Le Jura Agricole et Rural
Travailler vite et bien
Gaec Billottet-Gauliard à Velloreille-lès-Choye
Jura agricole et rural
Publié le:  28 novembre 2007
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Daniel Billottet et son neveu Vincent Gauliard

Les associés du Gaec Billottet-Gauliard, en zone de plaine en Haute-Saône, ont intégré dans leurs investissements la question du temps de travail, et en particulier du travail d’astreinte.

Pour Daniel Billottet, la question du temps de travail n’est pas nouvelle. « Déjà du temps de mon père – je me suis installé avec lui en 1985 – on ne finissait jamais après 19h. On ne se prend pas pour des bagnards ! » L’association avec Daniel Gauliard, en 1989, le départ de son père à la retraite en 1993, puis l’arrivée de son neveu Vincent en 2005, n’ont pas modifié sa façon de voir, et même permis d’aller dans ce sens.

« J’ai la chance d’avoir un métier que j’aime et que j’ai choisi, mais ce n’est pas une raison pour rester bloqué sur l’exploitation. » Temps consacré à la famille, aux responsabilités, à la formation… les motivations ne manquent pas. « Aujourd’hui nous nous libérons le dimanche à tour de rôle – deux associés d’astreinte le matin, un seul l’après-midi – et prenons 15 jours de vacances par an chacun. »

D’après la méthode d’enquête du réseau d’élevage, cette exploitation parvient à de bons résultats comparativement aux exploitations similaires, en plaine avec des cultures de vente. Elle a d’ailleurs été retenue pour illustrer la stratégie « production » de la publication. Malgré une charge de travail importante par personne (182 926 litres de quota, 88,4 ha SAU et 56 UGB) le temps libre par personne de la cellule de base atteint 1 156 h par an (contre 840 h/an pour les autres) et un travail d’astreinte ramené à l’UGB de 17,2/an (contre 28 h/an). Le revenu disponible par associé, permis par un système très productif avec un EBE de 47 230 euros par associé, atteint 35 710 euros. Pour en arriver là, les associés ont travaillé sur de nombreux axes. La sélection du troupeau par exemple : « Solidité des aplombs, qualité des mamelles et vitesse de traite », résume Daniel Billottet. La spécialisation par poste a aussi été mise en œuvre. Un seul trayeur pour les 72 vaches montbéliardes, dans une salle de traite 2 x 6 postes, sans décrochage automatique. « Je préfère mettre une demi-heure de plus tout seul que d’être à deux, avec un des deux qui pourrait faire autre chose… », reconnaît Daniel Billottet, responsable du troupeau. Daniel Gauliard est responsable des cultures, suit les dossiers PAC et le plan d’épandage. Vincent Gauliard, enfin, s’occupe de la surveillance des animaux sur le second site d’exploitation., de l’épandage des engrais, etc...

L’investissement dans une mélangeuse de grande capacité (16 m3) a permis de réduire significativement le temps consacré à l’alimentation du troupeau : « on a gagné au moins une demi-heure par jour ! » Côté récolte des fourrages, les associés possèdent désormais toutes les machines en double, suite à l’installation de Vincent. Les ensilages et moissons sont délégués à une entreprise.

Projets d’avenir

Pourtant, tout n’est pas encore parfait. « Nous envisageons de construire un nouveau bâtiment pour les vaches laitières sur le site de Velloreille, pour regrouper tous les animaux ici. Les bâtiments annexes de Bucey-les-Gy nous obligent à de nombreux déplacements, ne serait-ce que pour la surveillance des animaux. De plus ce nouveau bâtiment serait de type logettes, car avec l’aire paillée le travail de raclage est très important, pour un résultat pas toujours satisfaisant. L’objectif c’est d’arriver à ce qu’une seule personne puisse prendre en charge la traite, l’alimentation et les soins du dimanche. »

La piste du robot de traite est également évoquée… « ça fait cinq ans qu’on y pense. Avec de grosses productrices, qui pourraient être traites trois fois par 24 h, en finir avec l’astreinte quotidienne des horaires de traite, c’est tentant. Mais ce n’est pas pour être moins avec les vaches, au contraire. »


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