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Pour le directeur général de l’OMC, un risque d’implosion paraît « pour le moins excessif ». |
Les présidents des comités de négociation de l’OMC sur l’agriculture et les tarifs industriels soumettront plus tard que prévu leurs projets de compromis révisés qui étaient attendus pour le milieu de ce mois, d’autant qu’une réunion a priori importante des pays émergents doit se tenir le 15 novembre à Genève.
Repousser les pourparlers jusqu’à l’année prochaine compliquerait vraisemblablement (les choses) d’un point de vue politique et la plupart des pays membres partagent aujourd’hui ce sage point de vue », a averti le 6 novembre à Zurich Pascal Lamy, le directeur général de l’organisation. Selon lui, « si nous sommes de fait à un stade très critique des discussions, le pronostic d’une implosion imminente de cette négociation paraît pour le moins excessif ».
Le Néo-Zélandais Crawford Falconer, responsable de la négociation agricole à l’OMC, a décidé le 2 novembre de repousser la présentation de la version révisée de son compromis de juillet dernier, qui était attendue pour le milieu du mois. Outre la complexité des dossiers à traiter, il a jugé peu opportun de proposer ce texte avant une réunion des pays émergents du G-20 qui, comme l’a annoncé le Brésil le 31 octobre, doit se tenir le 15 novembre à Genève.
Actuellement, « nous sommes coincés sur le sujet des produits spéciaux », a déclaré M. Falconer aux journalistes, en référence aux produits que les pays en développement veulent mettre à l’abri d’une baisse trop forte des droits de douane pour des raisons de sécurité alimentaire, de survie de leurs producteurs ou de développement rural. Sur le chapitre des subventions directes à l’agriculture, « les paramètres de la discussion sont clairs comme du cristal », a-t-il affirmé, ajoutant que « cela pourrait être bouclé relativement rapidement du moment qu’il y a une volonté de le faire », a-t-il ajouté.
Le responsable de la négociation agricole prévoit encore des pourparlers entre différentes délégations représentatives dans la semaine du 12 novembre. Le 7 novembre, il a fait circuler trois documents de travail sur le financement à l’exportation (crédit, garanties de crédit et assurance), les entreprises commerciales d’Etat et l’aide alimentaire.
M. Mandelson satisfait de sa tactique
Le Canadien Don Stephenson, responsable de la négociation de l’OMC sur les produits industriels, a lui aussi annoncé qu’il reportait d’une ou deux semaines la présentation de la version révisée de son compromis de juillet dernier, qui était attendue pour le 15 novembre.
« Sur les tarifs industriels, la négociation (de Doha) risque maintenant de dérailler », a commenté à ce propos Peter Mandelson le 5 novembre à Bruxelles, ajoutant qu’ « il y a un grand déséquilibre dans ce qui est demandé aux pays développés et en développement ».
Pour le reste, a estimé le commissaire européen au commerce devant la commission du développement du Parlement européen, « nous sommes plus près d’une convergence que ne le pensent la plupart des observateurs ». « Je crois que l’UE avait raison de montrer comment elle était préparée à améliorer son offre agricole », a-t-il dit, précisant que, « bien sûr, une amélioration similaire sur les subventions agricoles sera exigée des États-Unis, à la fin de la partie ».
Un message ferme
En déplacement aux États-Unis, Michel Barnier, le ministre français de l’Agriculture, a rappelé, selon un communiqué de ses services, « les concessions déjà faites par l’UE » dans les négociations de l’OMC, qui « appellent de la réciprocité de la part des États-Unis, comme des autres partenaires ». Il a constaté qu’« alors que l’Union avait effectué une profonde réforme de la Pac en 2003, les États-Unis s’apprêtaient à reconduire, peu ou prou, les soutiens traditionnels du Farm Bill ». Selon lui, « l’UE ne peut être le banquier du cycle de Doha ». En outre, M. Barnier a « relayé un message de fermeté sur la reconnaissance et la protection internationales des indications géographiques, avec une référence particulière aux progrès qui restent à accomplir dans l’accord sur le vin entre l’UE et les États-Unis ».
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