La question a été posée par un intervenant volontairement provocateur, conduisant son public sur les chemins de la réflexion et de la prospective…
Professeur à l’Institut national polytechnique de Lorraine, Michel Parmentier était venu dans le Jura pour parler de mondialisation alimentaire. Il l’a très bien fait, entamant son exposé par une présentation de chiffres sur les procédés de l’industrie agroalimentaire, sur l’adaptation des industriels français à ce nouveau métier qui consiste à nourrir la planète.
Premier secteur industriel, l’alimentaire, avec un chiffre d’affaires de 125 milliards d’euros, englobe 10% du PIB français. Avec ses 400 000 salariés et ses 4 000 entreprises, elle représente le double du bâtiment et arrive devant l’automobile, la mécanique… Parmi ses atouts, le secteur peut compter sur des groupes de taille internationale (Danone…). La mondialisation n’étant pas à sens unique, les grands groupes internationaux sont intéressés pour investir en France, grand pays agricole dont les produits sont transformables sur place…
Les marchés mondiaux évoluent très rapidement, avec des effets pervers. Le secteur peut compter sur des filières prestigieuses et des métiers rentables : eaux minérales, lait et produits laitiers…
Dans ce contexte, l’industrie alimentaire mondiale devra
relever deux défis : nourrir 8 milliards d’hommes et fournir 10% des carburants liquides. Le contexte climatique étant difficile, le conférencier pose crûment le problème : « qui mangera à sa faim ? » Il va même plus loin dans la provocation : « Aujourd’hui, il est techniquement possible de fabriquer des produits laitiers à partir de la caséine tirée des végétaux. Mais économiquement, politiquement, où seront les limites ? »
Toutes ces questions ne l’empêchent pas de croire à un « avenir parfaitement brillant pour la production de matières de base alimentaires… Il nous faudra toujours produire de l’amidon, de l’huile et du sucre pour nourrir 8 milliards d’êtres humains ! »
Prospectives qui ont pour le moins remué l’assistance qui a alors engagé un débat animé qui s’est poursuivi tout au long du repas amical clôturant cette assemblée.
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