Dix ans que Desfi s’emploie à résoudre les problèmes de main d’œuvre sur les exploitations agricoles du Jura. L’assemblée générale qui s’est tenue le 25 octobre, dans les caves de la fruitière vinicole d’Arbois, a retracé l’évolution de cette structure qui se trouve aujourd’hui à un tournant de son activité.
D’abord association intermédiaire, Desfi devient groupement d'employeurs départemental agricole en 2000.
Durant les premières années de fonctionnement, de 1997 à 2002, les salariés effectuent entre 10 et 20 000 heures en exploitations. Puis Desfi s’organise avec l’appui de la chambre d’agriculture. En 2003, c’est l’explosion de l’activité avec une aide régionale, un responsable planning viticole, un rapprochement des services de remplacement et beaucoup de formation. Depuis le nombre d’heures ne cesse de grimper. Aujourd’hui, le groupement assure 60 000 heures
essentiellement auprès des viticulteurs et des exploitations de polyculture élevage.
40% des heures en CDI
Depuis plusieurs années déjà, Desfi mise sur la stabilité de l’emploi. L’enjeu est double. À la fois pour les salariés qui, avec le développement des CDI, quittent la précarité. Mais aussi pour les agriculteurs qui ont l’assurance de trouver des salariés compétents et disponibles plus facilement. Depuis 2004 le volume d’heures en CDI monte en flèche et représente cette année 40% des heures réalisées. Mais qui dit contrat pluri-annuel ne veut pas dire employeur « pieds et poings liés » : ce dernier peut quitter Desfi après un préavis de six mois ou moins si un nouvel employeur s’engage auprès du salarié.
Viser le plein emploi
L’ambition affichée pour demain est encore plus grande. En devenant, le 1er janvier 2007, un groupement d’employeurs multisectoriel, Desfi vise le plein emploi pour ses salariés. « 97% des heures Desfi sont liées à une activité agricole saisonnière. Nous arrivons à signer des CDI intermittents mais nous sommes arrivés au bout des solutions. Il est nécessaire de s’ouvrir à d’autres secteurs d’activité», constate Romain Mary, directeur. Desfi a déjà passé des engagements avec des entreprises rurales pour un peu plus de 5% de son activité dans le domaine de l’horticulture, du bois, du tourisme... et espère amplifier le mouvement. Ce thème développé lors de l’assemblée générale en 2006 est repris cette année avec le témoignage d’un groupement d’employeurs de Dordogne qui s’est ouvert au multisectoriel. Les responsables de Desfi enfoncent le clou. «Tout ne peut pas descendre de Lons, c’est aux salariés et aux employeurs de démarcher autour d’eux pour faire connaître l’emploi en temps partagé», encourage le président Denis Bachut. Il reste donc à
Desfi à se faire connaître en dehors du milieu agricole et ce sera une partie du travail des prochains mois.
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