric Perrot (F.P.) : Oui ça peut surprendre, mais il faut savoir faire la part des choses.
Les responsables des Fédérations de chasse nous expliquent que c’est parce que le petit gibier est moins abondant que les chasseurs se font plus rares. Alors on a intérêt à travailler ensemble pour trouver les bonnes réponses et que les chasseurs maîtrisent un peu mieux la pression du gros gibier sur l’environnement et donc sur nos cultures.
JAR : Mais ne craignez-vous pas d’imposer encore de nouvelles contraintes aux agriculteurs ?
F.P. : Il faut distinguer une convention de partenariat, qui est une démarche volontaire, et une réglementation, qui elle, nous serait imposée. D’ailleurs cette convention ne nous engage qu’à une chose : celle de mettre en place une coopération entre nos services. Dans un premier temps les techniciens agricoles et les techniciens cynégétiques vont être invités à suivre des formations ensemble. C’est la première condition pour se comprendre. Il sera ensuite plus facile d’avoir un discours cohérent vis-à-vis des agriculteurs.
JAR : Pourquoi avoir choisi le jour du «Grenelle de l’environnement» à Besançon pour signer cette convention ?
F.P. : Je ne vous cacherai pas qu’on a voulu médiatiser un peu cette démarche, pour illustrer le fait que sur le terrain, agriculteurs et chasseurs sont prêts à faire du concret pour la biodiversité. C’est d’ailleurs aussi pour le cadre de vie des agriculteurs et pour une ruralité attractive que nous ne sommes pas insensibles au fait d’avoir des campagnes giboyeuses.
Il faut cependant bien garder à l’esprit que pour les chasseurs l’enjeu est de l’ordre d’une activité récréative, alors que pour les agriculteurs c’est le maintien d’une activité économique et d’un revenu.
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