Le Jura Agricole et Rural
Sapins de Noël : une production difficile
Jura agricole et rural
Publié le:  06 décembre 2007
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L’arbre de Noël est une ancienne coutume païenne, christianisée : la verdure persistance des conifères symbolise le renouveau de la vie

Indissociable de la féerie de Noël dans de nombreux foyers, le sapin – ou plutôt les sapins car plusieurs conifères sont commercialisés sous ce nom générique – est une production délicate à conduire.

En France, 80% des « sapins de Noël » sont produits dans le Morvan… aussi la Franche-Comté n’est qu’une tout petite région productrice. « Ici il s’agit essentiellement d’une activité de diversification à côté d’une pépinière forestière », précise Ardavan Soleymani, animateur de l’association « Franche-Comté horticole ». Au niveau mondial, le Danemark est le plus important exportateur. 4 000 exploitants forestiers danois exportent chaque année 10 millions d’arbres. 80 % des 4,7 millions de sapins achetés chaque année par les Français poussent toutefois dans l’Hexagone.

Achetés sous forme de jeunes plants, les petits arbres sont implantés avec un espacement d’1,5 m, idéalement sur une parcelle la plus homogène possible pour que le peuplement le soit aussi. « C’est une production extrêmement difficile, pour plusieurs raisons : d’abord le cycle de végétation. Il faut cinq ans minimum pour avoir des arbres de taille suffisante, voire huit à dix ans selon les essences. Pendant ces années de culture, plusieurs facteurs peuvent endommager les arbres et les rendre impropres à la vente : parasites, gibier, grêle, sécheresse et gel… En effet un sapin de Noël c’est une taille et une forme : l’arbre doit être bien droit et fourni. Une sécheresse peut compromettre la régularité de l’étagement ! Il faut aussi intervenir pour garder la parcelle propre, traiter, apporter des amendements. En raison de ces nombreuses contraintes, on ne peut pas se lancer comme ça dans la production. Sans oublier qu’aujourd’hui l’essentiel de la commercialisation passe par les grandes surfaces ou les jardineries, qui elles s’approvisionnent chez les gros faiseurs. »

Cycle long et risques

A cela il faut ajouter l’organisation du chantier de récolte (marquage des arbres, abattage, conditionnement éventuel en palettes pour l’expédition) et sur le moyen terme la gestion de la rotation. « Avec une période de commercialisation très courte, et d’un autre côté un cycle de production de plusieurs années, c’est très difficile de suivre au plus près les tendances du marché. De plus sur le plan fiscal, c’est le stock qui est imposé, et il est rarement entièrement vendu », poursuit M. Soleymani.

Amplifié par un phénomène de substitution par les sapins synthétiques, le marché du sapin de Noël s’est beaucoup dégradé au cours de ces dernières années. Selon un sondage TNS Sofres, à peine 18 % des foyers auraient acheté un véritable « arbre de noël » en 2006, (soit 400 000 de moins que trois ans auparavant). Une nouvelle segmentation structure désormais les ventes. « L’épicéa, qui avait l’avantage de sentir bon, mais l’inconvénient de perdre ses aiguilles, est supplanté par le Nordmann, un sapin originaire du Caucase. En cinq ans le Nordmann est passé de 40 à 60% des parts de marché. Les exigences de la distribution font qu’aujourd’hui les sapins 1er prix en vente dans les grandes surfaces ont été coupés depuis un mois, alors qu’ils étaient encore en sève : la qualité et la tenue s’en ressentent forcément. »

Rappelons ici que le terme de sapin était plus ou moins usurpé quand il était employé pour l’épicéa commun. A côté de ces deux « poids lourds », on peut aujourd’hui trouver le sapin de Vancouver (Abies grandis), originaire de la côte Ouest de l’Amérique du Nord aux longues aiguilles plates et souples et à la légère odeur de citronnelle. Ou encore l’épicéa bleu (Picea pungens), originaire lui du Colorado et dont les aiguilles piquantes et rigides peuvent rebuter le consommateur, malgré son indéniable bonne odeur de pin, et sa jolie couleur bleu argenté.


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