Le Jura Agricole et Rural
L'agriculture face à la rigueur
Budget 2008
Jura agricole et rural
Publié le:  22 novembre 2007
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De nombreux points sont préoccupants pour ce budget, notamment l’absence de dotation du fonds de calamités agricoles

C’est un feu nourri de questions et d’inquiétudes, au soir du 13 novembre, auxquelles le ministre de l’Agriculture a dû faire face à l’Assemblée nationale pour la discussion de son budget. Le contexte s’y prête : avec des crédits de paiement en recul de 2,1 %, incluant une baisse de 9 % pour la valorisation des produits, Michel Barnier à dû sélectionner des priorités. Un amendement proposé par le Gouvernement a permis d’étoffer les crédits destinés à l’installation des jeunes.

La baisse de vos crédits nous inquiète », lançait le rapporteur de la commission économique Antoine Herth (Bas-Rhin). Rapporteur spécial pour ce budget, Nicolas Forissier (Indre) avait souligné les différents signes d’un financement préoccupant : utilisation des recettes de la vente de l’immeuble de l’Onic pour compenser la réduction des crédits d’intervention des offices ; Fonds de calamités agricoles (FNGCA) non doté ; budget Agridiff divisé par deux ; insuffisance des moyens de l’agence de communication (Aficar), etc. Ce qui n’a pas empêché le député d’inciter ses confrères à adopter ce budget, compte tenu des priorités dégagées néanmoins par Michel Barnier et du travail de rationalisation de ses services.

Moins de promotion

À gauche, Jean Gaubert (Côtes-d’Armor) n’y allait pas de main morte, constatant qu’une réduction de budget de 2,37 % en euros courants équivalait à -4 % en euros constants. Et de regretter la baisse des crédits d’intervention des offices, la réduction des moyens de promotion internationale, « dix millions de moins sur l’appui au revenu des agriculteurs, la DJA, les prêts bonifiés. » Jean-Claude Sandrier (Cher) estimait, pour sa part, que « les agriculteurs mais aussi les consommateurs peuvent à juste titre s’interroger sur la volonté de ce gouvernement de peser en faveur d’une agriculture respectueuse des hommes et des territoires. »

Marc Bernier (Mayenne) se félicitait de la stabilité des crédits pour l’enseignement et la recherche en s’inquiétant de l’avenir de l’enseignement technique. Marc Le Fur (Côtes-d’Armor) mettait en avant les difficultés des éleveurs de porcs ; Nicole Ameline évoquait le rôle des Safer dont « il faut privilégier la mission de restructuration » ; Pascale Gruny plaidait en faveur des biocarburants tandis que d’autres s’inquiétaient des files d’attente pour les différentes aides agricoles (modernisation des bâtiments agricoles, installation des jeunes, PHAE, ICHN), des réductions des budgets des offices, du déficit du FFIPSA (prestations sociales agricoles), etc. Autant que questions auxquelles Michel Barnier répondait point par point, constatant par exemple une augmentation des montants moyens des ICHN (de 2 650 euros) 5 370 euros entre 1997 et 2007 ou une reconduction de l’enveloppe des PHAE, spécifiant également que la liste d’attente pour les aides aux bâtiments d’élevage est en cours de réduction.

Un jour plus tard, la Commission des finances du Sénat se faisait également critique, évoquant une « situation budgétaire dégradée ». La commission regrettait la persistance, au sein du projet de loi de finances pour 2008, de « poches de sous-budgétisation » concernant notamment le fonds national de garantie contre les calamités agricoles (FNGCA).


5 millions d’euros de plus pour l’installation

Si le débat a été parfois animé, il ne s’est soldé que par une seule modification notable au projet de budget initial, modification introduite à l’initiative du Gouvernement. Celui-ci a en effet déposé en cours de discussion un amendement majorant de 5 millions d’euros les fonds alloués à l’installation des jeunes. Le ministre de l’Agriculture Michel Barnier a justifié cette initiative en expliquant : « Une agriculture durable, ce n’est pas seulement une agriculture qui produit mieux, c’est aussi une agriculture qui se renouvelle à travers les générations ». La droite a évidemment approuvé l’amendement. L’opposition n’a pas voulu prendre part au vote, déplorant que pour financer cette mesure on ait amputé des crédits alloués à d’autres postes et notamment à la forêt.


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