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Ration mélangée complète |
Cela ne vous aura pas échappé, personne ne s’est précipité cette année pour commenter la qualité des fourrages et se risquer à donner quelque conseil en stratégie alimentaire.
La base de données fourrages constituée par le contrôle laitier du Jura est maintenant assez étoffée pour que nous puissions annoncer les tendances données par les analyses. Il est également dans nos missions de conseiller les éleveurs en matière de stratégie de complémentation.
Foins : une année exceptionnellement tardive en matière de fauche
Depuis pas mal d’années nous étions habitués à ce que la fauche des foins se réalise sur une période relativement courte, entre la mi-mai pour la plaine, et la fin juin pour le haut jura. Rien de semblable cette année, puisque les premiers foins (ils sont rares) ont commencé le 20 avril et on enregistrait encore des fauches de première coupe au 20 juillet sur l’ensemble du Jura.
De bonnes valeurs alimentaires pour l’année
La première surprise vient de la valeur alimentaire des foins 2007 que l’on attendait comme catastrophique. Si on compare les valeurs des foins 2007 aux valeurs 2006, on se rend compte que celles-ci sont sensiblement équivalentes. Nous sommes assez déstabilisés par ce constat. Plusieurs hypothèses sont émises à ce sujet :
• 2007 est une année tardive, si on se remémore le printemps, on constate que l’herbe a poussé tard. Mars et avril ont été des mois secs. Les foins se sont mis réellement à pousser avec les pluies du mois de mai ;
• certains foins tardifs étaient composés pour bonne part de repousses qui viennent limiter la perte de valeur.
Peu de cellulose brute malgré des foins visiblement grossiers
Les foins 2007 ont poussé tard et par la pluie. C’est certainement ce qui explique qu’ils sont très pauvres en cellulose brute. Ce point est particulièrement déconcertant. En effet, bon nombre d’éleveurs se disent que des foins fauchés plus tard que les autres années seront forcément fibreux et ne présenteront pas de risques métaboliques. Ce n’est apparemment pas le cas. Il faudra être particulièrement prudent dans le rapport foin/regain des rations.
L’appétence sera vraisemblablement le facteur déterminant
Il n’est pas rare en matière d’analyse de fourrage d’être en contradiction entre l’idée que l’on se fait du fourrage et les résultats des analyses en laboratoire. Ceci est particulièrement marqué cette année. Mais la valorisation des fourrages 2007 ne se fera certainement pas en fonction d’une teneur à plus ou moins 15 g de PDI. C’est en effet l’appétence des foins qui semble être le problème majeur dans les exploitations. Certains foins sont refusés par les vaches alors que leur odeur ne paraît pas désagréable. Les vaches sont difficiles sur ces fourrages. Ceci est vrai lorsque les animaux ont le choix. On constate déjà de bonnes consommations de foin par les troupeaux qui ne pâturent plus.
Ceci étant dit, certains foins sont vraiment mauvais. En effet, on voit certaines analyses avec des taux de matière sèche inférieurs à 85 %. Dans ces conditions, le fourrage ne peut pas se conserver correctement. Fourrage fermente et chauffe ; dans ce cas, on retrouve des foins qui dans le meilleur des cas sentent le caramel mais sont appauvris en éléments nutritifs. Si les fermentations dérivent, on trouve alors des situations parfois dramatiques (incendie) mais le plus souvent des foins moisis très poussiéreux. Ces derniers sont non seulement inappétents mais peuvent être dangereux pour les animaux et surtout pour l’éleveur (risques pulmonaires).
Regains : un très bon cru
Les regains sont particulièrement bons cette année. La faute aux foins tardifs. En effet, les regains ont été récoltés à environ 6 semaines après les foins, ce qui en fait des regains précoces riches en valeur nutritive. L’utilisation de fourrage n’en restera pas moins difficile. Il est particulièrement délicat d’associer deux fourrages aussi différents que les foins et les regains 2007. On risque d’avoir une surconsommation de regain au détriment du foin. Cette dernière situation conduirait inévitablement le troupeau vers des problèmes métaboliques provoqués par le manque de fibres efficaces au niveau du rumen. Il est conseillé de ne pas dépasser la proportion de 40% de regain dans la ration . Il est également souhaitable de distribuer ce fourrage en plusieurs « petits » repas répartis dans la journée. Ainsi, on limite sérieusement les risques métaboliques et c’est bon moyen pour encourager la consommation de foin.
Les maïs ensilage s’en tirent bien
Le taux de matière sèche des maïs varie de 27 à 38%. Les maïs ont eu une très bonne végétation cette année, favorable au rapport épi sur tige de la plante. Les taux d’amidon sont corrects sans atteindre des niveaux très élevés. Ceci traduit une maturité du grain pas trop avancée à la récolte. Ce fourrage devrait donc être assez digestible. Le taux de parois cellulaires traduit par le NDF sur l’analyse est assez élevé (410g/kg) est favorable au bon développement des bactéries du rumen. Autrement dit, ces maïs ont un bon potentiel de valorisation par les vaches laitières. Mais attention ceci est la conclusion que l’on peut tirer à la lecture des bulletins d’analyses, qui ne tiennent pas compte de la qualité ni de la taille de coupe de l’ensilage. Ces derniers critères sont certainement aussi importants que la valeur analytique. Pour juger de la qualité de la coupe de votre ensilage, le syndicat de Contrôle laitier dispose de tamis spéciaux. N’hésitez donc pas à faire appel à votre conseiller d’élevage afin de réaliser un bilan granulométrique de votre ensilage.
Le déparasitage, gage de valorisation des rationsLa période de mise à crèche doit être accompagnée d’une réflexion autour du niveau de contamination des animaux par des hôtes indésirables. La recherche de parasite peut se faire par le biais d’une coproscopie (analyse de bouses) ou par une sérologie sanguine pour certains parasites. Cette année, le contrôle laitier vous propose la recherche de douve par l’analyse d’un lait de mélange.
Le foie joue un rôle majeur au niveau du métabolisme chez la vache laitière. C’est un organe qui doit être sein pour permettre à l’animal de valoriser au mieux la ration qui lui est offerte.
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