Le respect des traditions et de l’environnement peut être compatible avec l’utilisation de technologies modernes. Plus qu’un défi à relever, c’est une philosophie de leur métier qui a animé et guidé les responsables de la coopérative fromagère du plateau de Nozeroy dans la conception de leur projet de nouvelle fromagerie.
Celles et ceux qui, en ce dernier samedi d’octobre, avaient fait le voyage de « Petit-Villard » n’ont pas été déçus. Certes, le préfet avait anticipé sur l’horaire. Mais c’était sans doute pour donner plus de temps aux visiteurs d’apprécier le nouvel équipement dans ses moindres recoins.
Joël Alpy, le président, commente la visite : « Nous aurions pu réhabiliter l’ancien bâtiment, mais nous avons fait le choix de cette construction neuve, en renouvelant complètement le matériel. Nous voulions aussi disposer de deux ateliers séparés : un pour le comté et l’autre pour le morbier et la raclette… »
Dominique Chauvin, le vice-président, explique toute la démarche en matière d’environnement : « Compte tenu des perspectives d’évolution des coûts de l’énergie, nous avons fait le choix du bois. La commission qui a piloté le projet, s’est rendue à La Baroche, à Arsure-Arsurette et Epennoy pour visiter des installations de ce type… » Et le choix des plaquettes a été fait, même si celui-ci demandait au fromager à s’adapter au passage de la vapeur à l’eau chaude.
Une dynamique de développement
Et au-delà de ce choix, l’utilisation des plaquettes s’inscrit dans une démarche plus globale de développement. En effet, deux jeunes bûcherons du secteur souhaitaient créer une entreprise spécialisée. Grâce au contrat passé avec la coopérative, ils ont pu concrétiser leur projet, s’équiper et se lancer sur ce créneau.
« Nous n’avons pas encore le recul suffisant, poursuit Dominique Chauvin, mais nous constatons déjà que le coût d’achat de la matière première de chauffage a baissé de 70% ! »
Pour la fabrication, la fromagerie n’a besoin que de deux mètres cubes de plaquettes par jour, soit une dépense de quarante euros. Alors que pour une installation au fuel, ce sont 400 litres par jour qui étaient nécessaires !
En matière d’équipements, l’unité dispose de trois cuves de 5000 litres pour le comté, une cuve de 5000 litres également pour le morbier. La fabrication et le nettoyage sont pilotés par un système informatisé, sous l’œil du fromager que rien ne remplace…
Des installations qui ont occasionné un investissement de quelque 3,8 millions d’euros. Le dossier a bénéficié d’aides de collectivités : le conseil régional de Franche-Comté, le conseil général du Jura, l’État par l’intermédiaire de l’Office de l’élevage et l’Union européenne via le Feader. L’Ademe a subventionné à 35% le système de chauffage.
Contact : Fruitière du Plateau de Nozeroy, 39250 Bief-du-Fourg. Tél. 03 84 51 37 66. www.comte.com/biefdufourg
La fruitière en chiffres
• 40 sociétaires
• 8 villages concernés
• 6 salariés (fromagerie et boutique)
• 7,5 millions de litres de lait collectés
• 2 ateliers de fabrication
• 1 président : Joël Alpy
• 1 fromager : Joël Parent
• 2 affineurs : Petite et Vagne
• 5 productions : comté, morbier, raclette, fromage blanc, serra
• 1 site internet : www.comte.com/biefdufourg
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