Le Jura Agricole et Rural
Le problème de fond demeure
Matière grasse laitière
Jura agricole et rural
Publié le:  14 novembre 2007
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Thierry Oriol : « Il est important de ne pas perdre de vue certaines menaces qui pèsent sur la matière grasse laitière »

Thierry Oriol, directeur général adjoint de la fromagerie Guilloteau (Loire), préside la section Rhône-Alpes de la Fédération nationale de l’industrie laitière. C’est à ce titre qu’il s’exprime sur la problématique de la matière grasse.


Face aux excédents de matière grasse, quelle position défendez-vous en tant qu’industriel laitier ?

« Dans le contexte actuel de hausse de prix du lait et de la matière grasse, cela peut paraître un peu antagoniste de dire : en Rhône-Alpes, nous allons poursuivre cette politique de moindre rémunération de la matière grasse que le Criel a mise en place. Car, même s’il y a une embellie ponctuelle, il convient de rappeler que le problème de fond de la matière grasse demeure. Il faut donc rester prudent. Dans les entreprises, nous constatons que la demande en produits allégés est de plus en plus forte ».


Quelles sont les répercussions de cette évolution de la demande sur les industriels laitiers qui développent ainsi leurs gammes de produits allégés sur différents types de laits ?

« Il est important de ne pas perdre de vue certaines menaces qui pèsent sur la matière grasse laitière. Aujourd’hui, les produits gras sont fortement attaqués dans le cadre de la politique des Pouvoirs publics liée au plan national « nutrition et santé ». Nous avons aussi la contrainte de l’étiquetage nutritionnel qui va se mettre en place, avec des dispositions qui seront transposées de l’Europe dans le droit français. A l’avenir, si les produits contiennent trop de matière grasse, nous ne pourrons plus arguer des autres bénéfices de nos produits sur la santé, par exemple, la richesse en calcium ».


Au niveau de la fromagerie Guilloteau, comment sont gérés les flux de lait de vache issu de deux zones de collecte, dans l’Ain et dans le Pilat à cheval sur la Loire et le Rhône ?

« A ce jour, nous ne sommes pas complètement couverts en approvisionnement de lait de vache. Cet été, nous avons été amenés à acheter du lait sur le marché spot à des prix extrêmement élevés. Depuis un certain nombre d’années, nous cherchons à privilégier une politique de lait d’été qui a déjà donné quelques résultats, mais ils restent marginaux par rapport à nos besoins. Sur nos zones de collecte et plus particulièrement sur celle de l’URCVL dont nous sommes client, nous avons constaté plusieurs cessations d’activités assez significatives parmi les producteurs laitiers. Toutefois, nous avons pu trouver un accord avec l’URCVL pour compenser par ailleurs le litrage en moins, de manière à éviter que l’impact ne soit trop important ».


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