Le Jura Agricole et Rural
Bientôt 60 ans
Assemblée générale de Jura-Bétail
Jura agricole et rural
Publié le:  28 novembre 2007
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Uzette, fille de Soja jb, au Gaec des cyclamens. Soja jb fait partie de la nouvelle série indexée en juin dernier. Un bon cru pour l'unité de sélection

L’assemblée générale de la coopérative d'insémination Jura-Bétail se tenait se tenait mercredi dernier à Crançot. L’occasion de faire le point sur l’évolution de l’activité au cours de la campagne écoulée.

La coopérative agricole Jura-Bétail a connu comme bien d'autres le « bouleversement » de la réforme du dispositif génétique français. Une mutation que n'a pas manquée d'évoquer son président Alain Romand, dans son rapport moral : « La Loi d’orientation agricole et les nouveaux textes qui encadrent la production de semence modifient profondément le contexte de notre activité. Le but est d'harmoniser la réglementation française avec la réglementation européenne, notamment pour les aspects de concurrence. Cette réforme renforce le volet sanitaire ainsi que les exigences de traçabilité. Deux axes au coeur de l’effort consenti depuis 60 ans par Jura-Bétail pour offrir à ses adhérents des semences irréprochables. Depuis 1948, trois générations d'éleveurs ont donné la priorité au sanitaire dans la mise en oeuvre de la sélection des reproducteurs. Le bilan est très positif. Nous sommes fiers de nos résultats ! »

Pour le président, « la coopération reste la seule voie pour garder la maîtrise de la génétique aux mains des éleveurs. L'organisation mutualiste s'impose pour réussir l'entreprise de sélection ». Il a également détaillé « trois axes fondamentaux » pour adapter la coopérative au évolutions du contexte : « Améliorer la performance économique, en faisant des choix courageux et en modernisant la gouvernance de nos entreprises. Former nos administrateurs et nos salariés pour améliorer l’attractivité de nos métiers. Entretenir un dialogue soutenu avec nos adhérents, en conservant un maillage territorial fort. »

Dominique Peinturier, directeur de Jura-Bétail, a présenté pour sa part le rapport technique de l'exercice 2006-2007.

Maintien de l’activité

La coopérative a eu en 2006-2007 une activité en légère baisse avec –2,81% d’IA totales réalisées par rapport à la campagne précédente. Ce sont les inséminations en races laitières qui accusent le recul le plus important, à –3,57%, tandis qu’en races bouchères ce recul n'est que de –0,61%. Les 47 079 IAP réalisées dans le département du Jura ont concerné 1 078 élevages, et 21 races bovines et 392 taureaux. En moyenne cela correspond à 44 IAP par cheptel. La race montbéliarde représente 89% de ces IAP. Les services annexes se développent également : synchronisation des chaleurs (2 783), palpers rectaux (1 794), échographies pour la deuxième campagne (7 474), et plans d'accouplement (657)...

L'évolution de la fertilité des vaches du Jura demeure un motif de satisfaction pour les dirigeants de la coopérative « depuis 15 ans le taux de réussite en première IA reste entre 68 et 70%, tandis que la production moyenne a augmenté de plus de 1 000 kg par vache ! »

Et ce alors que, pour la population montbéliarde, ce taux de non retour est de cinq points inférieur... sans parler des holsteins, aujourd'hui à moins de 59%.

Une sortie exceptionnelle

La commercialisation enregistre de bons résultats, avec plus de 2 341 animaux vendus au cours de la campagne écoulée (contre 2 011 en 2005), dont 1 466 en France et 875 à l’étranger. Après presque dix ans de stagnation, suite à la crise de l’ESB, ce secteur connaît désormais une belle croissance. 2006 a été une année record pour l'exportation de doses. Celles-ci sont expédiées sont exportées dans 34 pays, sur tous les continents. Dominique Peinturier est resté discret sur les destinations. « Pour des raisons de confidentialité. Le pays dans lequel nous avons vendu le plus de doses cette année... on ne faisait rien il y a cinq ans. » Mistouflon, Merci, Oran jb, Oviédo jb Pif jb, voilà le Top 5 des taureaux Jura-Bétail les plus prisés.

« La caractéristique commune de ces taureaux, c’est la facilité de naissance et la possibilité de les utiliser sur génisses », a fait remarquer le directeur. En France, la diffusion des semences s’est un peu tassée. « Le catalogue n’était pas extraordinaire, avec une forte proportion de taureaux impossibles à utiliser sur génisses, la rupture de stock des semences de Nenni et Natif en cours de campagne, et enfin les difficultés de mise en route de l'OCAD », a hiérarchisé Dominique Peinturier. Cette année par contre, la sortie est exceptionnelle et le catalogue particulièrement fourni. En arrière-plan, c’est l’activité de testage qui permet d'alimenter le système de sélection des taureaux : 7 888 IAP de testage sont effectuées dans le Jura, et 2 216 dans l’Ouest de la France, soit 10 104 IAP. 134 taureaux, des séries T, U, V, A, de 32 pères différents, sont actuellement entretenus par le centre. « Nous voulons garder intacte notre capacité de sélection, de 35 taureaux par an », a clamé Alain Romand. Après accord de l’Inra, un nouveau protocole d'alimentation des taureaux a été mis en place, à base de foin au lieu de paille. « Cela permet une économie substantielle d’aliment (300 kg par taureau) et nous semblait plus cohérent. Quand on voit le prix des céréales aujourd’hui... ». Dominique Peinturier a conclu son rapport en annonçant les 60 ans de Jura-Bétail, qui seront fêtés le 9 janvier prochain à Juraparc Lons-le-Saunier, avec une sélection de vaches de chaque comice pour l’occasion.


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