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« Dans les années qui viennent, il faut s’attendre à une demande en céréales qui augmente, accompagnée d’une forte volatilité plus que de prix élevés » estime Xavier Cassedanne du service études économiques d’Arvalis Institut du végétal |
Arvalis - Institut du végétal Rhône-Alpes a organisé une journée technique à Saint-Vulbas dans l’Ain à destination des techniciens, agents de développement et agriculteurs, le mercredi 7 novembre. L’occasion de revenir sur la campagne 2007, faire le point sur les préconisations et essais de l’institut, mais aussi de parler économie. Xavier Cassedanne du service études économiques a expliqué les raisons de la hausse du prix des céréales.
Xavier Cassedanne a décortiqué les éléments permettant d’expliquer pourquoi les prix des céréales sont hauts et a projeté des scénarios à l’horizon 2015 pour essayer de voir si cette situation peut durer. Selon l’économiste d’Arvalis - Institut du végétal, les raisons de la hausse des prix des céréales sont multifactorielles. D’un côté, il y a ce qu’il appelle les « fondamentaux » avec le niveau de production, la consommation mondiale, le niveau des stocks et les ratios stock par rapport à la consommation. À cela, se greffent des facteurs externes, comme la valeur du dollar par rapport aux autres monnaies et notamment l’euro, le coût du fret maritime et les effets de la spéculation. L’observation des stocks de céréales au niveau mondial (blés, maïs, sorgho, avoine, seigle et riz) montre une forte baisse du ratio stock par rapport à la consommation. Celui-ci était de 27 % en 2000, il n’est plus que de 15 % en 2007.
Entre 2006 et 2007, le prix de la tonne de blé est passé de 120 euros à un maximum de 274 euros. Les explications : « une mauvaise récolte en Inde, des niveaux de production en baisse dans l’Union européenne, aux Etats-Unis, en mer Noire et au Brésil, des prévisions catastrophiques annoncées pour l’Australie en 2006, puis des productions inférieures aux prévisions dans l’UE, en mer Noire et en Australie en 2007 ». Le maïs a suivi les prix du blé au coude à coude, mais avec un écart à l’avantage du maïs pour l’alimentation animale en 2007. Avec des échanges commerciaux en forte hausse, un manque de bateaux et des congestions portuaires (Australie, Brésil), le coût du fret maritime a entraîné une hausse du coût du transport qui a pesé sur les prix. Enfin, le taux de change entre l’euro et le dollar pénalise les céréales françaises à l’export.
Perspectives 2015
À quoi faut-il s’attendre dans les années qui viennent ? Une chose est sûre, la population mondiale va augmenter et pourrait atteindre 8,9 milliards d’habitants en 2050.
Autre élément prévisible, l’augmentation du niveau de vie en Asie. D’où une hausse de la consommation qui pourrait être comparable à celle que l’on a connue entre 1995 et 2005, comprise entre 22 et 25 %, et qui correspond à une production de plus de 60 millions de tonnes de viande. Dans les évolutions prévisibles figure également une demande de plus en plus importante de céréales pour des usages industriels, dont les biocarburants.
En 2006, aux Etats-Unis, le bioéthanol est déjà le deuxième débouché du maïs derrière l’alimentation et avant l’exportation. Selon les estimations de Xavier Cassedanne, les besoins en céréales (blé, maïs, orge) à l’horizon de 2015, pourraient se situer aux alentours de 1 660 millions de tonnes, soit 200 millions de tonnes de plus qu’en 2005. Face à ces besoins en augmentation, la production pourra-elle suivre ? À rendement égal, la surface en plus nécessaire pour combler les besoins est estimée à 19 millions d’hectares.
Des surfaces cultivables et encore non utilisées existent au Brésil et en Russie. Ses surfaces seront-elles mises en cultures ? Face à ces évolutions, beaucoup d’inconnues demeurent. Quelle sera, par exemple, la stratégie des USA ? Choisiront-ils d’assurer leur indépendance alimentaire et énergétique en privilégiant une utilisation intérieure de leur production de maïs ou continueront-ils à exporter ? Quel arbitrage sera fait pour l’utilisation des matières premières entre l’alimentaire et l’industriel ? Quel sera le niveau d’augmentation des rendements ? Beaucoup de questions sans réponses se posent.
Selon l’économiste d’Arvalis Institut du végétal, « on peut penser qu’à l’horizon 2015 les prix des céréales seront en moyenne plus hauts mais avec une plus forte volatilité. »
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