Le Jura Agricole et Rural
Barnier rassure les coopératives
Bilan de santé de la Pac
Jura agricole et rural
Publié le:  06 décembre 2007
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Pour le ministre de l’Agriculture, « notre politique agricole doit aussi et avant tout être une politique économique »

Dans le cadre du bilan de santé, comme pour les perspectives pour l’après 2013, le ministre de l’Agriculture entend que l’agriculture reste une véritable activité économique. Elle devra produire davantage tout en essayant de produire mieux, a indiqué Michel Barnier à l’assemblée générale de Coop de France, le 29 novembre.

Nous allons nous battre pour garder une politique agricole… Notre politique agricole doit aussi et avant tout être une politique économique… Mon projet n’est pas de transformer la Pac en politique de développement rural ». Devant l’assemblée générale de Coop de France, le 29 novembre à Paris, Michel Barnier a tenu à rassurer les congressistes qui redoutent une certaine banalisation de la politique agricole européenne et sa transformation en politique de développement rural, comme le propose la Commission de Bruxelles. Quelques instants auparavant, Philippe Mangin, le président, l’avait interpellé sur ses craintes à ce sujet. Mariann Fischer Boel préconise en effet un démantèlement des instruments de gestion du marché : la suppression de l’intervention céréalière, l’abandon de la jachère, la sortie des quotas laitiers et l’extension du découplage et le renforcement du deuxième pilier de la Pac. « Les propositions de la Commission ne permettront pas d’assurer l’indépendance et la sécurité alimentaire de l’Union européenne, parce que les aides directes ne sont pas la réponse à tous les défis que doit relever notre agriculture et parce que le second pilier n’est pas l’avenir de la politique agricole commune », a assuré le ministre de l’agriculture.

Sa première priorité, a-t-il indiqué sera « de conserver des instruments efficaces pour réguler les marchés qui sont par nature instables ». La seconde de « consolider les bassins de production menacés par la libéralisation des règles », c'est-à-dire soutenir la production laitière en zone de montagne, la production ovine et l’agriculture biologique. Et la troisième de parvenir à davantage d’équité dans les soutiens. En ligne de mire, « les références historiques qui ne sont pas tenables dans la perspective 2013 ».

Présidence française

Michel Barnier compte beaucoup sur la présidence française au deuxième semestre 2008 pour consolider la Pac dans le cadre du bilan de santé et surtout préparer l’après 2013. « Nous devons avoir le débat agricole avant le débat budgétaire qui viendra à l’ordre du jour après 2010 », a expliqué Michel Barnier. La tendance de la Commission étant en effet d’arrêter les budgets avant de discuter du contenu des politiques.

Le ministre de l’Agriculture s’est également voulu rassurant sur les suites du Grenelle de l’environnement. Interrogé par Philippe Mangin, Michel Barnier a confirmé que la loi sur les OGM serait débattue au Parlement avant le 9 février. En attendant la Haute autorité sur les OGM promise par Jean-Louis Borloo, il devrait se prononcer sur le Mon 810, le maïs transgénique de Monsanto fin janvier. Le ministre a également confirmé l’engagement pris de réduire l’usage des pesticides de 50 % dans un délai de 10 ans si possible. Quant au dossier qui tient particulièrement à cœur aux coopératives, la non-dissociation de la vente et du conseil des produits phytosanitaires, Michel Barnier a apporté un début de réponse. « Je souhaite que vos coopératives et donc vos salariés sur le terrain, s’engagent sur des résultats de diminution d’intrants. Ce qui signifie que la rémunération doit être liée à la réalisation de cet objectif et non aux volumes de produits vendus ».

Une recommandation qui a suscité quelques mouvements d’humeur dans la salle.


Grandes surfaces : Négocier les conditions générales de vente

Les grandes surfaces n’ont pas renoncé à la renégociation des conditions générales de vente. Même si le sujet a été écarté lors de l’examen au Parlement de la loi Chatel. Devant l’assemblée générale de Coop de France, le 29 novembre, le PDG de Système U, Serge Papin a été clair là-dessus. Il souhaite négocier les conditions générales de vente « parce que c’est clair, c’est net, c’est transparent ». Il s’est également prononcé en faveur de la suppression des marges arrière qui sont, elles, reprises dans la loi.

Sur la hausse des prix agricoles et leur répercussion dans les prix alimentaires, le patron de Système U a d’ailleurs apporté une analyse intéressante en relativisant la charge de l’alimentaire sur le pouvoir d’achat des consommateurs et en soulignant leurs nouveaux comportements d’achats qui ne les portent pas forcément vers les produits les moins chers.


Fiscalité : Un soutien aux coopératives

Michel Barnier a été clair sur le régime fiscal des coopératives qui est actuellement attaqué à Bruxelles par la Confédération française du commerce de gros.

« Ma conviction est faite : vos contraintes justifient pleinement votre dispositif. Vous pouvez compter à la fois sur ma vigilance et ma détermination à vos côtés s’agissant de cette affaire à Bruxelles », a déclaré le ministre sous les applaudissements. Il a également indiqué que le décret relatif aux fusions et aux scissions de coopératives allait être transmis au conseil d’Etat, avant sa publication.


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