|
«Nous voulons des projets qui apportent une nouvelle valeur ajoutée pour la zone betteravière» |
Où en sont les négociations avec le groupe Cristal Union et quel avenir pour la zone betteravière ? La question a été posée à Frédéric Legrand, président du syndicat des betteraviers du Centre-Est.
Des négociations se sont engagées avec Cristal Union. Quelles sont les conséquences aujourd’hui pour les planteurs ?
Frédéric Legrand : Le syndicat betteravier vient de transmettre un courrier aux planteurs de la zone d’Aiserey pour faire le point sur des négociations qui ont été extrêmement difficiles. Et le mot est faible, croyez-moi ! Nous avons réussi à obtenir une compensation qui devrait couvrir les pertes liées au matériel pour les propriétaires en Cuma, notamment. Nous avons également obtenu une compensation complémentaire de l’ordre de 4 euros par tonne, ramenée au droit betterave et calculée sur divers critères. Nous avons tout d’abord l’assurance d’un complément de prix d’environ 2 euros par tonne pour les betteraves hors quota, ce qui représente environ 75 000 tonnes de betteraves payées entre 14 et 15 euros la tonne au lieu de 10,50 euros si l’on se référait au marché mondial. L’autre moitié de la compensation est obtenue par des modalités diverses et complexes. Nous pourrons les expliquer plus en détail par la suite. Enfin, nous comptons aussi sur une solidarité professionnelle qui pourrait s’exprimer au sein de la filière betterave et qui s’ajouterait au 1,6 million d’euros déjà obtenus. La compensation complémentaire sera différente selon la proportion de hors quota produit sur l’exploitation. Elle s’ajoutera à l’indemnité de 44 euros par tonne attribuée par l’Union européenne dans le cadre du plan de restructuration sucrière et de fermeture de l’usine.
Je rappelle aux planteurs qu’il est inutile de renvoyer le document d’abandon individuel.
Que va devenir l’outil industriel qui comprend la sucrerie mais aussi l’unité de déshydratation Sécopulpe ?
Frédéric Legrand : Le conseil d’administration de la Sica Sécopulpe a décidé, avec le syndicat betteravier, de conserver l’outil qui appartient pour 80% aux planteurs et 20% à Cristal Union, afin que les bons résultats de la campagne 2007-2008 arrivent jusque chez les exploitants. Nous sommes en pleine réflexion pour trouver d’autres utilisations à cet outil, en n’oubliant pas l’intérêt que représente la pulpe pour les éleveurs. Si la pulpe ne peut pas continuer à être produite, il faudra trouver des solutions techniques pour valoriser la betterave fourragère qui est plus intéressante que le maïs ensilage. La sucrerie est propriété de Cristal Union, mais nous menons une réflexion interrégionale avec les coopératives et les élus. Nous serons vigilants sur les projets qui pourraient se monter sur le site.
On parle d’un fonds de réindustrialisation ?
Frédéric Legrand : Les réflexions sur l’avenir de la zone betteravière ont commencé à l’annonce de la fermeture de l’usine. Depuis deux mois nous multiplions les rencontres. La FDSEA du Jura a initié une rencontre à la FNSEA, puis avec Michel Cadot, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture. Les FDSEA de Côte-d’Or, du Jura et de Saône-et-Loire et le syndicat betteravier ont invité les trois coopératives régionales à se positionner sur la question de la réindustrialisation de la vallée de la Saône. Les projets ont été entendus par les élus notamment le député Jean-Marie Sermier. Une concertation est indispensable et nous allons constituer un comité de pilotage pour orienter l’utilisation de ce fond d’aide européen à la diversification. Ce fonds, que certains appellent fonds de réindustrialisation, accompagne la fermeture de la sucrerie et représente environ 6 millions d’euros.
Le développement des légumes particulièrement de la culture de l’oignon fait-il partie de ce plan de diversification ?
Nous voulons donner l’élan à des projets qui tiennent la route, des projets qui apportent une nouvelle valeur ajoutée pour la zone betteravière. Les légumes et les oignons représentent un marché stable. Val Union sera sûrement à la base d’un développement de la production d’oignons dans la vallée de la Saône. C’est une piste pour retrouver de la valeur ajoutée dans nos exploitations. Mais ce projet ne sera pas financé par le fonds de diversification.
Comment voyez-vous l’avenir ?
Nous venons de vivre un coup très dur. Il nous faut redémarrer sur de nouvelles bases économiques et une organisation pérenne avec des outils qui tiennent leurs engagements vis-à-vis des producteurs et des producteurs qui tiennent leurs engagements vis-à-vis de leurs outils.
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- La Safer et le droit de préemption
- Chemin rural ou chemin d'exploitation
- La paille a-t-elle un prix ?
- Personnaliser le collectif
- Un combiné bois de chauffage à l'essai
- Une récolte 2008 abondante
- La Vache qui rit se met en scène
- Plantations : Les distances à respe...
- Un dimanche à la ferme
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




