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A l’occasion d’une rencontre des GDS du Grand Est, des éleveurs du Nord Est sont venus témoigner de leur quotidien qui est devenu bien préoccupant depuis le début septembre 2007. Les pertes s’accumulent, l’inquiétude grandit ; ils comptent énormément sur le vaccin
annoncé courant 2008 pour sortir de cette situation.
Il y a quelques mois encore nous ne parlions de la FCO que comme d’une « maladie commerciale ». Depuis plusieurs semaines, et notamment à l’occasion des réunions départementales, les termes ont changé ; on parle désormais d’un véritable fléau d’élevage.
C’est dans ce contexte de crise sanitaire durable que les GDS du Grand-Est (Eurosanitaire) ont organisé en Moselle le 11 octobre dernier une journée spéciale « FCO ». Les départements du Nord-Est de la France, touchés pour la seconde année consécutive, nous ont livré leur expérience mais surtout leurs craintes. Et mieux qu’un long discours, les chiffres parlent d’eux-mêmes…
Dans les Ardennes, les premiers cas cliniques ont été observés dans des troupes ovines puis les symptômes se sont portés très fortement sur les bovins. A ce jour plus de 950 foyers ont été recensés, majoritairement chez les bovins. La mortalité est largement en hausse (400 bovins morts en plus dans le département en septembre 07 par rapport à septembre 06, principalement des animaux de moins de 12 mois), avortements en série, morbidité importante sur les veaux et chute de production laitière (de l’ordre de -10 %) sont également rapportés.
En Moselle, le constat est similaire : si la maladie a débuté il y a 6 semaines environ en ne touchant que « quelques animaux dans quelques élevages », elle s’est vite dispersée. « C’est un véritable tsunami » comme le déplore le Dr François, président du GTV 57 qui rajoute « qu’à fin septembre 2007 (et sur la seconde quinzaine) il s’est vendu autant d’anti-inflammatoires qu’en un an ! » Plus de 800 foyers sont comptabilisés au 10 octobre, avec pas moins de 150 bovins et 260 ovins morts et plus de 250 000 euros de médicaments vétérinaires (insecticides compris) supportés par les éleveurs d’après une enquête ne touchant que 75 % des cabinets vétérinaires.
Même tonalité dans la Meuse : 408 foyers déclarés dont 158 dans les seuls 8 derniers jours. La mortalité est estimée comme variant de 10 à 30 % dans les troupeaux ovins et demeure plus faible (moins de 3 %) dans les troupeaux bovins. Là encore la morbidité est élevée et les pertes indirectes (chute de production laitière, avortements,…) explosent tout en étant plus difficiles à quantifier à ce stade.
Les autres départements situés en périmètre interdit ont confirmé l’ampleur prise par la maladie. En revanche les conséquences cliniques semblent pour l’instant moindres notamment avec moins de cheptels atteints. Mais l’évolution à venir inquiète. Des informations « plus rassurantes » sont à retenir pour une région comme la nôtre qui ne connaît qu’un nombre restreint de foyers (4 confirmés à ce jour) : en effet les témoignages apportés par les éleveurs et par le vétérinaire présents s’accordent sur le fait que dans la majorité des cas, plus un animal sera soigné tôt et meilleures sont ses chances de guérison.
En parallèle il est indiqué que les symptômes déclarés ne sont pas forcément ceux décrits dans les manuels… Alors que faire ? La surveillance accrue mais surtout répétée des animaux est fondamentale même si la perception des symptômes débutants très variables est difficile même pour un œil avisé comme le déclare un éleveur mosellan particulièrement impacté, ayant déjà subi 4 avortements sur les 11 femelles à terme en septembre : « les vaches ne se préparent pas, il faut aller chercher le veau à l’intérieur. Ce n’est pas possible de fouiller toutes les vaches avant le vêlage ». L’une de ces vaches a même dû être euthanasiée.
Car comme le déclare le Dr François, en Moselle, seuls certains cas ont présenté des formes classiques (hyperthermie, lésions mufle…) de la maladie et dans la plupart des cas, les symptômes sont d’apparence frustres mais en fait graves : problèmes autour de la mise-bas (morts nés in utero, veaux emphysémateux…) non détectables jusqu’à la dernière minute, problèmes respiratoires sans température, perte importante de poids (jusqu’à 150 kg), chute de production laitière, problèmes ambulatoires (paturons et boulets enflés). Dans sa clientèle, la moitié des élevages est touchée. Parmi eux, 85 à 90 % des foyers restent pour l’instant peu alarmants avec 1 à 3 cas cliniques. En revanche, 10 à 15 % des foyers sont gravement touchés et la maladie est très douloureuse et cause des souffrances importantes aux animaux atteints, rendant ainsi difficiles les prises alimentaires.
Les zones humides semblent également être les secteurs les plus touchés, sans que cela soit systématique ou exclusif. D’autres constats isolés ne pouvant être totalement généralisés ont été énoncés : la désinsectisation des animaux conduite de façon continue a eu un effet protecteur limitant voire empêchant l’implantation de la maladie ; maintenir des animaux en bâtiment semble avoir également contribué à limiter le nombre d’animaux atteints dans certains élevages.
Par contre face à ce sombre tableau, nombreux sont ceux qui s’inquiètent du peu de retour des scientifiques qui, toujours selon leur ressenti sur le terrain, ignorent malheureusement beaucoup du vecteur et de cette « nouvelle forme d’une maladie qui elle, n’est pas nouvelle ».
On pourra relativiser les inquiétudes exprimées par ces éleveurs en entendant qu’un observatoire économique vient d’être initié dans le département de la Moselle ou bien en attendant que les allégements annoncés par le ministre de l’agriculture se mettent en place. Mais il n’en demeure pas moins que les éleveurs du nord de la France se sont sentis bien seuls depuis le début de cette crise il y a plus d’un an aujourd’hui. Et ils redoutent de vivre une 3ème année noire puisque le seul outil de prophylaxie médicale, le vaccin contre ce sérotype 8, ne sera vraisemblablement pas disponible avant l’été 2008.
Après avoir entendu ces témoignages poignants le doute tend à s’installer dans les esprits mais il est indispensable de savoir raison garder et de mettre en œuvre les dispositions qui vous sont relayées déjà depuis plusieurs semaines. Car pour limiter géographiquement et cliniquement la maladie cela passe par des règles de vigilance et de prévention.
Mesures d'accompagnement
Le 19 octobre 2007, le premier foyer de Fièvre catarrhale ovine a été déclaré sur notre département: nous connaissons des restrictions de circulation pour nos animaux et, dans certains cas, nos élevages pourront connaître des cas cliniques, voire des mortalités. Avec tous ses collègues, votre GDS s’est mobilisé et est intervenu afin d’obtenir des dérogations à ces restrictions de mouvements et la prise en charge du coût des mortalités. Afin d’accélérer le remboursement de ces frais sanitaires aux éleveurs, la Direction générale de l’alimentation a décidé de confier, dans les périmètre interdits, la mise en œuvre de ces remboursements aux GDS.
Par ailleurs, Interbev a décidé de prendre en charge des dépistages pour les animaux issus de la zone réglementée. En voici le mode d’emploi.
En périmètre interdit :
- La visite sanitaire et les frais d’analyse sérologique sont pris en charge par l’état pour sortir vos animaux vers la zone réglementée ou la zone indemne. Les frais vétérinaires sont pris en charge sur la base des tarifs de prophylaxie négociés entre la profession agricole et la profession vétérinaire.
- Un arrêté du 5 octobre 2005 institue une indemnisation pour les ruminants morts ou euthanasiés dans des cheptels ayant déclaré la FCO :
• 45,73 euros pour un ovin ou un caprin (y compris agneau ou chevreau s’il est identifié, éventuellement avec un repère temporaire) ;
• 91,47 euros si cet ovin ou ce caprin provient d’un élevage de sélection ;
• 228,67 euros pour un bovin (y compris veau s’il est identifié et notifié à la BDNI).
Si vous êtes dans l’une ou l’autre de ses situations, vous devrez remplir un formulaire fourni (courant novembre) par votre GDS et lui retourner avec les documents justificatifs demandés.
En zone réglementée :
Dans un souci de maintien d’une fluidité relative des mouvements commerciaux, Interbev prend en charge (frais vétérinaire et analyse) des dépistages pour les animaux (bovins et ovins) issus de la zone réglementée. Au niveau de la Franche-Comté, c’est Bevifranc bovins et ovins qui s’en charge et rembourse les coûts, hors taxes, de dépistage de la FCO effectué sur les animaux issus de la zone réglementée. L’assiette du remboursement comprend les frais vétérinaires liés au prélèvement et à l’analyse sérologique.
Pour en obtenir le remboursement les exploitants font parvenir les éléments suivants au plus tard dans les quatre mois qui suivent l’analyse à Bevifranc, Sections bovines et ovines, Valparc – Espace Valentin Est – 25048 Besançon Cedex :
• la copie de la facture de l’intervention du vétérinaire, datée, signée, précisant l’objet de la visite ;
• la copie de la facture du laboratoire d’analyse ;
• la copie du résultat de cette analyse précisant les numéros des bovins concernés ;
• les coordonnées du demandeur (Nom, Prénom, Raison sociale, Adresse, N° de téléphone).
Le remboursement interviendra au plus tôt dans les 40 jours suivant la réception du dossier complet.
Bévifranc se réserve la possibilité de plafonner le remboursement dans le cas où la demande serait jugée anormalement élevée et peu en cohérence avec les frais constatés dans la région.
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