Le Jura Agricole et Rural
Un budget nouvelle formule
Jura agricole et rural
Publié le:  06 décembre 2007
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Les élus ont voté le budget primitif 2008 avec une hausse des charges contenue à +0,8%

Les élus ont voté le budget primitif 2008. Un budget présenté sous une nouvelle forme, simplifiée mais tout aussi précise avec une visibilité par action. L'actualité agricole a été analysée par le président Dominique Chalumeaux.

La nouvelle présentation du budget de la chambre d'agriculture, lors de la session, le 26 novembre à Moissey, n’a pas perturbé les élus qui ont donné leur feu vert à la quasi unanimité moins deux abstensions. Étienne Moreaux, directeur des services techniques, était chargé de présenter la nouvelle répartition par actions avec la disparition des budgets des services.

Partenariat avec les structures intercommunales

Pour enchaîner sur le sujet de l'aménagement du territoire, le président Chalumeaux s'est appuyé sur l'exemple de la région doloise qui vient de créer une Communauté d'agglomération réunissant le Jura entre Serre et Chaux et le Jura dolois. Deux communautés de communes avec lesquelles la chambre d'agriculture a engagé un partenariat en réalisant, pour l'une, le volet agricole des plans locaux d'urbanisme et en participant, pour l'autre, au Schéma de cohérence territoriale (SCOT).

« La Chambre d'agriculture a pris la décision de s'investir dès 2008 dans un partenariat actif avec les structures intercommunales dans un esprit de partage du territoire et de valorisation des ressources de nos espaces ruraux», rappelle Dominique Chalumeaux. Ce qui amènera à construire des projets communs dans des domaines variés : économiques, agro-alimentaires, fonciers mais aussi énergétiques, touristiques...

Pour une branche Sud qui desserve le Jura

En venant dans le Nord Jura, dans la partie jurassienne concernée par le chantier LGV, située entre Pagney et Pointre, les élus de la chambre d'agriculture ont pu souligner l'importance de ce dossier qui a mobilisé la profession et le service Territoire de la chambre durant trois ans. Et ce, en lien avec les organismes forestiers et la chambre régionale. Une cinquantaine d'exploitations sont impactées dans le Jura. Les 140 km de ligne nouvelle représentent une emprise de 900 ha de SAU et 500 hectares de forêt entre Belfort et Auxonne.

« Tout en restant solidaires de la position du conseil général vis-à-vis d'une branche Est dont le tracé n'apporte aucune desserte au Jura, et l'attente de décision sur la branche Sud, nous avons œuvré pour trouver la meilleure insertion possible dans les territoires des huit communes traversées », souligne le président Chalumeaux. Un seul point délicat : les carrières et les zones de dépôts des matériaux plus étendues que prévues ont un impact sur les exploitations et les communes concernées.

Le travail à venir concerne les projets qui pourront être financés par le Fonds de compensation à l'environnement. Et à plus long terme, la future branche Sud. « Elle ne doit pas que traverser le département mais apporter une réelle desserte au territoire jurassien afin de faire de cette infrastructure un outil d'aménagement local», termine le président.

Renforcer les filières agricoles

La fermeture de la sucrerie d'Aiserey a alimenté le débat. (Lire Jura agricole du 29 novembre). «C'est la première fois, au niveau de la région, qu'une fermeture d'usine entraîne la suppression d'une culture sur plusieurs milliers d'hectares. L'agriculture du Jura est particulèrement touchée par la perte d'un outil industriel qui apportait une plus value économique locale toujours si difficile à trouver», alerte Dominique Chalumeaux qui appelle, y compris l'administration, à rester mobilisés pour faire renaître une activité agro-industrielle porteuse de plus-value sur cette zone. Dans le cas d'Aiserey, la combinaison de deux décisions, l'une prise par l'Europe et l'autre par un groupe coopératif industriel, montre que les filières agricoles de nos territoires ne sont pas à l'abri. «Le maintien de filières AOC performantes est une des réponses mais qu'en sera-til pour les autres filières ? Il est temps de passer à l'action pour ne pas subir la loi des régions économiquement plus fortes. Une action collective où politiques, industriels, profession et d'autres partenaires, banques,etc, doivent travailler à construire une économie agro-alimentaire et agricole forte dans tous nos territoires». La mise en place d'un nouveau Pad (Projet agricole départemental) sera l'occasion d'intégrer cette réflexion.

La menace de désorganisation des filières régionales peut aussi venir de concurrence interne. C'est le cas actuellement pour le lait. «Cette situation particulière, avec une évolution favorable des prix du lait sur la deuxième partie de l'année et des prévisions 2008 encourageantes, est de nature à redonner confiance aux producteurs confrontés à une hausse des charges, notamment en aliments du bétail. Mais il ne faut pas succomber aux chants des sirènes de la plus-value immédiate en désorganisant des filières de transformation, notammment AOC, dont le modèle est envié aujourd'hui par beaucoup de producteurs», insiste Dominique Chalumeaux. Le respect des règles des AOC ne doit pas empêcher de tirer partie des perspectives actuelles du marché avec deux actions possibles,rappelées par le président : dégager des volumes supplémentaires ou réduire la fabrication des mois les moins favorables en qualité. Le redressement actuel de la MPN devrait permettre de rétablir les équilibres. « C'est une nouveauté d'avoir pu répercuter un certain nombre de hausses à la consommation», note le président.

Autres dossiers d'actualité

Cette dernière session de l'année était l'occasion de faire le point sur le financement du PMPLEE, plan de maîtrise des pollutions liées aux effluents d'élevage. La profession avait alerté les Parlementaires et les services d'Etat, mi-juillet, sur le manque de disponibilités des crédits pour solder ce programme. « Aujourd'hui les crédits sont disponibles. Je remercie les Parlementaires pour leur appui ainsi que la DDAF et le conseil général et j'encourage tous les producteurs engagés à réaliser dès maintenant leurs travaux sans attendre l'échéance de 2009 »,ajoute le président. La question des zones non éligibles reste posée. Enfin, la chambre d'agriculture demande la réduction des délais de procédure modifiés par l'arrêté du 11 octobre 2007 oligeant à ne commencer les travaux de modernisation des bâtiments (PMBE) qu'après la date de décision d'attribution de la subvention.

Du côté sanitaire, la FCO continue sa progression et le problème devrait s'amplifier en 2008. « Il faudra savoir anticiper et je compte sur l'appui du GDS et de la DSV», déclare le président Chalumeaux. Pour la viande bovine, la conjonction de la fièvre catarrhale ovine et du prix élevé de la poudre de lait, pèse sur les marchés. Une opportunité se présente en veau fermiers valorisés en filière courte.

Sur le dossier «abattoirs», la chambre d'agriculture se félicite de l'ouverture de l'abattoir d'Équevillon et appuie pour qu'un certain nombre d'unités continuent à exister dans une logique d'aménagement du territoire. « Cela passe aussi par la consolidation de l'abattoir de Lons. Est-ce bien économique qu'une vache franc-comtoise soit abattue en Pays de Loire ou Bretagne et revienne ensuite en morceaux dans les supermarchés jurassiens ?»

Le marché du porc est préoccupant. L'IGP Morteau est en pleine expansion mais impossible d'installer des porcheries dans le Jura. La chambre d'agriculture a décidé de relever le challenge avec la Communauté de Communes Ain-Angillon pour installer une porcherie «modèle» qui pourrait servir de référence pour des implantations futures.

Concernant la viande chevaline, la chambre d'agriculture travaille avec le groupement Franche-Comté Animaux pour se positionner sur le marché de la barquette en vente directe ou en grande distribution. Le groupement s'oriente aussi vers un marché de carcasses sur l'Italie.

En viticulture, le président de la chambre d'agriculture pense que « le marché doit apporter une réponse économique positive à ceux qui sont engagés dans de nouvelles procédures telles que la traçabilité et l'autocontrôle».

Les élus de la chambre restent attentifs au travaux engagés au niveau national avec la Grenelle de l'environnement et au niveau européen avec le bilan de santé de la Pac. «Les premières informations emanant de Bruxelles nous font entrevoir une forte dérégulation des marchés, une orientation très prononcée en faveur du développement rural et un renforcement de la conditionnalité», analyse Dominique Chalumeaux.

La Chambre d'agriculture apportera sa contribution à l'élaboration d'un nouveau parcours à l'installation, le «Plan professionnel personnalisé» décidé par le ministère de l'Agriculture et demande le maintient dans chaque département d'une filière d'enseignement agricole conduisant au diplome nécessaire à l'installation.

La session terminée, les élus ont été rejoints par la famille de Chantal Saget et une foule d'amis et de responsables professionnels venus saluer l'ancienne présidente de la chambre d'agriculture qui recevait ce jour les insignes de chevalier de la Légion d'honneur. La cérémonie s'est terminée par un buffet où ne manquait pas de figurer quelques produits locaux : vin d'Offlanges et comté de Chevigny. Et pour clôturer la journée, une visite des chantiers de la LGV.


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