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Le mât télescopique peut se déployer à 17 mètres de hauteur |
Si vous passez à Nans-sous-Sainte-Anne et voyez des bois en l’air, soyez rassurés ce n’est pas à cause des cours qui s’envolent !
C’est en effet par la voie des airs, à l’aide d’un téléphérique que voyagent les bois d’une coupe à Nans-sous-Sainte-Anne.
Convié par le syndicat mixte de la Loue, un groupe de gestionnaires, propriétaires forestiers, élus et représentants d’organismes publics était présent sur le terrain pour découvrir cette technique peu commune.
Mais alors pourquoi le câble comme moyen de débardage des bois ? M. Muneaux, maire du village, explique aux participants l’origine du projet : dans le cadre de Natura 2000, 82 % du territoire communal est classé, soit 770 ha.
Il faut dire aussi que nous nous trouvons dans l’un des sites naturels les plus visités de Franche Comté, à 100 m de la source de la Loue et de la grotte Sarazine.
Ici les enjeux environnementaux sont importants, en témoigne la présence d’une ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt faunistique ou floristique) d’un arrêté permanent en faveur du faucon pèlerin et d’une inscription au répertoire des sites naturels régionaux.
Le programme d’action européen en faveur des milieux naturels dit Natura 2000 a donc trouvé ici toute sa vocation.
Dans la continuité du document d’objectif élaboré en concertation avec tous les acteurs locaux, des contrats sont proposés pour la mise en place d’actions volontaires. C’est ce contrat qui nous ramène donc à notre câble et à nos bois.
En vue de restaurer un milieu naturel de forêt alluviale très fragile, la décision a été prise par la mairie de procéder à une coupe.
Les contraintes sont multiples : milieu aquatique à traverser, zone touristique pittoresque, parcelle inondable et accessibilité réduite ont conditionné la recherche d’une solution alternative.
Le débardage par câble semblait alors un moyen technique adapté à ce cas d’école.
Une opération d’envergure
Il est à noter que le cadre des contrats Natura 2000 permet un financement à 100 % des surcoûts liés à l’exploitation, cela sous-entend bien entendu la mise en place d’une action en faveur d’un milieu naturel et n’exclut pas les enjeux économiques de production forestière.
C’est la société Rickenbach du Haut-Rhin, spécialiste du genre dans l’Est de la France qui a été sollicitée pour cette expérience grandeur nature.
Son matériel est composé d’un mât télescopique porté sur camion et pouvant se déployer à 17 mètres de haut, et d’un système de câbles et poulies faisant relais téléphérique.
La portée de 800 m le long de l’axe et de 800 m en latéral est utile en montagne, lieu de prédilection de cette technique.
Dans notre cas, épicéas et peupliers, arrimés à une élingue depuis le parterre de la coupe, survolent la Loue, sans toucher le sol et sont déposés en douceur à port de camion.
Ils seront ensuite ébranchés et billonnés par une tête d’abattage montée sur pelle mécanique, permettant ainsi l’évacuation complète des rémanents de coupe.
Cette technique alternative adaptée aux zones alpines prouve donc son utilité dans le cas de zones humides et de sols fragiles.
En dehors de cas particuliers subventionnés, le maintien de l’intégrité des sols et de la production qu’ils assurent est à prendre en compte face aux surcoûts engendrés (le double d’un débardage conventionnel).
Gageons que cette expérience pourra servir d’exemple et apporter une solution à d’autres cas de figure similaires.
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