Le Jura Agricole et Rural
Pappa, un réseau au grand jour
Jura agricole et rural
Publié le:  12 novembre 2007
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Les pathologies pulmonaires professionnelles agricoles, mieux connues sous les noms de poumon du fermier ou bronchite chronique agricole font l’objet d’un suivi particulier. Touchant plus de 10 % de la population agricole, les intervenants ont insisté sur les récentes connaissances.

A force de travailler en coulisses, pour ne pas dire dans l’ombre, il était naturel que la MSA et tous ses partenaires réunis au sein du Raft-Pappa (réseau d’allergologie de Franche-Comté – Pathologies pulmonaires professionnelles agricoles) affichent publiquement leur engagement. C’est chose faite depuis le 11 octobre. « Aujourd’hui, nous tenons à affirmer clairement que nous ne sommes pas seuls au niveau des risques pulmonaires », assure Emmanuel Faivre, vice-président de la MSA de Franche-Comté. « J’ajouterai que nous sommes plutôt bien encadrés ; au point qu’un réseau a été constitué. »

Si la MSA de Franche-Comté a détaché une personne pour animer ce réseau, si le service de pneumologie du CHU Jean-Minjoz de Besançon suit ses affections, si les spécialistes du service mycologie-parasitologie de ce même CHU étudient la contamination des fourrages, c’est que l’affaire est loin d’être bénigne. « Entre les pneumopathies d’hypersensibilité comme le poumon du fermier, la bronchite chronique agricole, les asthmes diverses et autres allergies, on compte 10 % à 12 % de personnes touchées au sein de la population agricole », résume Didier Pernet, assistant du professeur Jean-Charles Dalphin, directeur du service pneumologie du CHU Jean-Minjoz à Besançon. On comprendra aisément que l’environnement agricole est la source de ses désagréments plus ou moins sérieux. « Ce peut venir des poussières végétales, des protéines animales, des acariens de stockage, des gaz — vos tracteurs —, des substances chimiques, les phytosanitaires qui concernent tout le monde. » On ajoutera parmi les sources potentielles, un travail pénible, souvent exposé au froid, à l’humidité et aux intempéries. « Avec une population sous-médicalisée. » Tout simplement parce que la tranche d’âge située entre 20 et 55 ans ne va pas voir régulièrement son médecin.

Parmi les signes annonciateurs, on constate pour le poumon du fermier une grippe prolongée en hiver, qui apparaît souvent quatre à huit heures après avoir vu les animaux. Toux et essoufflement complètent le tableau. « J’ajouterai la sensation de « patraquerie »… »

La bronchite chronique peut aussi affecter les non-fumeurs. « Ceci se traduit par de la toux et des crachats qui confirment l’intolérance aux poussières et aux moisissures. » L’asthme se manifeste par des sifflements, des quintes nocturnes et un recours à la ventoline.

La situation géographique a aussi son importance. « Le poumon du fermier se trouve plus spécialement sur le deuxième plateau et la montagne. » Comme la bronchite chronique. « Plus on monte, plus le nombre de cas est important. » Le médecin pense même que le campagnol joue un rôle. « Parce qu’il remue la terre et que celle-ci se retrouve dans le foin. »

L’affouragement quotidien affecte donc les sujets les plus sensibles. La question des balles rondes arrive sur le tapis. « C’est merveilleux en termes d’effectif humain mais ce ne serait pas la méthode la plus saine pour les fourrages. » Pourquoi donc ne pas envisager la fenaison précoce ? « Si nutritivement, c’est intéressant c’est prendre le risque de faire les foins à une période où les pluies sont importantes. » S’il n’y a pas de solutions miracles, il faut explorer toutes les pistes


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