Le choix de la stratégie de complémentation est particulièrement délicat cet automne. Pour preuve le nombre de demandes de conseils que le Contrôle laitier du Jura reçoit actuellement.
La qualité (ou plutôt la non qualité) des foins, l’évolution du prix des aliments du bétail remettent en cause les habitudes de travail des éleveurs. Essayons alors de construire un raisonnement afin de choisir une complémentation qui permette de valoriser au mieux les fourrages 2007.
Des objectifs bien définis mais parfois en opposition
Le premier objectif est de faire du lait cet hiver. Rallonge de quotas, retard de production dû à un été difficile, on sent effectivement une forte envie de produire chez les éleveurs.
Cet objectif est réalisable mais il faudra surtout veiller à respecter la fonction de ruminant des vaches pour valoriser des foins difficiles.
Priorité au bon fonctionnement du rumen
Il est indispensable pour éviter les problèmes de subacidose, de maintenir un taux de cellulose de la ration totale supérieur à 22%. Si on prend pour exemple une ration avec 10kg de foin, 8 de regain, 4 kg de céréales et 2,5 kg de tourteau de soja, on obtient une ration à 21% de cellulose brute. On constate donc qu’il faudra absolument limiter les apports de regain, et veiller à ce que les vaches consomment suffisamment de foin. Dans ce domaine, soyez particulièrement vigilant avec les primipares qui ont une capacité d’ingestion moindre.
Le second point à vérifier est l’apport de concentré azoté soluble. Les bactéries du rumen ont besoin d’azote soluble pour dégrader la cellulose. Pour vérifier que l’apport d’azote soluble de la
ration est suffisant, il faut vérifier deux critères :
• le rapport PDIN/PDIE de la ration doit être positif ;
• les concentrés azotés de la ration ne doivent pas être protégés. Pour cela la valeur des PDIA ne doit pas être supérieure à la moitié des PDIN.
Des concentrés simples, efficaces et économiques pour corriger les foins
Vu le prix des concentrés, il faudra que la complémentation soit efficace. Elle le sera si les critères énoncés plus haut sont respectés. Pour corriger les rations en azote soluble, le plus efficace est l’utilisation de tourteaux de type soja, colza ou mieux, un mélange soja colza tournesol. Ce sont en effet les trois tourteaux les plus solubles. L’apport de ce correcteur azoté doit permettre de remonter les PDIN de la ration au niveau des PDIE. La quantité à apporter sera fonction des quantités de fourrages et définie lors du calcul de la ration. On obtient alors une ration équilibrée en PDIN et PDIE, c’est la garantie du bon fonctionnement du rumen. Ce type de ration est « hyper azotée », il faut donc en tenir compte dans le choix du concentré de production. Il est alors judicieux, d’un point de vue économique, de rester pour le concentré de production sur une VL 18 voire VL 16. Sur le plan énergétique, le concentré de production devra approcher 1 UFL.
Cas des rations maïs
Le déséquilibre entre les PDIN et les UFL peut facilement être comblé par un correcteur azoté puissant. Il est également possible d’utiliser de l’urée alimentaire. L’urée sera efficace sur des maïs à plus de 35% de matière sèche ou sur des maïs ayant un taux d’amidon supérieur à 350g par kg de matière sèche.
Critères d’une ration sécurisée
• Cellulose de la ration supérieure à 22% de la MS
• Apport total de PDIN supérieur aux PDIE
• Peser les quantités de fourrage et de concentré distribuées
• Respecter l’ordre de distribution des aliments, du plus grossier au plus fin
• Observer les animaux avec une attention particulière pour les
primipares�
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