Le Jura Agricole et Rural
Les planteurs d'Aiserey font les frais de la réforme
Syndicat betteravier du Centre-Est
Jura agricole et rural
Publié le:  08 novembre 2007
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90% des planteurs d’Aiserey voulaient continuer à produire

Le syndicat betteravier du Centre-Est a organisé une série de réunions pour rencontrer les planteurs concernés par la fermeture de la sucrerie d'Aiserey. Les producteurs sont abasourdis de voir les outils industriels disparaître avec les conséquences que cela entraîne pour les exploitations.

La sucrerie d’Aiserey fermera. La décision devrait être officiellement annoncée après le 15 novembre, date à laquelle Cristal Union devient juridiquement propriétaire de l’usine. «Cette décision d’abandon n’est pas la nôtre et nous ne pouvons rien faire contre », annonce Frédéric Legrand, président du syndicat betteravier du Centre-Est aux planteurs du Jura réunis mardi 30 octobre à Parcey. À ses côtés pour animer la réunion : Bernard Payet de la commission mixte, Nicolas De Boutray, directeur des syndicats betteraviers régionaux Ile-de-France, Loiret et Centre-Est et Philippe Béjot, animateur du syndicat. Les représentants des betteraviers ont multiplié les rencontres et les contacts pour étudier les possibilités de maintien de la production de betterave. Une rencontre a eu lieu avec avec le représentant du ministre de l’Agriculture. Le président de la CGB, Ducroquet a participé au dernier conseil d’administration du syndicat le 17 octobre. La FDSEA a provoqué une rencontre avec des parlementaires. «Le ministre de l’Agriculture a clairement fait savoir qu’il n’interviendra pas dans le processus européen de restructuration sucrière signé par la France. Le démantèlement d’une partie de notre industrie sucrière et la baisse des quotas de production acceptée par l’Europe ouvrent clairement la porte aux importations de sucre et visent à obtenir d’autres accords commerciaux », lance, amer, le président Legrand. «La CGB ne cesse de marteler que sans un minimum de protections aux frontières, l’industrie européenne court au désastre», enchaîne Nicolas De Boutray.

500 familles touchées

À l’annonce du rachat de la sucrerie par le groupe Cristal Union, les planteurs d’Aiserey ont à nouveau demandé à devenir coopérateurs du groupe. Sans succès. Aujourd’hui, Cristal Union annonce qu’il va baisser son quota de 17% pour se conformer au plan de restructuration et la fermeture d’Aiserey entre dans ce schéma. «90% des planteurs d’Aiserey voulaient continuer à produire de la betterave. Aujourd’hui nous n’avons pas d’autre choix que d’abandonner. Mais nous négocierons avec le groupe Cristal Union pour permettre aux planteurs de partir la tête haute», prévient Frédéric Legrand. Sur ce point, il sait avoir l’appui de la CGB et de la FNSEA, ainsi que des parlementaires comme le député Jean-Marie Sermier. Frédéric Perrot, président de la FDSEA du Jura présent à Parcey, apporte le soutien de son syndicat.

Les négociations devront prendre en compte les pertes liées directement à l’arrêt de production (la prime européenne de 44 euros la tonne en cas de fermeture de l’usine ne «coûte» rien au groupe Cristal Union ), mais aussi les pertes annexes : investissement dans le matériel d’arrachage, produits phytosanitaires en stock, semences... La disparition de la sucrerie d’Aiserey a également un impact sur l’emploi : les 70 salariés de la sucrerie qui attendent l’annonce d’un plan social mais aussi les entreprises qui réalisent une partie de leur activité grâce à la sucrerie (transport, chaudronnerie...), les salariés des exploitations agricoles. L’arrêt de production de pulpes surpressées par Sécopulpe aura des conséquences pour les filières taurillons de la région, signale Frédéric Perrot au nom des producteurs de viande. Le remplacement de 40 000 tonnes de pulpe nécessiterait au moins 1 200 ha de maïs ensilage supplémentaire.

Dans le cas d’une fermeture d’usine, l’Europe exige que l’outil de production soit entièrement démonté. Les bâtiments de la société Sécopulpe, enclavés dans le site d’Aiserey, restent propriété des producteurs. «Nous espérons pouvoir mettre en place d’autres projets et investir dans des filières à haute valeur ajoutée d’ici un ou deux ans», annonce le président Legrand sans vouloir en dire davantage.« Il faut garder confiance dans les solidarités agricoles, industrielles et coopératives locales ». Un peu déconfis, les producteurs ont pourtant tenu à encourager les représentants du syndicat betteravier et de la commission mixte qui siègeront à la table des négociations avec Cristal Union.


Attendre pour renvoyer les documents d’abandon individuel

Un seul mot d’ordre : ne pas renvoyer tout de suite les documents d’abandon individuel. Le syndicat tiendra les producteurs informés de l’avancée des négociations avec Cristal Union d’ici le 20 novembre.


Repères

• Le Jura compte 101 hectares de betteraves pour 93 exploitations.

• Le quota de l’usine est aujourd’hui de 397 363 tonnes (environ 5500ha) dont 147 091 tonnes de quotas additionnels obtenus en 2006. 349 planteurs livrent à Aiserey.


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