Le Jura Agricole et Rural
Alerte orange sur la FCO
Groupement de défense sanitaire
Jura agricole et rural
Publié le:  14 novembre 2007
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L'assemblée générale du GDS 39 a approuvé le principe d'une caisse de solidarité FCO

Le Groupement de défense sanitaire du Jura a fait le point sur l'avancée de la fièvre catarrhale ovine lors de son assemblée générale, vendredi 9 novembre à Villeneuve-sous-Pymont. Le président Claude Métraille a souligné l'importance de «rester vigilant» et «de se préparer à affronter cette maladie sur le long terme».

Pour la première fois, nous sommes confrontés à un fléau qui avance tous les jours malgré les restrictions de mouvements des animaux et les désinsectisations mises en œuvre», annonce le président du GDS 39 Claude Métraille. Les mots ne sont pas trop forts pour désigner cette maladie. «Véritable fléau», «menace», «catastrophe économique». La semaine dernière, cinq bovins d’un même troupeau ont succombé à la FCO dans le Jura. Un fait assez rare mais suffisamment marquant pour intervenir dès la moindre suspicion. La proportion de cas cliniques sur l’ensemble des bovins malades est en général faible, proche de 1%. La mortalité chez les ovins est en moyenne de 30%.

Hier confiné au nord de la France, le virus de sérotype 8 de la fièvre catarrhale ovine, qui peut toucher l’ensemble des ruminants, semble aujourd’hui s’étendre comme une tache d’huile. L’étau se resserre avec un nouveau virus de sérotype 1 qui arrive d’Espagne et concerne cette fois le Sud-Ouest de la France. Dans le Jura, comme ailleurs, les éleveurs ont dû s’adapter aux réglementations successives et aux évolutions quasi journalières des zones réglementées. Le GDS39 et la FRGDS se sont mobilisés pour apporter une information régulière. De son côté, la DDSV alerte les vétérinaires dès qu'une nouvelle zone apparaît.

Une caisse d’aide

L’assemblée générale du GDS 39 a approuvé le principe d’une caisse de solidarité FCO qui sera couplée à terme, avec le fond fièvre aphteuse pour atténuer les pertes sanitaires subies par les éleveurs. Cette caisse d’’aide GDS, «mutualiste, rapide et forfaitaire» sera votée le 14 décembre lors de l’assemblée générale de la FNGDS.

Jean-Pierre Jacquemin, président du GDS 25 et administrateur national, rappelle les conséquences pour la filière bovine avec des restrictions de mouvement des animaux, un dérèglement complet des cours, des pertes de production importantes mais également des problèmes de reproduction. «La caisse d’aide GDS ne fera pas tout. Nous aurons besoin d’autres aides. Face à ces pertes colossales, il faudra donner aux éleveurs plus qu’une aumône.»

Le sénateur Gérard Bailly, qui doit présenter un rapport sur la FCO au Sénat, s’inquiète également de l’ampleur des pertes économiques pour les éleveurs. «Même si la France est le pays européen qui apporte le plus d’aide aux élevages touchés par la FCO, il faudra sûrement revoir l’indemnité en cas de mortalité», admet l’élu qui tire aussi la sonnette d’alarme pour l’élevage ovin.

Vaccination et désinsectisation

Pour lutter contre les signes cliniques et faciliter l’exportation, la vaccination semble le seul moyen efficace à ce jour. Elle devrait commencer dès le printemps ou l’été 2008. Selon Michel Cètre, président de l’EDE, il ne sera pas possible de vacciner 30 millions de bovins dès la première année. «Il faudra peut-être faire le dos rond face à cette maladie et espérer une forme d’immunité naturelle sur laquelle la recherche n’a pas encore donné de réponse». Les éleveurs se posent aussi des questions sur l’efficacité de la désinsectisation. La FNGDS a demandé d’ouvrir une étude sur ce point. Martine Fallon, directrice de la DDSV annonce que les résultats des études menées actuellement, notamment sur les troupeaux sentinelles, seront connus à la fin de l’année.

«Cette crise doit nous servir de leçon : nous devons nous préparer à d’autres épreuves spontanées et imprévisibles [...] Savoir organiser la lutte collective et la prévention, assumer la solidarité et le mutualisme entre les adhérents, cela fait partie des missions des GDS. Les GDS ont prouvé, encore aujourd’hui, leur capacité à agir en s’appuyant sur l’engagement et l’effort de tous», termine Claude Métraille.


Enbref

FCO dans le Jura

Dans le Jura, au 12 novembre 2007, neuf foyers de fièvre catarrhale ovine ont été déclarés dont huit en élevage de bovin et un seul en ovin. Six cas sont issus de déclaration de suspicion clinique, un détecté lors des contrôles sentinelle (réalisés en zone réglementée et en zone indemne uniquement) et deux cas lors de contrôle sérologique précédant la vente. Depuis le premier cas, daté du 19 octobre 2007, une trentaine de suspicions ont été déclarées. Sur ces foyers, on constate peu de morbidité et pas de mortalité sauf un cheptel de bovin où l’on déplore plusieurs bovins morts dont l’origine pourrait être la FCO mais associée à d’autres pathologies.

Rappels sur la FCO

La FCO est une maladie infectieuse due à un virus qui comprend 24 sous familles différentes. Dans le cas présent, le sérotype 8 est en cause. Il est d’origine sub-saharienne et était, jusqu’à maintenant, inconnu en Europe. Cette maladie transmise par un moucheron culicoïde concerne exclusivement les animaux et plus précisément les ruminants. L’homme n’est absolument pas concerné et le virus ne se transmet ni par la viande, ni par le lait. « Face à la recrudescence de la maladie en 2007, on estime que des facteurs de persistance du virus sont possibles : survie du virus dans les bâtiments, transmission du virus aux larves et, peut-être, le maintien prolongé du virus sur certains animaux», a rappelé Stéphanie Giraud, chef du service santé animale à la DDSV

Action renforcée sur l’IBR et la BVD

«Les exigences sanitaires de nos partenaires commerciaux sont de plus en plus pressantes et certains schémas de lutte contre des maladies comme la BVD, maladie des muqueuses et l’IBR vont être renforcés», constate Alain Maire-Amiot, directeur du GDS lors du rapport d’activité du groupement pour l’année 2006-2007. Le prix des contrôles BVD à l’introduction d’animaux et avant mise en pâture ne doit plus être un frein. Il a été divisé par quatre en un an, soit aujourd’hui 2,81 euros par bovin, grâce à une prise en charge du GDS, du conseil général et un accord avec le laboratoire départemental.

La prévalence de l’IBR dans le département est clairement attribuée à la négligence de certains éleveurs. Le GDS a modifié son règlement intérieur, autorisant les laboratoires à lui transmettre les résultats d’examen. Les dérogations au contrôle à l’introduction seront délivrées avec prudence.

Nouvelles règles pour les médicaments vétérinaires

Parmi les activités du GDS : 54 624 bovins recensés en IPG, 82 828 ASDA éditées, l’organisation du tri et la collecte des déchets de soins vétérinaires, les formations «Éleveur infirmier de ses bovins». L’intervention d’Yves Chevallier, directeur adjoint de la DDSV, a porté sur les nouvelles règles de prescription et de délivrance des médicaments vétérinaires liées à un suivi sanitaire permanent de

l’élevage. Ce qui permet au vétérinaire de faire une prescription sans examen clinique systématique.


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