Cet automne, la FRGEDA proposera avec le réseau Trame une formation sur le thème de l’énergie, abordée sous un angle stratégique. Chaque participant pourra ainsi préciser ses propres objectifs, avant de déterminer les leviers d’action sur sa propre ferme.
Empreinte écologique, développement durable, Grenelle de l’environnement… la question de l’énergie est dans tous les esprits. Et l’augmentation inéluctable du cours des produits pétroliers se rappelle avec insistance au souvenir de tous les acteurs économiques, forcément concernés par des coûts de carburant, de transport, de chauffage, de transformation ! Les agriculteurs ne font pas exception à cette règle. « Il y a des tas de choses à faire dans nos fermes pour économiser l’énergie : régler son tracteur pour moins consommer de fuel, échanger des parcelles avec des collègues pour limiter les trajets, poser un tuyau pour éviter des allers-retours avec une citerne d’eau… », assure Sylvain Henriet, éleveur à Landresse, et qui a déjà fait un bilan PLANETE (méthode Pour L’ANalyse EnergéTique de l’Exploitation).
Virginie Wawrzyniak, chargée de mission « agriculture innovante et énergie » de Trame, présente justement une formation sur ce thème, prévue pour cet automne, à l’initiative de la FRGeda et des FDGeda. « Nous sommes partis du constat qu’il est de plus en plus difficile de s’y retrouver dans la masse d’informations disponible au sujet des énergies renouvelables : chaudières à biomasse, méthanisation, panneaux solaires, éoliennes, etc. L’idée de cette formation, c’est d’utiliser la démarche stratégique, c’est-à-dire de partir des objectifs professionnels et personnels de chacun et de définir précisément les besoins. C’est le contenu de la première journée. Ensuite, au cours de la deuxième journée, nous recherchons les leviers d’action possibles en terme d’économie d’énergies fossiles et/ou de production d’énergies renouvelables sur l’exploitation. » Enfin, c’est la dernière étape, chaque participant élaborera un plan d’action à mettre en œuvre sur son exploitation.
Nouveau contexte, nouvelles pistes
Gilles Duquet, du CETA de Mamirolle, est également convaincu de l’intérêt d’une telle formation. « Ce qui se passe en ce moment nous interroge… l’augmentation du coût des céréales, c’est-à-dire de l’énergie dans la ration, il faut en tenir compte et réfléchir aux moyens d’améliorer nos fourrages, regarder ce qui se fait ailleurs, comme en Bavière, où des éleveurs arrivent à des chargements de deux UGB/ha sans plus fertiliser… Le séchage en grange avait été développé à un moment où l’énergie (fossile) n’était pas chère, aujourd’hui le contexte a changé. »
On peut penser par exemple à la réutilisation de la chaleur produite par l’usine d’incinération des déchets pour sécher les foins. Et pour mener une telle démarche, le groupe d’agriculteurs est sans doute l’échelle la plus pertinente, les responsables de Geda en sont convaincus. « Chacun apporte ses connaissances, ses propres expériences et ses idées, ce qui nourrit la réflexion. Plus nombreux seront les participants, et plus la formation sera riche. » Sans oublier la perspective de constituer par la suite des groupes plus thématiques pour la mise en œuvre du plan d’action.
Bilan carbone
Virginie Wawrzyniak a également présenté les principes du « crédit carbone », un dispositif conçu pour pouvoir répondre aux engagements pris au niveau international en évaluant les émissions de gaz à effet de serre… « La France s’est engagée dans un premier temps à stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre au niveau de 1992 d’ici 2012, puis dans le plan climat décidé en 2004, à diviser par quatre ces émissions à l’horizon 2050. » Pour encourager la réduction des émissions, la « finance carbone » a été créée. Dans le cadre du système européen des quotas d’émission de dioxyde de carbone ; des crédits carbone (soit des droits d’émettre des tonnes équivalent de CO2) ont été distribués aux grandes entreprises du secteur industriel (supérieures à 20MW), en s’appuyant sur une évaluation de leurs émissions. Charge à eux de ne pas dépasser ces « droits » à polluer… à moins de préférer acheter de nouveaux droits, par exemple auprès d’entreprises ayant réussi à limiter leurs émissions, ou en investissant dans des projets limitant les gaz à effet de serre, dans des pays en voie de développement. Les émissions ayant été surévaluées au départ, le marché n’a pas bien fonctionné, et les cours de la tonne équivalent CO2 se sont effondrés (90 ct d’euros/t eq CO2 en septembre 2007).
Toutefois, à partir de 2008, un nouveau marché va être mis en place. De plus, dans le cadre des « projets domestiques », les émissions de gaz à effet de serre diffuses seront progressivement intégrées. Le secteur agricole sera donc directement concerné. Le dioxyde de carbone, mais aussi le méthane (CH4, 21 fois plus de pouvoir de réchauffement que le CO2) le protoxyde d’azote (N2O), pouvoir de réchauffement 310 fois supérieur au CO2)… sont des molécules émises par l’élevage, l’utilisation du matériel de travail du sol, la fertilisation ! « Pour l’instant la méthode d’estimation des rejets est en cours de validation », précise Virginie. N’empêche que le jour est proche où les agriculteurs devront aussi intégrer ces enjeux dans la gestion de la rotation, les pratiques de fertilisation, et la valorisation de leurs effluents.
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