Les élections au sein du réseau FNSEA auront lieu durant l’hiver. Mais l’actualité syndicale reste chargée et, entre l’augmentation du coût des matières premières, la fièvre catarrhale, la nouvelle réforme de l’OCM sucre et le décret comté, les sujets de préoccupation ne manquent pas.
En ouverture de ce conseil d’administration, c’est bien entendu la progression de l’épidémie de fièvre catarrhale ovine qui touche aujourd’hui le Jura qui fut au cœur des préoccupations des administrateurs. Les conséquences économiques liées aux restrictions de mouvements des animaux se font sentir, même si des mesures pour faciliter l’exportation de bovins issus de zones réglementées vont être mise en place très prochainement. Des mesures qui ont pu voir le jour grâce au travail de la Fédération nationale bovine et des Groupements de défense sanitaires. Avec l’épisode hivernal, la progression de la FCO devrait ralentir mais il y a fort à parier que l’épidémie redémarrera au printemps. La désinsectisation demeure actuellement la seule arme à la disposition des éleveurs. Une arme indispensable pour la commercialisation des animaux vers des zones plus favorables.
Toujours dans l’actualité, l’augmentation des coûts des matières premières mais également des céréales et du lactosérum, ont des conséquences directes sur les productions de porcs, de volailles et de veaux. Une action de sensibilisation des pouvoirs publics aura lieu dans les toutes prochaines semaines afin d’envisager des mesures concrètes pour soutenir les éleveurs.
Concernant la chrysomèle du maïs, un nouvel arrêté ministériel qui assouplit la définition des périmètres de lutte vient d’être publié au Journal officiel. Cet arrêté est le fruit d’un travail de concertation étroit entre le réseau des FDSEA, la FNSEA, Orama, Arvalis et l’administration. Concrètement, la zone focus passerait de 5 à 1 km et la zone de sécurité de 10 à 6 km.
La FDSEA du Jura va demander au préfet de bien vouloir modifier l’arrêté préfectoral en cours pour y intégrer ces éléments. Et le président de la FDSEA, Frédéric Perrot d’ajouter : «La FDSEA s’est battue pour les agriculteurs de la zone concernée pour concilier au mieux le processus de lutte et l’activité agricole».
Aiserey : fermeture annoncée
Autre dossier sensible, l’avenir de la sucrerie d’Aiserey. Le 26 septembre dernier, les ministres de l’Agriculture de l’Union européenne ont approuvé une série de mesures visant à accélérer la restructuration du secteur sucrier. De fait, le dispositif acté dans le cadre de la réforme de l’organisation commune de marché du sucre en 2006 n’a pas permis de diminuer significativement les volumes de production, conformément aux engagements pris par l’Union européenne à l’OMC.
En Côte-d’Or, en Saône-et-Loire et dans le Jura, l’activité sucrière fait vivre, directement ou indirectement, 180 salariés et 600 agriculteurs dont les betteraves sont transformées dans l’usine d’Aiserey. Mais les nouvelles mesures annoncées conduisent à une baisse de 13,5% des tonnages transformés et condamnent définitivement certaines unités.
Cette décision des ministres de l’Agriculture de l’Union, approuvée par le ministre français Michel Barnier, a des conséquences directes pour l’usine d’Aiserey dont le propriétaire, Cristal-Union a annoncé récemment la fermeture, dès 2008. Cette fermeture condamne non seulement l’unité de transformation, mais aussi l’unique bassin betteravier de Bourgogne Franche-Comté. Au-delà des indemnités accordées pour chaque producteur, d’autres pertes doivent être couvertes : le syndicat des planteurs de betteraves du Centre-Est et la FDSEA poursuivent les négociations.
Le décret comté en débat
Concernant le dossier laitier, les administrateurs ont pris connaissance du nouveau décret comté et du projet de règlement technique d’application. Dans la perspective de sortie des quotas laitiers et de suppression du plan de campagne, le dispositif qui prévoit de figer les volumes de lait sur les hectares de surface fourragère de l’exploitation, pose de nombreuses questions. En dehors de leur production actuelle et dans le respect du cahier des charges de l’AOC comté, de quelle latitude les agriculteurs pourront-ils disposer pour répondre à d’éventuelles demandes du marché ? La FDSEA n’est pas en mesure de répondre, pourtant il s’agit bien d’une interrogation fondamentale à laquelle des éléments de réponse clairs devront être apportés. Au travers de cette disposition, c’est également la question du rôle de l’interprofession qui est posée : gestionnaire des volumes de lait transformés pour une appellation donnée ou gestionnaire de l’ensemble des volumes de l’exploitation ?
Élections internes à la FDSEA
Tous les trois ans, l’ensemble du réseau FNSEA se renouvelle. Dans les
semaines à venir, les assemblées générales cantonales se réuniront et procéderont aux élections de leurs représentants au niveau départemental et dans les différentes sections et commissions. Cet exercice démocratique constitue le gage de la représentativité de la FDSEA. Tous les agriculteurs jurassiens sont cordialement invités à participer à ces réunions locales qui seront également l’occasion de dresser le bilan syndical du mandat et d’aborder les sujets d’actualité.
Les dates et lieux de ces assemblées générales seront publiés dans nos prochaines éditions.
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




