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Un partenariat appelé à se développer |
À l’image d’autres régions, les agriculteurs et les chasseurs viennent de signer une convention en faveur du petit gibier.
Il tombe sous le sens que les chasseurs gèrent la faune chassable et les agriculteurs le territoire, nous sommes donc condamnés à nous parler et à nous entendre », explique Daniel Kitler, le président de la fédération des chasseurs du Territoire de Belfort. Chercher à rapprocher les deux parties pour des actions communes et décliner ces opérations dans la région, c’est ce que viennent de faire la FRSEA, la chambre régionale d’agriculture, l’Office national de chasse et la Fédération régionale des chasseurs en marge du Grenelle de l’environnement à Besançon. Les choses ne démarrent pas cependant de zéro.
Depuis plusieurs années, des collaborations existent, par exemple avec le programme « jachère environnement et faune sauvage » financées par les fédérations départementales des chasseurs, le conseil régional et des agriculteurs volontaires. En 2006, ces opérations touchaient 1 100 ha, 243 exploitants dans 301 communes de la région. Elles concernent l’implantation de jachères avec des mélanges fleuris à base de centaurée, cosmos souci, eschscholtzia ou zinnia. Lieu de nourriture pour les passereaux, verdure pour les petits mammifères et pollen pour les abeilles et autres insectes, ces jachères ont aussi un attrait visuel quand elles ne sont également une occasion pour les passants de faire de beaux bouquets pas chers...
Milieux de vie
Avec cette convention signée début octobre à Besançon, il s’agit d’aller plus loin pour permettre de constituer des milieux de vie privilégiés de la petite faune dès lors que les activités agricoles jouent un rôle déterminant et indispensable pour le maintien d’espaces favorables au développement de ces espèces. Car ces zones tendent malgré tout à disparaître. Mais d’une seule voix, les responsables d’un côté comme de l’autre veulent « valoriser ce qui se fait déjà en terme de haies, de terre en jachères ou de techniques de récoltes ». « Dans les communes, les ACCA doivent considérer les agriculteurs comme des partenaires, éviter les rivalités », plaide pour sa part Frédéric Perrot, le président de la FRSEA. Une bonne information des deux parties, des agriculteurs au travers de leurs structures syndicales locales, des fédérations de chasse dans les ACCA ou les groupements d’intérêt cynégétique doivent se développer. Pour être «gagnant/gagnant», concluent les intéressés.
Le programme d'actions
Outres les actions déjà développées notamment sur les jachères fleuries, des projets sont prévus pour sensibiliser les agriculteurs et les chasseurs aux pratiques favorables à la petite faune (perdrix, bécasses, lièvres) grâce à des actions sur les haies pour la lutte contre le campagnol, pour la biodiversité, pour la qualité de l’eau ou contre l’érosion des sols. Un volet formation sera mis en place pour donner une double compétence aux conseillers agricoles et aux techniciens cynégétiques. De même un volet communication et information sera développé grâce aux crédits dont bénéficie la fédération régionale de chasseurs.
L’enjeu est d’importance pour les quelque 27 000 chasseurs dans les quatre départements. Comme pour les agriculteurs.
Fédération régionale des chasseurs : «Une volonté, un exemple»Daniel Kitler, président de la fédération régionale de la chasse, est convaincu que ce partenariat a valeur d’exemple.
À l’occasion de la journée régionale du Grenelle de l’environnement, les chasseurs francs-comtois, en collaboration avec l’ONCFS et les agriculteurs, ont concrétisé par la signature de la convention de partenariat Agriculture/Chasse/Faune sauvage, leur volonté commune de réunir leurs compétences et leurs connaissances du terrain pour travailler concrètement à l’amélioration de l’environnement de nos zones cultivées.
Nous avons su aller au-delà de nos divergences pour avancer dans le concret et je suis convaincu que cette convention sera favorable aux populations de petits gibiers qu’il nous faut absolument redynamiser si nous voulons stopper la chute inquiétante du nombre de chasseurs.
Cette chute risquant à terme de nous causer de gros problèmes vis-à-vis du suivi de nos missions de service public, comme notamment celle dévolue à l’indemnisation des dégâts occasionnés par le grand gibier.
D’autre part, il est évident que l’abondance du petit gibier est un excellent indicateur d’une bonne biodiversité et ne peut que renforcer l’image de marque d’une agriculture qui se doit d’être raisonnée, ceci nous permettant, à nous chasseurs et agriculteurs d’apporter une réponse concrète à certaines critiques d’écologistes mondains complètement déconnectés des réalités du terrain et qui, malheureusement, font beaucoup de bruit et donnent beaucoup de leçons mais que l’on ne voit jamais s’investir sur le terrain.
Je suis convaincu que ce partenariat servira d’exemple, et que les opérations que nous allons mettre en œuvre se multiplieront dans nos campagnes et qu’une longue et fructueuse collaboration nous permettra de régénérer nos espaces francs-comtois dans l’intérêt de tous.
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